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You Man dévoile un clip mystique et surréaliste pour "When We Fall"

Publié le

par Arthur Cios

Le duo français derrière le quasiment culte "Birdcage" balance un nouveau clip qui pioche dans des inspirations multiples.

Cela fait vraiment pas mal de temps maintenant que le morceau "Birdcage", sublime boucle qu'on écouterait pendant des heures sans trop de problèmes, tourne sur la majorité des ordinateurs et autres lecteurs de musique. Et si le duo français derrière cet hymne se fait plutôt discret, You Man a sorti un très bon album il y a quelques mois, Spectrum of Love.

Le groupe vient de sortir son nouveau clip, "When We Fall", une sorte d'œuvre onirique jonglant entre surréalisme, mysticisme et culture du gif sur fond d'histoire d'amour. On leur a posé quelques petites questions par mail, histoire d'en savoir plus.

Konbini | Quand avez-vous commencé à bosser sur ce morceau ? Vous pouvez nous en dire plus ?

You Man | C’est le tout dernier morceau qu’on a composé pendant la phase de production de l’album ! On est partis du riff de piano, et toute la structure de la track nous est venue assez spontanément. À un moment, on a trouvé que ça sonnait comme on voulait, mais il manquait quelque chose d’important : une voix avec un timbre un peu spécial, un peu "déviant", à l’image du morceau dont les sonorités sont volontairement imprécises. On a tout de suite pensé à Fonzie (Jérôme Voisin du groupe GYM), qu’on connaissait un peu, et qu’on a justement rencontré le soir même dans un bar.

Le lendemain matin, il nous envoyait déjà les pistes de voix quasi définitives. Il y semblait totalement habité. Il chantait ou pleurait sa propre rupture, c’était difficile à dire. Mais ces prises de voix qu’il avait faites pendant la nuit, c’était vraiment très bon, ça lui ressemblait, et c’était bien au-delà de ce qu’on attendait. Il a tout de suite compris l’esprit du track, cet espèce de paradoxe sonore né de la rencontre entre une mélodie baroque assez dark jouée avec des steeldrums et un beat de house pas très clean. Au final, tout s’est fait très vite ! Ça ne se commande pas, mais parfois ça arrive, comme ça.

Vous aviez dévoilé le titre il y a plus de six mois déjà, pourquoi sortir le clip maintenant ?

Ah oui, 6 mois déjà ! Il paraît que si on ne voit pas le temps passer, c’est tout simplement parce qu’il n’existe pas… Tout ça pour dire qu’on essaie de faire entrer le moins possible le facteur temps dans l’équation You Man. Du coup certains projets comme le clip de "When We Fall" nécessitent qu’on attende un peu plus pour réunir tous les facteurs qui seront propices à leur réalisation, ça se fait naturellement en fait.

Quand on attend, on est quand même en train de vivre. Pour que le clip corresponde vraiment à ce qu’on voulait, il a fallu pas mal de travail et d’organisation. Et il fallait aussi savoir être patient. Tout cela a été dirigé majestueusement par Quentin Tavernier, qui a réalisé et monté le clip, et l’équipe géniale qu’il a fédéré. Et pour le tournage, nous avons passé un moment avec eux sur cette plage particulière, près de Calais. Malgré le froid !

C'est la première fois que vous faites réaliser un clip, que vous ne le produisez pas de votre côté. Quel était votre participation à ce dernier ? Comment cela s'est-il déroulé ?

C’est vrai qu’on avait travaillé nous-mêmes les clips de "Birdcage", "Indian Summer" et "There is a Land". Il y avait vraiment un côté très D.I.Y dans la façon dont on les a produits. Pour notre premier clip en 2013, "Birdcage", on avait une vraie fascination pour les gifs animés. Mais il fallait trouver des gifs qui se parlaient entre eux ! Il fallait que Gandalf puisse converser avec Homer Simpson sans que ça pose problème. Ou encore, pour "There is a Land" par exemple, on a travaillé les deux tiers du clip sur nos téléphones ! Dans la rue, en marchant, dans les salles d’attentes, dans les réunions chiantes… On tournait des séquences, on les trafiquait avec des effets, et on montait le tout en direct.

C’était vraiment très marrant, mais on avait envie de quelque chose de très différent pour ce quatrième clip. Il y avait quelque chose de profond dans les voix que Fonzie avait faites pour le morceau. On avait vraiment envie de préserver ce côté humain, fragile, presque tragique. On avait déjà quelques idées avec des portes qui ouvrent sur des perceptions, des portes mises en scènes dans des lieux incongrus, dans des situations surréalistes.

Et justement à ce moment-là on était (à nouveau) très influencés par le génie de René Magritte. On a alors bien pris le temps de discuter avec Quentin sur les symboles qui devaient passer "à travers le clip", comme des images qui toucheraient directement le subconscient. Il a parfaitement compris où on voulait en venir, et comme on a vu qu’on était vraiment sur la même longueur d’onde, on lui a laissé carte blanche. On pense que c’est toujours mieux de laisser quelqu’un s’exprimer dans son art, dans ce qu’il sait faire, plutôt que de l’opprimer avec des exigences. Et on se dit aujourd’hui qu’on a bien fait. Il avait tout compris. Il y a d’ailleurs un symbole fort dissimulé dans le clip, mais on préfère que chacun s’en fasse sa propre idée.

Maintenant que votre premier album est sorti, quel sont vos plans pour les prochains mois ?

On a plusieurs dates en live et en DJ set jusqu’à cet été (Paris, Lille, Berlin, etc.), on travaille aussi sur les remix qui vont sortir bientôt.

Bien sûr on continue aussi de composer de nouvelles tracks. On a très envie de continuer à mixer dans des endroits exotiques ! La rencontre avec le public est fondamentale, pour nous. On adore interagir avec les gens de la même façon que si nous étions parmi eux. Cela nous paraît moins codifié et semble favoriser une forme de lâcher-prise assez… intéressante.

You Man passera par ailleurs au Badaboom le 22 avril prochain.

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