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Warm Up : découvrez Hunter, le nouveau rappeur plein de fraîcheur de la scène belge

Publié le

par Joséphine de Rubercy

Dans Warm Up, on réalise un focus sur des artistes dont vous allez (sûrement) entendre parler dans les mois à venir.

Le rap a encore de beaux jours devant lui, et Hunter est là pour le prouver. Ce jeune talent de 19 ans venu tout droit de Bruxelles propose des morceaux à la musique solaire, parfois mélancolique, mais toujours positive. Malgré les embûches, il faut toujours continuer, voilà son message. Ses exemples de vie, ce sont les nekketsus, ces héros solitaires et courageux présents dans les mangas japonais.

Prêt à tout casser sur la scène rap, Hunter s’arme de textes aux valeurs qui lui sont chères : amour, amitié, ardeur et persévérance. Il aime raconter ses émotions, de ses ambitions de jeune aux difficultés de la vie adulte, auxquelles toute sa génération s’identifiera. On peut découvrir toute sa fraîcheur et son énergie dans les nombreux freestyles postés sur son compte Instagram.

Refusant d’appartenir à un seul genre musical, il est à la fois rappeur et chanteur pop, pour sa plus grande fierté. Après plusieurs singles sortis en 2020, Hunter présente son premier EP, Club 111, paru le 12 mars dernier. Huit titres pleins d’espoir, à l’image de notre artiste du jour, qui fait partie des nouvelles figures montantes de la scène rap belge.

Konbini | Qui es-tu ?

Hunter | Enchanté, Samuel, je suis né à Anderlecht le 18 février 2002 et j’ai grandi à Genval, une petite ville à côté de Bruxelles, où je vis encore.

Tu peux nous expliquer l’origine de ton nom, Hunter ?

Mon meilleur pote m’avait montré le manga Hunter x Hunter, j’aimais bien le nom. Quand j’étais petit, je disais à tout le monde que je m’appelais Hunter, jusqu’au jour où, en vacances, le père d’une meuf que je kiffais a cramé que ce n’était pas mon vrai nom. J’avais trop honte. Quand je suis rentré, j’ai raconté ça à mes potes qui se sont moqués de moi, et c’est resté. Quand j’ai dû choisir un blaze pour rapper, pour tout le monde, c’était Hunter.

Quand as-tu commencé la musique et pourquoi ?

Étant fan de rap et de musique depuis que je suis tout petit, j’ai toujours voulu faire de la musique, j’ai même fait quelques années de solfège. Mais mes premières chansons, mes premiers textes, ont vu le jour vers mes 12 ans.

Qu’est-ce que tu faisais avant ?

J’ai fait du baseball pendant cinq ans, j’allais en cours et je voyais mes potes, rien de spécial. Mais la musique a toujours eu une place importante dans ma vie.

C’est quoi tes influences musicales ?

C’est assez varié, entre la pop, le rap, le rock, le jazz et la variété. J’écoutais autant Calogero que Dalida ou Florent Pagny dans la voiture de ma mère, Aznavour ou Brel avec mon père, Kool and the Gang et Marvin Gaye avec ma famille, la Sexion, Nekfeu, Alpha Wann, Orelsan et Booba avec mes potes et des classiques que je suis allé découvrir par moi-même comme les Beatles et Queen.

Tu penses quoi de la première vague d’artistes belges (Hamza, Damso, etc.) ? Tu as l’impression d’être la relève ?

J’ai trouvé ça trop cool de voir des Belges exploser, ça m’a donné confiance en moi et montré que, peu importe d’où l’on vient, tant qu’on fait de la bonne musique, ça peut marcher. Je ne voudrais pas être présomptueux en m’appelant la relève belge, mais s’il y a des gens qui le pensent, je ferai tout pour leur donner raison.

Tu peux nous décrire ta musique, ton univers artistique ?

Je dirais que je mets l’écriture, l’instrumental et les mélodies au même niveau. J’aborde des thèmes universels en restant en phase avec ma réalité. J’ai des textes parfois plus sombres, parfois plus joyeux, mais j’essaie d’être toujours positif dans l’énergie et le message que je dégage. Même dans une chanson triste, quand l’auditeur se sent compris, il en retire une certaine positivité et c’est pour moi le plus beau pouvoir de la musique.

À la fois rappeur et chanteur pop, tu ne rentres pas vraiment dans une case… Tu en es fier ?

Je n’ai jamais été dans les normes et je suis fier de pouvoir représenter ma différence dans mon art.

Quand est-ce que tu as été découvert ?

J’ai été découvert vers avril 2019 avec mon freestyle pour 1minute2rap. C’était un premier tour de piste qui m’a donné de la force et de la visibilité pour en entamer un deuxième et ainsi de suite.

Après 1minute2rap, tu es aussi passé par Skyrock, peux-tu nous raconter ce moment ?

C’était une super expérience, c’est là que j’ai vu que les freestyles Instagram ce n’était pas que des likes et de l’exposition, que ça allait plus loin.

Tu as sorti ton premier single, "Summer Night", en janvier 2020… Comment ça s’est passé pour toi ?

L’étape des freestyles Instagram m’a poussé à sortir des morceaux sur les plateformes. Les gens ont apprécié ce premier titre, et c’est qui m’a donné la force de continuer cette course. En un an, j’ai pu me concentrer à fond sur ma musique, avoir le temps et les outils pour perfectionner mon art.

C’est toi qui écris tes textes et qui composes tes morceaux ?

Oui, c’est moi qui écris tous mes textes. J’aime parler de ma vie, de moi et de mes proches. Par contre, je ne compose pas toutes mes prods, j’ai la chance de travailler avec de formidables compositeurs, Marylin, Dany Synthé, Roronoah, Fleetzy, Chucki Beats, Don Moja entre autres. J’aime capter leurs univers, les forces de chacun.

Comment trouves-tu l’inspiration pour ta musique ?

Je n’ai pas vraiment de processus. Souvent, c’est la prod qui m’inspire et, de là, les mots viennent tout seuls. Voyager me ressource beaucoup et m’inspire. Maintenant, avec les circonstances actuelles, je n’ai plus cette source d’inspiration, donc c’est assez difficile de créer. Mais on vit un minimum, donc j’arrive quand même à m’exprimer.

En tant qu’amateur de mangas, comment cet art influence ta musique ?

Ça m’influence au même titre qu’un livre, qu’un film ou qu’une série. Je fais souvent des parallèles entre une référence au manga et une situation que moi j’ai vécue. S’ils connaissent l’œuvre dont je parle, les auditeurs comprennent le texte même s’ils n’ont pas vécu ma situation.

Tu t’identifies toi-même comme le héros solitaire et courageux d’un nekketsu. Tu peux nous en dire plus sur ce personnage et ce que cette figure représente pour toi ?

Cette figure du nekketsu, c’est un exemple pour moi : à force de travail et de passion, j’ai réussi à avoir un groupe de potes avec qui j’ai pu rapper, avec qui j’ai écumé mes premiers freestyles, mes premiers open mics. Quand j’ai commencé, les gens ne me prenaient pas au sérieux et le rap n’était pas forcément à la mode, encore moins le mien, donc je me sentais comme le héros solitaire d’un nekketsu. Il m’est arrivé certaines difficultés dans la vie, mais en parler dans mes morceaux m’aide à en tirer quelque chose de positif. Par exemple, j’évoque pas mal le sujet de l’école dans ce nouvel EP.

Justement, ton premier EP est sorti le 12 mars, comment tu te sens ? Tu peux nous en parler en quelques mots ?

J’ai beaucoup travaillé dessus et j’espère que les gens vont apprécier autant que j’ai aimé le faire.

Pourquoi ce titre, Club 111 ?

D’abord pour l’étymologie du nom "club", qui représente le trèfle dans le jeu de cartes anglais et est synonyme de chance dans notre société. Et "111" signifie un nouveau départ et l’habilité à lâcher prise, à avancer vers le succès, dans ce qu’on appelle les numéros des anges, comme 222, 333, 444…

En somme, Club 111 représente la chance du départ. Je le vois comme l’ensemble des gens qui m’accompagne dans ma musique, c’est-à-dire mes potes, Roronoah, un des producteurs de l’EP, mon manager… Mais surtout mon public de la première heure, ceux qui me connaissent depuis les freestyles, et puis tous ceux qui vont me découvrir avec ce projet. Tous ces gens, je les considère comme des membres du Club 111, ils sont ma promo et ma force.

Quel est ton titre préféré et pourquoi ?

J’adore "Lady", c’est un morceau que j’ai kiffé faire, ça partait d’un délire au studio. Mais mon son préféré reste "Flex", parce que j’adore la vibe électro/rap/pop qu’on a pu ramener sur l’EP.  

Tu es déjà monté sur scène ? Comment un jeune artiste comme toi aborde la scène en ces temps de pandémie ?

Oui, je suis déjà monté sur scène à plusieurs reprises. Mais aujourd’hui, c’est assez frustrant, je sors un projet que je kiffe et j’avais envie de le défendre sur scène. Je n’attends qu’une chose, c’est de le jouer en concert !

Tu es signé sur quel label ? Depuis quand ?

Je suis signé chez Elektra depuis janvier 2020.

Quelles sont les meilleures conditions pour écouter tes sons ?

"Normes" et "Étoile grise", il faut les écouter seul avec des écouteurs, dans sa chambre ou en allant au taf ou en cours. "Jamais riche", "Dessine" et "Hélicoptère" lors d’une soirée entre potes, "Lady" et "Flex" à la radio, je l’espère. Enfin, pour "Bombarder", le mieux c’est d’être posé tranquille avec sa meuf ou son mec.

Si tu devais convaincre les lecteurs de Konbini d’écouter ton EP, qu’est-ce que tu leur dirais ?

Que ma musique est sincère et que tout le monde peut s’y retrouver. Surtout s’ils sont fiers d’être différents, le Club 111 sera ravi de leur ouvrir ses portes.

C’est quoi tes projets ?

Défendre cet EP à fond, enchaîner avec quelque chose d’encore plus puissant et partager ma musique avec des gens sur scène.

Le mot de la fin ?

Club 111 disponible partout, et big up Konbini !

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