Recul de la natalité : le député Guillaume Chiche veut "baisser l’âge de la première maternité"

Le député Guillaume Chiche (La République en marche) a exposé à La Croix la politique familiale voulue par le gouvernement.

(© Antoine Lamielle/Wikimédia/CC)

Ce lundi 22 janvier, Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres sous l’étiquette La République en marche et corapporteur de la mission parlementaire sur la politique familiale, était interviewé par le journal La Croix.

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Interrogé sur le recul de la natalité en France, en chute depuis trois ans, il a insisté sur l’importance d’une politique familiale particulière visant à encourager les femmes à avoir des enfants plus tôt :

"La chute de la natalité est due à des facteurs multiples, et notamment à la situation économique. La politique familiale seule ne réglera donc pas tout, mais elle constitue un levier d’action important.

Baisser l’âge de la première maternité doit par exemple être une priorité. En moyenne aujourd’hui, les mères ont 30,6 ans lors de la première naissance et cet âge est en constant recul depuis dix ans. L’une des conséquences est que ces femmes sont moins susceptibles d’avoir une famille nombreuse, la fécondité baissant après 35 ans."

Sans préciser pourquoi les femmes devraient plus procréer, mais concédant que ce recul est la conséquence de "certaines raisons positives, comme l’allongement des études ou la volonté de mener une carrière", Guillaume Chiche a épinglé des "facteurs plus négatifs, comme la peur de ne pas trouver d’emploi", due à la discrimination à l’embauche des jeunes femmes, "retard[a]nt l’arrivée de leur premier enfant en conséquence".

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À son sens, la clé est de mettre en place une politique familiale jouant sur l’accès aux modes de garde, les allocations dès la première naissance et, tout de même, l’implication des pères. Ce lundi 22 janvier, quatre ministres (Marlène Schiappa, Gérald Darmanin, Agnès Buzyn et Muriel Pénicaud) ont précisément demandé à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) d’étudier la possibilité d’allonger le congé paternité et de mieux le rémunérer.

Le congé "de paternité et d’accueil du jeune enfant" a été instauré en 2002 : il permet aux pères de prendre onze jours consécutifs pour une naissance simple et dix-huit jours pour une naissance multiple, en plus du congé de naissance obligatoire de trois jours. Environ sept pères sur dix prennent ce congé optionnel et indemnisé par l’Assurance maladie, comme Le Monde le rapporte.

À la place du congé parental d’éducation, Guillaume Chiche propose "un congé plus court, mieux rémunéré, avec une participation des pères pendant un ou deux mois".

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Notons que le choix du mot "participation" en dit long, quelques mois après la large discussion sur la charge mentale pesant sur les femmes, que la bande dessinée d’Emma, Fallait demander, avait suscité. L’autrice y demandait que les hommes arrêtent de simplement "participer" aux tâches domestiques et à l’éducation de leurs enfants, et "apprennent à se sentir responsables de leur foyer".

Par Mélissa Perraudeau, publié le 23/01/2018

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