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Les ventes d’albums de R. Kelly ont explosé depuis sa condamnation

Publié le

par Arthur Cios

Une augmentation de plus de 500 %.

Le 27 septembre dernier, à la suite d’un procès ultra-médiatisé, l’artiste R’n’B R. Kelly a été reconnu coupable de kidnapping, d’exploitation sexuelle d’enfant et de racket. Une condamnation qui aura eu une conséquence plus ou moins inattendue. Rolling Stone nous informe en effet que les ventes d’albums de ce dernier ont grimpé de 517 % dans la semaine qui a suivi la décision de justice.

Par ailleurs, sur la même période, les écoutes sur les plateformes de streaming de l’artiste condamné ont pris 22 %, passant de 11,2 millions d’écoutes à 13,4. Les vues sur ses vidéos ont augmenté de 23 %. Ceci alors que YouTube avait supprimé les deux chaînes officielles du chanteur. À voir si cette triste tendance évolue dans les jours à venir.

Une condamnation rendue en 2002

Comme c’est très souvent le cas dans la procédure pénale aux États-Unis, la condamnation à une peine de prison sera rendue bien plus tard, en l’occurrence le 4 mai 2022 pour R. Kelly, déjà en détention provisoire. Il risque la prison à vie. R. Kelly est accusé d’avoir perpétré ces crimes en toute impunité, profitant de sa notoriété. Il a toujours nié les faits.

Ce procès est considéré comme une étape majeure du mouvement #MeToo : c’est la première fois que la majorité des plaignantes sont des femmes noires et qu’elles accusent un artiste noir. Les débats se sont rapidement concentrés sur le "système" qu’avait mis en place R. Kelly pour attirer de très jeunes femmes et les agresser sexuellement, avec la complicité de son entourage, comme dans une sorte d’entreprise mafieuse, selon l’accusation.

"Ce n’est pas un génie. C’est un criminel. C’est un prédateur", a affirmé la procureure adjointe Nadia Shihata dans son réquisitoire la semaine dernière.

Séquestration, drogue, viol et avortement forcé

Nombre de victimes ont raconté avoir rencontré la star lors de concerts, durant lesquels elles s’étaient vu confier un petit morceau de papier avec les coordonnées du chanteur par son entourage. Il pourrait faire quelque chose pour leur carrière musicale, leur promettait-on. Au lieu de cela, les victimes se sont fait "endoctriner" dans le milieu sordide de R. Kelly, ont accusé les procureurs de Brooklyn, forcées à des rapports sexuels avec le chanteur et maintenues dans ce système par des "mesures coercitives".

Six femmes sont au centre de l’affaire. Parmi elles, Sonja, une stagiaire d’une radio locale, qui a confié s’être rendue depuis l’État américain de l’Utah jusqu’au studio de R. Kelly à Chicago, pensant qu’il lui accorderait une interview. La jeune femme a raconté qu’elle s’était retrouvée piégée par ses associés dans une pièce sans fenêtre pendant plusieurs jours, avant qu’on ne lui donne à boire et à manger et qu’on la drogue.

Elle a dit s’être réveillée sans sous-vêtements, en voyant R. Kelly remettre son pantalon. Une autre femme a raconté que R. Kelly l’avait forcée à avorter, étant tombée enceinte de lui alors qu’elle était mineure. Quatre femmes ont affirmé qu’il leur avait transmis un herpès, sans leur avoir dit qu’il souffrait de cette maladie.

L’avocate, qui représentait trois des six plaignantes, a prévenu que le verdict contre R. Kelly devait servir d’exemple pour tous les gens connus qui se servent de leur "notoriété pour faire de leurs fans des proies""La question n’est pas de savoir si la loi va vous rattraper. Mais quand", déclare-t-elle.

R. Kelly n’en a pas fini avec la justice : il est aussi inculpé d’agressions sexuelles à Chicago et dans les États de l’Illinois et de New York.

Konbini avec AFP

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