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Warm Up : découvrez Terrier, le nouveau visage de la pop à la sauce punk

Publié le

par Hong-Kyung Kang

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Dans Warm Up, on réalise un focus sur des artistes dont vous allez (sûrement) entendre parler dans les mois à venir.

Une naissance marque toujours un événement à célébrer, le point de départ d’une nouvelle existence. Ce sentiment de renouveau, Terrier le transmet à merveille dans son premier EP très justement intitulé Naissance, qui sort ce 14 mai. Comme son nom de scène le laisse sous-entendre, David Enfrein ne cesse de creuser afin d’explorer tout le champ des possibilités que lui offre la musique. En résulte un "hip-hop/pop/punk hooliganesque" comme il le définit si bien, un style qui brille d’un charme brut, qui chante avec justesse les bouillonnements d’une jeunesse qui ne souhaite pas abandonner sa naïveté.

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Konbini | Tu viens d’où ?

Terrier | Je viens de Landeronde en Vendée, c’est une commune de 2 500 habitants entre La Roche-sur-Yon et Les Sables-d’Olonne. Mais maintenant je suis en banlieue parisienne dans le 93.

Tu peux nous expliquer la signification de ton blaze, Terrier ?

Quand je suis arrivé en région parisienne, j’ai installé mon studio dans un parking sous-terrain à Montreuil. On n’y voyait pas beaucoup la lumière, j’étais complètement désorienté, je ne savais jamais quelle heure il était, quel temps il faisait… j’avais l’impression d’être un petit animal dans son trou à faire ses provisions pour l’hiver.

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Comment t’as commencé la musique ?

J’ai commencé avec mes potes d’enfances en Vendée. Puis je suis monté sur Paris où j’ai eu différents projets, je me suis mis à faire des BO pour des fictions, des pubs, du théâtre et enfin j’ai découvert qu’on pouvait faire de la musique avec des mots aussi, et j’ai commencé Terrier.

Tu faisais quoi avant ?

À la base, j’ai une formation d’ingénieur du son donc j’ai commencé perchman sur des tournages pour finalement me diriger progressivement vers la musique à l’image. Ça reste un truc qui me passionne et qui m’aide beaucoup pour écrire et composer mes chansons pour Terrier.

Quelles sont tes influences ?

Je n’ai pas forcément d’influences musicales. Ce qui m’inspire le plus, ce sont les situations de la vie quotidienne, des films, des séries, des mots placardés dans la rue. Après, forcément, il y a des trucs que j’aime énormément dans la musique et qui m’inspirent indirectement, mais je n’ai pas forcément envie de les copier ou de m’en approcher, je veux faire ce que j’aime sans règles, sans barrières.

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On sent une influence très rap dans tes morceaux, d'où vient-elle ?

Pour être honnête, j’écoute très peu de rap et de chanson française ! Je découvre ce style en ce moment et depuis les deux dernières années. Je suis impressionné par la force des mots, ce que je ne trouvais pas forcément dans le rock anglais. Et c’est un truc qui a radicalement changé ma vision de la musique, de la composition et de l’écriture.

Comment décrirais-tu ton univers ?

Sombre, brut, insouciant, spontané.

Tu as défini ton style "slam-post-punk", avant de penser que c’était trop vague. Aujourd’hui, si tu devais donner un nom à ton style, ce serait quoi et pourquoi ?

Slam post-punk [rires]. Je plaisante, je pense qu’il soit important de donner un style en particulier, chaque chanson de l’EP à sa veine plus ou moins pop, plus ou moins slam, plus ou moins punk… Du coup, je dirais que c’est une sorte de hip-hop/pop/punk hooliganesque.

Tu parles du fait d’avoir grandi en province (en Vendée en l’occurrence), comment ça t’a influencé dans ta musique ? T’en fais d’ailleurs directement allusion dans tes morceaux, comme dans "Rue des Pervenches".

Ce qui m’inspire le plus, c’est le changement de vie que j’ai connu entre la campagne sans grande ville, et la plus grande ville de France qu’est Paris. Je pense qu’on se rend compte de l’importance des choses quand on les perd. Et aujourd’hui, cette sensation m’inspire énormément pour mon écriture, car c’est une sensation encore très vive.

Tu parles également beaucoup de relations personnelles (amour, amitié, famille). Est-ce que c’est important pour toi ? Comment tu t’en inspires ?

Oui, je ne pourrais pas vivre seul, je déteste ça. J’ai absolument besoin de mes proches au quotidien, de mes amis. En général, pour les phases d’écriture, je m’isole, donc forcément ce manque remonte à la surface et très facilement les lignes s’enchaînent sur mon carnet. C’est quelque chose qui me vient naturellement, je ne me pose pas mille questions en général sur les sujets de chanson, c’est hyper instinctif.

Comment s’est passée ta rencontre avec Rone ? Comment il t’a aidé dans ta musique ?

J’ai rencontré Rone car c’était mon voisin de studio dans le "terrier" à Montreuil ! Je voulais lui faire écouter mes premières maquettes à l’époque, mais il ne voulait pas en écouter une ou deux… donc je me suis fixé comme objectif de lui présenter un EP démo de 4 ou 5 titres pour le mois d’après. Il a beaucoup aimé, m’a encouragé et c’était un soutien essentiel pour moi car je n’étais vraiment pas prêt à devenir frontman d’un projet musical. Disons qu’il m’a donné la confiance qu’il me manquait pour lancer ce projet.

Ton projet s’appelle Naissance. Que veux-tu signifier par là ? Une naissance artistique ?

Oui, je pense que ça rejoint un peu ça. À la base, je voulais appeler cet EP "Chapitre 1" ou "Introduction", un peu comparable à un bouquin. Je ne vois pas la musique comme des formats EP ou album, album deluxe, mais plutôt comme un livre audio qu’on propose à un public, avec des histoires, un début, une fin. Naissance, c’est une introduction à mon univers, et c’est aussi la chanson la plus forte pour moi de cet EP : elle raconte simplement la chance que j’ai d’avoir des parents qui s’aiment encore et qui acceptent que leur fils parte à Paris pour faire de la musique son métier. Ça a le mérite d’être rare, ça a donc le mérite d’être écrit pour moi.

Tu peux nous parler de ce projet ?

C’est donc un EP de 7 titres, que j’ai choisi parmi de nombreuses démos. Mais je voulais créer une sorte de format "moodboard" avec des sujets et des ambiances musicales à chaque fois différentes. Annoncer la couleur de ce que j’aime faire, jouer et écrire, sans concessions, sans règles.

Comment tu décrirais l’évolution entre ce premier projet et tes premiers morceaux ?

J’ai procédé différemment en studio, j’avais plus de temps et je l’ai fait entièrement seul, jusqu’au mixage. Ça m’a permis de me trouver artistiquement et d’aller en profondeur. Je pense qu’il y a un peu plus de maturité dans ces nouveaux titres, même si la maturité n’est pas forcément une bonne chose [rires].

Tu es signé chez quel label ?

J’ai monté mon propre label, domicilié à la maison, en Vendée. C’est Cinq7 (un label de Wagram qui a notamment un autre artiste vendéen, Philippe Katerine !) qui est en charge de la distribution.

Quels sont tes axes de progression ?

On a toujours mille trucs sur lesquels progresser. Aujourd’hui, c’est difficile de savoir quoi, on ne rencontre personne, on ne se confronte pas vraiment aux avis, aux critiques. Et c’est ce qui peut me faire avancer.

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Quelles seraient les meilleures conditions pour écouter ta musique ?

Sur la route, direction les Sables-d’Olonne.

Que dirais-tu aux gens pour les convaincre d’écouter Naissance ?

Je pense qu’on a tous eu une adolescence avec des changements de vie assez brutaux, des ruptures, de l’espoir, de la joie et de la stupeur. L’adolescence, c’est de l’émotivité puissance mille, et c’est ce que j’ai essayé de transmettre à travers ces chansons.

Tes futurs projets ?

Acheter une cave dans Paris et créer un nouveau "terrier".

On peut te souhaiter quoi pour la suite ?

Du live, avec du public bières à la main, qui se colle, qui s’embrasse devant les concerts. Je serai d’ailleurs le 8 décembre prochain à la Maroquinerie, à Paris.

Le mot de la fin ?

C’est ma Naissance sur Konbini. [rires]

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