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Warm Up : Appleby, un diamant brut (et masqué) qui casse les frontières du hip-hop

Publié le

par Rachid Majdoub

Dans WARM UP, on réalise un focus sur un artiste dont vous allez (sûrement) entendre parler dans les temps à venir. Aujourd’hui, place au rappeur Appleby et sa voix de velours. Présentation de cet artiste qui ne montre pas son visage, avec son excellent premier EP et quelques questions.

Appleby, toujours le visage couvert.

Appleby est un diamant brut qui finira par briller sur la planète hip-hop. Discret, celui qui cache toujours son visage est encore dans l'ombre, mais son talent ne devrait pas tarder à lui permettre de passer à un stade supérieur. En attendant, le natif de Miami ne se presse pas : tout en gardant une constance importante, il sort, au compte-gouttes et depuis un peu plus d'un an, des titres à chaque fois plus surprenants.

Nous vous les partagions ici, ,  ou encore . Parmi eux, "Bitter Boy" : publié il y a un an, il a été un tournant majeur pour le jeune rappeur-chanteur en lui permettant, via SoundCloud, de propager davantage son nom.

Si nous lui portons un soutien indéfectible depuis le début de sa fraîche carrière, c'est que son art sort des sentiers battus. Sur des productions souvent planantes, au BPM varié et construites autour de nombreuses sonorités plus étonnantes les unes que les autres, Appleby se permet de tantôt rapper, tantôt chanter, tantôt bercer l'auditeur avec une voix en perpétuelle expérimentation. Un timbre de velours, qui nous renvoie à d'autres sphères. La prise de risque est à souligner, le mélange des genres – du rap au pop-r'n'b – et les sujets abordés aussi, pour un souffle d'air frais sur un hip-hop étouffé par des catégories aux frontières bien délimités.

Les frontières, Appleby n'en a que faire et les casse avec son premier EP, Down Dance, qui inclue les très bons singles "Castles" et "Random Love". On écoute, tout en passant à une petite présentation de notre découverte du jour.

Salut Appleby. Qui es-tu et d'où viens-tu ?

Salut, je m'appelle Appleby. Je viens de Miami en Floride mais je vis actuellement dans l'Illinois.

Que fais-tu dans la vie à côté de la musique ? 

De jour, je gère un magasin de casquettes. Et de nuit, j'écris, je rappe, je chante, beaucoup.

Quand as-tu commencé la musique, et comment ?

J'ai commencé à faire de la musique en décembre 2013, une poignée de secondes après avoir regardé le clip de "Without U" de Corbin (FKA Spooky Black). J'ai adoré le décalage entre son look et sa musique, ce qui m'a inspiré à essayer de créer mes propres sons, d'abord sur mon ordinateur portable et son micro intégré. Ensuite, j'ai commencé à bosser sur mes premiers efforts entouré de producteurs comme HNRK ou Drip-133, avec lesquels Corbin FKA avait travaillé.

As-tu eu différents projets avant d'en arriver là ?

J'ai sorti "Castles", le premier extrait de mon premier EP, Down Dance, il y a un mois de ça. Sa sonorité rajeunissante et amusante à écouter est probablement la plus facile à appréhender sur le projet. La naissance de Down Dance s'est faite à Los Angeles. L'énergie de la ville et son environnement ont inspiré les sonorités que vous entendrez sur cet EP.

En est tiré mon nouveau titre, "Random Love". On retrouve mes amis Iris Temple en featuring le tout sur une production de mon partenaire de création Elias Abid [qui a entièrement produit l'EP, ndlr]. Ensemble nous avons créé une chanson qui parle de laisser l'amour se présenter à soi naturellement.

Quelles sont tes inspirations, tes influences musicales ?

Concernant mes inspirations, en premier vient Adele. Elle est une anomalie dans l'industrie et c'est incroyablement inspirant. À côté de ça, j'adore également un étrange méli-mélo composé de notamment Willow Smith, Sampha, FKA Twigs, The xx et Kendrick Lamar.

Décris-nous ton processus de création.

Moi j'écris, et c'est mon pote Elias qui compose sur Down Dance, qui est mon premier essai sur un projet de quelque genre que ce soit musicalement. Je me sens à l'aise avec le résultat grâce à son entière production menée par Elias, le projet en ressort cohérent tout en étant unique.

Comment définirais-tu ton projet ?

Ce n'est pas une pas tâche facile. En un sens, c'est simplement une interprétation de la vie à travers le son. Elias la voit comme le croisement entre le réalisme et le surréalisme. J'adore faire sourire les gens avec mes paroles tristes grâce à sa production joyeuse. Tel est mon projet.

Comment vois-tu ou souhaiterais-tu voir ton futur ?

Durant les prochains moi je vais explorer au maximum les sonorités de Down Dance. Nous espérons faire notre trou sur le marché anglais d'ici la fin de l'été. J'adore ce pays et je sens que notre musique pourrait bien s'en sortir de ce côté du monde.

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