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Warm Up : on vous présente Younès, rappeur-chanteur aux multiples facettes

Publié le

par Pénélope Meyzenc

©Laurent Ségretier

Dans Warm Up, on réalise un focus sur des artistes dont vous allez (sûrement) entendre parler dans les mois à venir.

Vous l’avez peut-être déjà entendu en première partie de Rilès, rappant dans le métro parisien ou voguant entre Paris et Rouen, son carnet à la main. Younès, c’est un jeune homme de 25 ans, nouvelle plume du rap français, née d’un amour pour les mots.

Vous le connaissez peut-être sous le nom de Yoon on the Moon, qui constitue également le titre de son premier EP. Celui-ci donne un avant-goût de son art : un rap qui explore, qui a du sens et qui dénonce. Il est revenu en février avec sa première mixtape, Même les feuilles. Le clip du titre "Subliminal" est d’ailleurs sorti ce mercredi 22 avril.

Ode à l’indépendance, à la liberté ou à la justice, ses mots résonnent depuis quelques mois dans le monde du rap français, par leur force et leur justesse.

Au-delà d’une passion pour l’écriture, du haut de ses 25 ans, le jeune artiste brille par son talent d’acteur. Sur les planches ou devant une caméra, Younès s’est découvert une aisance pour le jeu, suivant notamment des cours d’art dramatique au conservatoire de Paris. Alors, on vous laisse découvrir son univers aux multiples facettes.

Qui es-tu ?

Je suis Younès, rappeur, acteur et bientôt écrivain, j’espère.

D’où viens-tu ?

Je viens de Rouen. Mont-Saint-Aignan, plus exactement, une petite banlieue calme, pas très loin.

Où et quand es-tu né ?

Je suis né à Rouen, le 31 mars 1995.

Quand et comment as-tu commencé la musique ?

J’ai commencé la musique en seconde, en rencontrant des potes qui aimaient ça, comme Rilès, qui est l’un de mes amis. Il faisait déjà de la musique, il jouait de la guitare, on se retrouvait donc chez lui. J’avais déjà une passion pour le rap, alors on rappait ensembles, avec Leone aussi.

Tu faisais quoi avant ?

J’ai fait un master en droit de l’environnement, mais c’était plus pour mes parents que pour moi. Avant de pouvoir vraiment vivre de la musique comme c’est le cas depuis 7 ou 8 mois, j’étais aussi surveillant dans plusieurs bahuts, à Rouen et à Paris. En parallèle de mes études, je faisais aussi du théâtre.

Comment as-tu été découvert ?

Tout a été très progressif, ça fait un moment que je rappe et tout s’est fait petit à petit. J’ai commencé par des clips dans ma ville qui ont fait parler d’eux aux alentours. Ensuite, la parution de mon premier EP a fait un peu de bruit. Puis il y a eu trois évènements majeurs. Premièrement, le fait de faire "Rentre dans le cercle", avec Fianso, qui m’a donné beaucoup de force.

Ensuite, il y a eu une série de freestyles, que j’ai faite – des "Rapports". Je me baladais dans Paris et livrais des performances un peu osées, parfois dans le métro, parfois ailleurs, qui ont bien pris sur Internet.

Puis il y a eu le fait de faire les premières parties de Rilès lors de son Tiger Tour, qui m’a aussi donné beaucoup de force.

Tu es signé sur quel label ?

J’ai deux labels. Celui de mon frérot Rilès, Rilèsundayz, chez qui il y a 3 artistes : lui, Leone et moi. Je suis également chez Belem Music.

Quelles sont tes influences musicales ?

Beaucoup de rap français ! Beaucoup de Booba, de Keny Arkana, de Médine et de Youssoupha. C’est toute cette génération-là qui m’a influencé, au début.

Quelles sont tes inspirations ?

De façon assez naturelle, déjà tout ce qui relève de l’injustice peut me révolter et m’inspirer. Là où j’ai l’impression qu’il y a des mensonges, des non-dits ou de l’hypocrisie. Tout ce qui me semble fake, j’ai envie d’en parler et de le démonter.

Le théâtre et la littérature occupent une place importante dans ton travail, non ?

Oui, carrément, dans ma dernière mixtape par exemple, le théâtre à une place particulière, puisque le titre est inspiré d’une pièce que j’ai jouée, Cyrano de Bergerac, d’Edmond Rostand. C’est important pour moi, parce que c’est quelque chose qui me plaît, j’adore lire, j’aime jouer aussi, du coup j’ai voulu faire des ponts entre ces différentes passions.

Selon toi, quels sont tes axes de progression ?

J’ai encore une marge de progression dans tous les domaines, mais là où j’ai vraiment envie de m’améliorer, c’est mélodiquement, aller chercher des trucs qui tapent vraiment l’oreille et qui demandent à être réécoutés encore et encore. Aller chercher des formules plus efficaces pour que, dans la forme déjà, le son plaise.

Quelles seraient les meilleures conditions pour écouter ta musique ?

Dans une voiture, seul, le soir et tu roules. J’aime trop écouter de la musique en voiture, ça me parle.

Si tu devais convaincre les gens d’écouter ta musique, tu leur dirais quoi ?

Je dirais : "Gros, c’est nous le futur, ça arrive très fort, on a le fond, on va encore plus travailler la forme. On a plein de choses à dire et on a la passion, on est authentiques, alors viens écouter, tu ne vas pas être déçu !"

Tes futurs projets ?

Il y a plein de trucs ! La mixtape est sortie. Le but, maintenant, c’est de retourner au studio pour enregistrer la suite et préparer un album dès que possible. J’ai aussi quelques projets au cinéma. J’ai tourné dans un film qui s’appelle Les Magnétiques, mais je ne sais pas exactement quand il va sortir.

Je suis aussi en train d’essayer d’écrire un livre, en ce moment, mais c’est quelque chose qui reste encore très embryonnaire. Dans la forme, rien n’est encore défini, mais il aura un rapport avec mon art.

En ces temps particuliers de confinement, tu arrives à être inspiré ?

Oui, ça m’inspire de ouf. J’ai toujours manqué de rigueur personnelle, alors il a fallu que j’attende que Macron me dise de rester chez moi, pour que je n’en sorte plus et que je me concentre sur mes projets. Donc j’arrive à me recentrer et ça, c’est tout bénef !

Le mot de la fin ?

Je crois qu’il faut envoyer de la force à tout le monde, en ce moment. Force à tous ceux qui sont confinés et à toutes les personnes qui sont en galère, confinés dans des apparts à plusieurs. Courage et on ressortira du confinement plus forts et meilleurs.

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