©Gregg Bréhin

Warm Up : voici Mou, définitivement le chanteur le plus chill de la Terre entière

L'artiste originaire de Nantes dévoile ce vendredi 24 avril son premier album, Bijoux d'amour, un doux mélange de rap et de pop.

Les temps sont durs, mais Mou est là pour y remédier. L’artiste de 28 ans, qui mêle habilement rap et chanson dans ses titres depuis quelques années maintenant, a sorti ce vendredi 24 avril Bijoux d’amour, un premier album dégoulinant de douceur et d’originalité.

Mou élève son hédonisme au rang d’art, et s’inspire de tout ou presque. Que ce soit la nourriture, l’amour ou n’importe quel objet du quotidien, l’artiste nous partage ses pensées et ses rêves épicuriens le temps de onze tracks parfaitement calibrées pour chiller, seul ou à plusieurs. On s’est entretenu avec lui pour évoquer la conception de ce disque, son parcours, ses clips géniaux et surtout une vision de la vie qui tranche singulièrement avec ce redoutable milieu qu’est l’industrie musicale. Interview.

Publicité

Konbini | Qui es-tu ?

Mou | Je suis Mou, AKA les temps sont durs, AKA le caramel sur ta molaire. 

Publicité

D’où viens-tu ?

Je viens de Nantes. 

Où et quand es-tu né ? 

Publicité

Je suis né à La Roche-sur-Yon en Vendée, le 25 octobre 1991. 

© Gregg Bréhin

Quand et comment est-ce que tu as commencé la musique ? 

Publicité

J’ai commencé au lycée avec des potes, mais j’ai toujours été feignant. J’ai valsé entre pas mal de blazes, pas mal de styles d’écriture aussi. J’ai surtout bossé chez moi, à gratter plein de choses et chercher vraiment ce que je voulais faire. C’est un processus qui a été assez long, je voulais un univers qui me corresponde de A à Z. 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique ?

La musique m’a beaucoup aidé pendant les moments compliqués, surtout familiaux. J’y trouvais du réconfort. L’idée de faire de la musique pour détendre ou réconforter les gens me plaît. J’ai eu des retours de personnes du genre "ça m’a fait du bien de t’écouter à tel moment, etc." Je n’attends que ça. Et j’ai toujours aimé créer, que ce soit de la musique, des vidéos ou des montages photo, donc je me fais plaisir et ça me va bien. 

Qu’est-ce que tu faisais avant ? 

Ce que je faisais avant et que je fais toujours, c’est de la cuisine. J’ai étudié l’hôtellerie-restauration dans un lycée professionnel. À partir de mes 18 ans, j’ai commencé à bosser dans des restaurants, et maintenant je suis chef d’une petite brasserie de quartier dans le centre de Nantes. J’ai toujours gardé mon job à côté. C’est une passion qui se rapproche assez de la musique, de par la créativité et la rigueur que demandent ces deux métiers. C’est un élément qui fait partie de mon quotidien, donc vous n’êtes pas à l’abri de découvrir d’autres lyrics sur le sujet.

Quelles sont tes influences musicales ?

Quand j’étais petit, j’ai beaucoup baigné dans la chanson française. Mais la chanson française "facile", mes parents aiment la musique mais ne sont pas de très grands mélomanes. Puis je me suis mis à écouter du rap, ça a commencé par les bases comme Doc Gynéco, IAM ou MC Solaar. Du rap américain aussi, dans ma période basket, à jouer avec mes potes tous les après-midi pendant les vacances. La dernière pierre à l’édifice a été la découverte de J-Dilla et du label Stones Throw, qui a su ouvrir mes oreilles vers des horizons plus pop vu le catalogue d’artistes très ouverts qu’ils ont. 

Comment as-tu été découvert ? 

J’ai sorti un EP au tout début de Mou, où je me débrouillais pour faire mes clips, bosser avec des copains pour le mix, etc. J’étais déjà bien entouré d’artistes comme Baton, l’ancien batteur de Rhum for Pauline, ou encore Maethelvin. J’ai fait mon premier live au Lieu Unique grâce à Phonème, un DJ et ancien programmateur du lieu, puis un "Set/30" qui sont des événements incontournables le vendredi soir à Nantes. C’est un set de trente minutes dans un Blockaus où se retrouvent les curieux de nouvelles musiques. S’en est suivie mon intégration au label FVTVR et c’est probablement grâce à mon premier EP Full sentimental que j’ai été découvert par un plus large public. 

Comment tu décrirais ton univers artistique ? 

C’est un univers coloré, surtout rose, où se mélange le rap et la pop. 

Comment tu qualifies ta musique ?

Je la qualifierais de douce et lente. Comme moi. 

©Gregg Bréhin

Comment est-ce que tu composes ?

Je marche au coup de cœur avec les prods que je reçois. Ça se passe surtout le matin avec mes quatre cafés afin d’être bien réveillé. Je travaille de plus en plus avec mon clavier afin de trouver des mélodies cool à chanter. 

Qu’est-ce qui t’inspire pour l’écriture de tes textes ?

Un rien m’inspire. Du coup c’est chiant parce que ça fait pas mal de sujets à traiter… Sans rigoler, je m’inspire beaucoup de ce qui m’entoure et je me permets de rêvasser aussi. Prendre des choses banales et les dispatcher dans des situations loufoques, c’est un peu ma ligne conductrice. Pour Sophie Marceau, j’aime m’imaginer lui poser des questions complètement connes, on apprend à se connaître pour que notre relation dure le plus longtemps, tu vois ? 

Il y a beaucoup de second degré dans ton écriture.

Éviter le sérieux, j’aime bien. Je trouve qu’il y a en a beaucoup trop dans la musique. Mon projet est fait pour être second degré, les thèmes abordés sont légers et les textes humoristiques pour la plupart. Et personnellement, je suis second degré, je ne vois pas pourquoi je n’inclurais pas cette partie de moi dans ma musique. 

D’ailleurs tu as des clips hyper originaux.

J’essaie d’être cohérent avec ma musique, mes textes sont décalés alors j’estime que les clips doivent l’être aussi. J’aime beaucoup avoir des idées loufoques pour mes vidéos, essayer de créer des choses qui n’ont pas été vues ou que je peux avoir l’occasion de faire, comme prendre un bain de nouilles.

On retrouve sur ce premier album des morceaux issus de tes deux précédents EPs. Comment s’est passée la conception de Bijoux d’amour ? 

Le but était de regrouper mes tracks fortes ainsi que du nouveau, une sorte de "Mouxi Best Of". J’ai travaillé avec de nouveaux beatmakers pour amener autre chose, comme Cavalier King Charles ou Saintard. Il fallait que j’apporte un point final à toutes ces tracks que j’avais faites depuis maintenant trois ans, l’album était évident. 

Est-ce que tu te considères comme un hédoniste ? 

Effectivement, je n’ai pas besoin de grand-chose pour être heureux. Tu me mets une côte de bœuf, des copains autour d’un barbecue et c’est good. Il faut toujours prendre plaisir dans tout ce que l’on fait, ne pas se sentir forcé ou obligé. A contrario je ne montre pas trop mes émotions, mais ceux qui me connaissent vraiment savent quand je suis bien. 

Comment abordes-tu la scène ?

J’adore la scène car les réactions des gens m’amusent beaucoup. Je me suis retrouvé à faire beaucoup de premières parties dans de grandes salles, les gens ne me connaissaient pas et c’est quitte ou double. Je m’amuse beaucoup à jouer mes textes, je suis tout seul sur scène donc je me dois de l’occuper. 

T’es signé sur quel label ?

Je suis sur le label FVTVR depuis mon premier EP, une structure nantaise. C’est un label indépendant qui produit pas mal de groupes aux styles variés. Il y a eu notamment Minitel Rose, Pegase, Rhum for Pauline, et plus récemment Ricky Hollywood. Tous les artistes qui font partie du label sont des potes avant tout. 

Selon toi, quels sont tes axes de progression ?

L’autoroute du love, faire les choses que j’aime sans trop se poser de questions. 

Quelles seraient les meilleures conditions pour écouter ta musique ?

Certainement dans un canapé bien moelleux avec Ophélie Winter ou un matin sur la plage avec Sophie Marceau, en bouffant des croissants bien beurrés. Dans une Ford Fiesta sur l’autoroute du love, ça marche aussi. 

Si tu devais convaincre les gens d’écouter ta musique, tu leur dirais quoi ?

C’est une musique sans prétention qui est composée d’amour et de second degré, un plaisir aller sans retour, des ballades nonchalantes qui se terminent autour d’un verre sur une terrasse au bord de l’eau. 

Tes futurs projets ? 

On va déjà défendre l’album comme on peut, vu la période particulière que l’on est en train de tous traverser. J’en profite pour écrire de nouvelles choses, on verra la tournure que ça prendra par la suite. 

Le mot de la fin ?

Bisous d’amour les haters. 

© Gregg Bréhin

Par Guillaume Narduzzi, publié le 30/04/2020