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Vidéo : Pharrell Williams presse l’Amérique d’ouvrir les yeux sur le racisme de l’ère Trump

Publié le

par Naomi Clément

Invité à prendre part à la cérémonie des Hip Hop Honors, qui rendait cette année hommage aux artistes ayant façonné le rap et le R’n’B des années 1990, le chanteur et producteur a dénoncé la situation actuelle de son pays dans un discours très engagé.

Comme chaque année depuis sa création en 2004, la cérémonie des Hip Hop Honors, qui rend hommage aux artistes ayant le plus œuvré pour le genre, a eu droit à son lot de performances mémorables. Cette édition a vu celles d’une Missy Elliott tout droit sortie d’un monde parallèle mystique, d’une Teyana Taylor aux pas de danse enflammés (et ce, en dépit d’une jambe plâtrée), ou encore d’une Mariah Carey endimanchée qui, sans bouger le moindre petit muscle, a ravivé la flamme des années 1990. Mais c’est un discours, certes moins spectaculaire mais davantage engagé, qui aura le plus marqué les esprits de cette soirée : celui de Pharrell Williams.

À l’ère de l’administration Trump, qui ne cesse de porter atteinte aux libertés individuelles, notamment celles des femmes et de la communauté noire, le chanteur et producteur a tenu à s’exprimer face aux caméras dans le but d’éveiller les consciences, pressant l’Amérique "d’ouvrir les yeux".

"Tout le monde voit ce qu’il se passe, tout en faisant mine de ne rien voir. Il va falloir que vous ouvriez les yeux. Ouvrez vos yeux ! Vous n’arrêtez pas de dire que vous ne voyez pas ce qu’il se passe à la télé, ce qui nous arrive à nous. Ouvrez les yeux. Et si vous observez les choses comme je le fais, alors vous saurez comment on en est arrivé là", a-t-il commencé d’un ton très solennel, avant de s’attaquer frontalement au racisme ambiant dans son pays :

"Ne pensez pas qu’ils ne s’en prendront qu’aux Africains-Américains, qu’à la communauté juive ou qu’aux Hispaniques ; ne pensez pas qu’ils ne s’en prendront pas à vous, juste parce que vous leur ressemblez physiquement. Vous devriez comprendre qu’à tout moment, ils peuvent changer d’avis, et alors, il ne s’agirait plus seulement de s’attaquer aux Noirs, aux Blancs […]. Il pourrait alors s’agir de s’en prendre à un certain type de visage, à un certain type de cheveux. Ne faites pas comme si tout cela n’était pas arrivé auparavant.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Moi, je ne suis qu’un tout petit petit petit petit musicien. Genre, un minuscule petit musicien. Mais je suis africain-américain. Le côté africain, c’est ce que j’ai en moi ; le côté américain, c’est là où je vis actuellement. Et si je vis ici, aux États-Unis, c’est pour que la liberté et la justice soient appliquées pour tout le monde."

Un discours nécessaire et puissant, délivré quelques jours seulement avant que le chanteur ne se produise à Charlottesville à l’occasion d’un concert "pour l’unité", le 24 septembre, en réponse aux violentes manifestations du mois d’août dernier. D’autres artistes engagés, tels que The Roots, Ariana Grande ou Justin Timberlake, se joindront à lui.

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