De la rue au tatouage, une journée dans la tête de Supakitch

Vous avez déjà probablement remarqué ses fresques foisonnantes et multicolores dans la rue. Aujourd’hui, l’artiste peintre Supakitch étend sa palette au tatouage. Rencontre avec l’homme du détail qui est passé du pinceau à la peau sans entacher son style.

Supakitch

Photographie : © Gaia Anastasio

Il nous reçoit dans le salon de tatouage Bleu Noir à Paris qu’il partage avec Veenom et Jeykill. Sur le divan, il y a Tony. Il a l’air crispé, puis heureux, puis recrispé.

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Mais la douleur de l’aiguille dans la peau semble moindre quand on se fait tatouer par Supakitch. Ça grésille mais on ne moufte pas, ce serait sous-estimer l’artiste au travail. Car bien avant de manier l’aiguille, Supakitch portait déjà son pinceau comme une troisième main, sur les murs.

Vous avez déjà sûrement été surpris par ses œuvres murales aux tracés d’une précision chirurgicale. Comme son Supanimal au centre d’une fresque bondissante, ou l’une de ses dernières collaboration avec Converse : un perfecto tatoué pour l’instagrammeuse et Converse addict Marie, qui a reçu ce graal en cuir par surprise à l’occasion de la dernière campagne « Made by you » qui célèbre les fans de la marque. Propre.

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Réalisation : © SupaKitch

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Converse Supakitch

Le perfecto réalisé à l'occasion de la campagne "Made by you". - Photographie : © Converse

Supakitch s’est taillé un sacré nom dans l’Art du trait, faisant ses armes dans la rue, aujourd’hui c’est chez Bleu Noir qu’il fait ses pleins et déliés.

Le tattoo a pris beaucoup de place dans ma vie ces deux dernières années, il faut s'y mettre à fond pour avoir un niveau satisfaisant. Et j’ai beau dessiner depuis que je suis petit, c’était comme recommencer à zéro.

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Après des années de maîtrise du pinceau, un beau matin new yorkais (il y a passé quatre ans) il reçoit un paquet surprise. A l’intérieur, une machine, un transfo, une aiguille… C’est Caroline Karénine, une amie tatoueuse, qui débarque avec l’ambition de lui enseigner la technique.

C’est quelque chose qui ne se demande pas, mais qui se transmet. Elle savait que j’en avais envie, et ça devait passer par quelqu’un qui comprenne mon univers, pour en être une juste continuité artistique.

Ils passent quinze jours enfermés à se tatouer, et la machine est lancée. Un nouveau médium, des dessins simplifiés en détails (quoique…), et surtout un exercice de style en noir et blanc quand le reste de ses travaux explose en couleurs.

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Bleu Noir Tatoo Shop

Photographie : © Gaia Anastasio

Fleurs de peau

Il essuie, peaufine, repasse délicatement un coup de mouchoir sur l’encre et le sang qui se mêlent. Il y en a carrément une pile, bien rougie, qui s’assèche tranquille sur la desserte.

La toile ou le mur répondent à ma propre demande. Ici, l’expérience humaine est très intéressante. Je ne tatoue que mes œuvres. Mais il peut y avoir du custom, des gens qui arrivent avec une histoire et un petit brief. Il faut donc parler beaucoup, faire preuve de psychologie. La confiance est la première chose qui doit passer entre le tatoueur et le tatoué.

Il emballe les fleurs fraiches de Tony. On lui parle nature et animaux. Non pas que la conversation ait virée amis des bêtes mais ces thèmes ont longtemps inspirés ses dessins. La métaphore entre l’homme et l’animal, le coté instinctif qu’on porte tous en nous et les textures graphiques qui en découlent.

Mais en peinture je m’étais peut-être un peu enfermé. Le tatouage m’a permis d’ouvrir mon univers, bien que cela reste dans la naturalité.

Supakitch tatoo arm

Photographie : © Gaia Anastasio

Supakitch tatoos

Photographie : © Gaia Anastasio

Supakitch a ses plannings chargés sur deux ans et son temps partagé entre la peinture et ses expos persos (trois en préparation entre Zurich et Taiwan), sa marque Metroplastique créée avec sa compagne l’artiste Koralie, des créations produites comme ses tapis développés avec Chevalier Editions, des happenings artistiques comme au Wops Festival de Toulouse… Et le tatouage, encore un peu plus.

Tatoo Shop Bleu Noir

Photographie : © Gaia Anastasio

Bientôt, c’est un nouveau salon Bleu Noir qui ouvrira à Biarritz.

Je retrouve dans le tattoo des sensations de la rue : l’adrénaline, à laquelle je suis accroc, l’idée de laisser partir quelque chose, comme sur un mur. L’éphémère aussi, comme la vie.

Poète en plus. Vous pouvez découvrir  l'histoire de ce perfecto créée pour une fan par Supakitch sur le site Converse. Marie, la Chuck Taylor's addict a été repérée grâce à une de ses photos Instagram mêlant tatouage et la paire de chaussures iconique. Et en cadeau, les coulisses de la réalisation de cette pièce unique.

Par Konbini Partenaires, publié le 24/06/2015

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