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Warm Up : l'avenir de la chanson française est belge et il s'appelle Iliona

Publié le

par Guillaume Narduzzi

©Roxane Diamand

Dans Warm Up, on réalise un focus sur des artistes dont vous allez (sûrement) entendre parler dans les mois à venir.

S’il est "dur d’avoir 20 ans en 2020", on peut heureusement compter sur Iliona. La jeune artiste belge fait partie de ces talents qui ont émergé au cours des derniers mois, notamment en proposant diverses sessions durant les longues semaines de confinement, avec une musique à l’ambiance intimiste et une voix qui sort du lot. Autrice-compositrice-interprète, Iliona aime tout faire toute seule ; elle retranscrit ses états d’âme comme sur un journal intime et réalise elle-même ses clips.

Pourtant, avec sa notoriété grandissante, elle commence à s’ouvrir sur le reste de la scène actuelle, comme en atteste par exemple sa participation à la composition du titre "Rien", extrait du dernier album de Zed Yun Pavarotti. Déjà adoubée par plusieurs artistes comme Lous and the Yakuza – que l’on vous présentait au détour d’un Warm Up il y a quelques mois – ou encore Benjamin Biolay, Iliona a tout pour devenir un grand nom de la chanson. À l’occasion de la sortie de son nouveau single clippé "Reste" et en attendant l’arrivée d’un premier EP en début d’année prochaine, nous lui avons posé quelques questions.

Konbini | Qui es-tu ?

Iliona | Je suis Iliona, j’ai 20 ans. J’écris et compose des chansons.

D’où viens-tu ?

De Bruxelles, en Belgique.

Où et quand es-tu née ?

À Bruxelles, le 7 juillet 2000.

© Ojoz

Quand et comment est-ce que tu as commencé la musique ?

Officieusement, je fais de la musique depuis que je suis gamine, sans réellement savoir pourquoi ça me passionne. Officiellement, depuis cette année.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la musique ?

Mes copines qui jouaient du piano en primaire. J’ai écrit mon premier bout de chanson à ce moment-là.

Qu’est-ce que tu faisais avant ?

J’ai recommencé à écrire des chansons plus concrètes vers 15-16 ans. J’étais tous les jours à l’école et je m’ennuyais beaucoup. Après mon CESS [l’équivalent du baccalauréat, ndlr], j’envisageais de faire du cinéma ou des études d’arts plastiques, mais c’était assez flou. J’ai finalement commencé des cours en histoire de l’art à l’université. Après trois mois, je me suis rendu compte que je passais plus de temps à composer qu’à aller en cours, alors j’ai arrêté.

Joues-tu d’un instrument ?

Du piano, depuis longtemps. Mais mon niveau s’est dégradé, j’ai oublié le solfège, je ne connais même plus le nom des accords. Alors je me débrouille, en faisant tout à l’oreille.

Quelles sont tes influences musicales ?

J’ai été très marquée par la chanson française des années 1960, 1970, 1980, en commençant par Barbara et en enchaînant ensuite les Françoise Hardy, France Gall, Michel Legrand, Claude François, Michel Polnareff… J’en découvre encore aujourd’hui et ça me remplit de bonheur. À l’international, ce sont plutôt les Beatles, Lily Allen ou bien Amy Winehouse. Et en rap actuel, je reviens toujours à Hamza. Adolescente, je regardais aussi énormément de films, ça me permettait de m’évader. Aujourd’hui, j’aime bien insérer des bruitages ciné dans mes chansons, ça leur donne de la vie.

Comment as-tu été découverte ?

En mars 2020, j’ai décidé de sortir de la musique dans mon coin, en créant mes propres chansons et mes propres clips. C’était beaucoup de boulot, mais ça m’a permis de découvrir et d’apprendre par moi-même une partie du travail, et ça m’a valu d’être assez rapidement repérée sur Instagram par les labels.

Ton plus gros succès reste à ce jour "Moins joli". Quelle est l’histoire derrière ce morceau ?

J’ai écrit ce morceau d’une traite, juste après une rupture il y a deux ans. Je crois que l’auditeur ressent immédiatement la sincérité que cache une chanson. "Moins joli" contient toutes les pièces du puzzle de ma rupture, et étrangement elles résonnent chez beaucoup d’autres.

Tu viens également de sortir ton nouveau single, "Reste".

La chanson "Reste" est venue toute seule, en un jour. Elle parle de relation à distance, ou d’une distance qui peut se créer au sein d’une relation. Elle ne dit pratiquement rien, mais laisse transparaître une certaine détresse. J’ai réalisé le clip, comme à mon habitude, à l’image d’un journal intime rempli d’allusions.

Comment décrirais-tu ton univers artistique ?

Je n’ai pas de style musical précis. Plus je compose et plus je me rends compte qu’il ne s’agit que de chansons. Car créer l’arrangement d’un morceau, c’est très excitant, c’est une partie du job à part entière, mais ce qui fait un bon titre c’est sa composition pure, pas les couches d’instruments qu’on ajoute dans tel ou tel style.

Comment est-ce que tu composes ?

Je me mets au piano avec mon ordinateur et je cherche des accords, des mélodies… Les mots s’y mêlent très vite et quelques heures plus tard, j’ai un squelette. Ensuite, je produis le morceau sur ordi, pendant des nuits entières. Les souvenirs sont confus : composer, c’est comme une drogue.

Quels sont tes thèmes de prédilection en termes d’écriture ?

Malgré moi, mes chansons sont toujours mélancoliques. Il n’y a pas de thème que j’aime ou n’aime pas, je ne choisis pas à vrai dire : ça vient tout seul… Et si rien ne vient, en général, c’est qu’il faut s’arrêter.

Est-ce que tu as déjà fait des concerts ?

Je n’ai jamais joué de set seule sur scène. J’ai accompagné Ana Diaz pendant un an, et récemment j’ai fait quelques sessions piano-voix. La scène, c’est encore nouveau pour moi qui aime tout contrôler, je la redoute un peu.

Sur quel label es-tu signée ?

Artside, un label indépendant basé à Paris. C’est comme ma deuxième famille maintenant.

Avec qui travailles-tu ?

Pour la création, je suis entièrement seule. C’est lorsque j’ai mes chansons que je les envoie au label, au mixeur, au mastering, ou lorsque j’ai mes scénarios de clips que j’appelle des équipes… C’est à peu près toujours aux mêmes personnes que je demande de l’aide, ça me rassure.

Selon toi, quels sont tes axes de progression ?

J’ai encore tout à faire et ça me réjouit.

Quelles seraient les meilleures conditions pour écouter ta musique ?

Dans une voiture, de nuit.

Si tu devais convaincre les gens d’écouter ta musique, que leur dirais-tu ?

Je ne convaincrai personne, la musique est un moment de plaisir pas un produit, on ne peut l’argumenter.

Tes futurs projets ?

Mon premier EP début 2021 !

Le mot de la fin ?

Merci Konbini ! <3

© Roxane Diamand

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