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On vous présente Shotas, la nouvelle pépite du rap français en provenance d'Évry

Warm up | Avec le deuxième volet de sa mixtape Capuché, le jeune rappeur de l'Essonne démontre encore sa propension au kickage.

Si Paris s’impose aujourd’hui comme la première ville rap au monde, c’est en grande parti grâce à l’Essonne. Ce département, situé dans la banlieue sud de la métropole, longtemps boudé par les amateurs de rap mainstream, connaît un succès exceptionnel depuis quelques années et est devenu un véritable pourvoyeur de talents à grande échelle. PNL, Niska, Koba LaD, Ninho, Zola… Nombreux sont les artistes originaires de là-bas à avoir explosé ces dernières années.

Mais le vivier semble encore loin d’être épuisé, puisque de nouveaux rappeurs talentueux continuent de débarquer massivement. Parmi tous ces espoirs, Shotas a retenu notre attention avec son profil d’énorme kickeur. Après avoir fait ses armes avec son groupe 7 Binks, l’artiste originaire du fameux bât. 7 du Parc aux lièvres d’Évry (comme Koba LaD, Bolemvn, Kodes et bien d’autres) s’est lancé en solo et a dévoilé une première mixtape puissante et incisive, Capuché, durant l’été dernier.

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Il revient aujourd’hui avec la suite de ce premier projet, où il expose tous ses progrès fulgurants, tant au niveau des mélodies et des refrains que des textes. L’occasion d’en savoir un peu plus sur ce prometteur rappeur qu’est Shotas. 

Konbini | Qui es-tu ?

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Shotas | Moi, c’est Shotas, la capuche.

D’où viens-tu ?

Du 91. Évry, bât. 7.

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Où et quand es-tu né ?

Le 19 novembre 2000 à l’hôpital d’Évry-Courcouronnes.

Quand et comment est-ce que tu as commencé la musique ?

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Mon premier rapport au rap, c’était à l’âge de 8 ans lors d’un concert à Grigny. Un rappeur qui s’appelle Mossda m’avait invité sur scène pour le backer et mettre l’ambiance, je devais crier "bénéfice". En voyant la foule s’agiter, j’ai compris que je voulais être rappeur. Ensuite, j’ai commencé à écrire à l’âge de 14, 15 ans. Les premières fois où je suis allé au studio, c’était quand j’avais 16 ans, histoire de faire de la musique un peu plus sérieusement.

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Qu’est-ce que tu faisais avant ?

Je faisais un bac pro commerce, mais moi, je n’aimais vraiment pas l’école. Je bossais à côté et un jour j’ai craqué, j’ai complètement arrêté. J’étais dans la rue jusqu’à ce que le rap devienne plus sérieux, quand Djous est venu s’occuper de ma carrière en tant que manager.

Quelles sont tes influences musicales ?

C’est principalement les States. C’est des Lil Baby, des Gunna, des Pop Smoke… Mais wallah, il est mort miskine. En France, c’est plutôt Niska, Ninho, Skaodi, Koba LaD… Ouais, Koba, c’est une certitude !

Comment as-tu été découvert ?

Je pense que c’est avec la série de freestyles "La Capuche". C’est à partir du quatrième freestyle qu’il y a eu un engouement bizarre [rires].

Comment tu décrirais ton univers artistique ?

J’aime énormément kicker. Après, c’est vrai qu’en ce moment, je fais beaucoup de mélodies. Je pense que je suis entre les deux. J’ai sorti qu’un son tout en autotune et là, je découvre que j’ai envie d’en faire d’autres avec. Ça se trouve, les gens vont plus me kiffer comme ça, mais en vrai, tranquille. J’aime trop le kickage [rires].

Qu’est-ce qui te différencie des autres dans la scène actuelle ?

J’ai envie de te dire ma spontanéité. Puis, quand je kicke, j’ai mes délires, les back un peu décalés, etc. C’est moi, ce que je suis dans la vraie vie. La joie de vivre.

Tu sors ta deuxième mixtape, Capuché vol. 2. Qu’est-ce que tu en attends ?

Les attentes, c’est de plus m’installer en tant qu’artiste solo. On m’a davantage connu sous le nom de mon collectif [Seven Binks, ndlr], et là, j’aspire à avoir mon nom dans le paysage urbain, entretenir ma singularité. Sur ce projet, j’ai voulu proposer une seconde carte de visite. C’est comme si j’avais déjà donné ma carte d’identité avec la première mixtape, et là je donne le passeport [rires]. Je n’ai pas hésité à me livrer sur des choses que j’ai vécues, que ce soit avec la famille, les amis, le quotidien…

Pourquoi ce choix de format ?

Pour moi, ce format de la mixtape est bon parce que c’est très libre. C’est un exercice de style, je peux m’amuser, travailler des flows, des délires. Je suis encore un rookie, j’ai besoin de ça. C’est dans ce format-là que je me sens le plus à l’aise aujourd’hui. L’album viendra quand je serai installé, plus mature. J’aimerais y aborder des thèmes différents, tel qu’un morceau pour ma mère par exemple.

Comment est arrivée l’idée de décliner ce concept de la capuche ?

C’est parti d’un délire très simple. Je mettais tout le temps ma capuche. C’était même pas fait exprès ou quoi, donc après, j’ai logiquement décidé de l’exporter dans ma musique. Je pense qu’à notre époque, c’est important d’avoir un concept dans le rap. Le public n’aime pas les gens normaux, il aime quand t’as ton délire à toi.

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Toi aussi tu viens du bât. 7. Comment expliques-tu une telle concentration de rappeurs ?

Ce qui fait notre truc, c’est tout simplement que c’est réel. On a vraiment tous grandi ensemble, c’est naturel. Ce qui a fait nos succès respectifs, ce sont nos flows différents, notre énergie et la solidarité du fait qu’on se connaisse très bien d’avant la musique. Mais on sait que la lumière peut partir aussi vite qu’elle est arrivée. C’est pour ça qu’il faut se battre.

Ce projet commun spécial bât. 7, il en est où d’ailleurs ?

Franchement, il est là hein. Je pense que ça va sortir, c’est dans le four.

Tu as invité Larry en featuring sur le morceau "Devenu B". Comment s’est faite cette connexion ?

On s’est parlé sur Insta et je lui ai envoyé un message : "J’ai besoin de toi sur mon projet." Il m’a directement répondu : "Passes au studio direct, ça, c’est fait." La connexion a été fluide wallah. Larry, c’est la famille. Il est humble de fou. Dis-toi, on a dû faire une dizaine de versions pour le son. On s’est vraiment pris la tête, on a bien bossé.

T’es signé sur quel label ?

Je suis signé chez Grandline, la division urbaine du label Caroline. Ça m’a ouvert des portes de ouf, ils sont derrière moi à me soutenir. Ça bosse dur. Mais surtout, ça m’a apporté une discipline, une rigueur. Je te jure que ça m’a changé, dans le sens où ça m’a permis de professionnaliser ma musique. Ce sont de bonnes personnes wallah.

Selon toi, quels sont tes axes de progression ?

Pour moi, c’est la musicalité et les flows. Encore et toujours. C’est le temps passé en studio qui me fera passer au niveau au-dessus.

Tu remarques déjà des différences depuis tes débuts ?

Quand je m’écoute avant et maintenant, c’est plus la même. J’ai trouvé une organisation. Quand je commence, je fais des toplines, ensuite l’écriture. Et puis, il y a des méthodes pour trouver des rimes que j’ai aujourd’hui que je n’avais pas avant. L’aisance au studio aussi. Avant, j’étais un peu plus pressé par le temps, je faisais tout vite. Mais là, ça y est, c’est fini tout ça. Je suis plus axé sur la qualité que la quantité.

Quelles seraient les meilleures conditions pour écouter ta musique ?

Soit avec une grosse batte, posé à la maison, soit dans une voiture tranquille.

Si tu devais convaincre les gens d’écouter ta musique, tu leur dirais quoi ?

Soit t’aimes, soit t’aimes pas. Je ne pense pas qu’il y ait besoin de convaincre.

Tes futurs projets ?

Continuer à aller en studio faire de la musique. L’objectif, c’est de toujours continuer à progresser et avoir une vraie identité.

Le mot de la fin ?

C’est Shotas la capuche. Bât. 7, breeeeeeeh la famille ! Merci Konbini !

© Kopeto

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Par Guillaume Narduzzi, publié le 27/03/2020