©Capture d’écran YouTube – JE T’AIM3

Vald fait ses premiers pas au cinéma dans le court-métrage JE T’AIM3

Le rappeur d'Aulnay-sous-Bois a partagé ce week-end les trois volets du court-métrage sur son compte YouTube.

Les rappeurs français aiment s’aventurer dans le septième art, et Vald ne fait pas exception. L’artiste français tient ainsi le rôle principal dans JE T’AIM3, un court-métrage sous forme de trilogie, disponible gratuitement sur YouTube. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les premiers pas du rappeur d’Aulnay-sous-Bois sont convaincants. Que ce soit en parisien fêtard ou en jeune père de famille, Valentin Le Du de son vrai nom met à peu près tout le monde d’accord sur sa performance et son potentiel d’acteur.

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Comme bien souvent aujourd’hui, tout démarre d’un plan sur une application de rencontre. Dans le premier volet, que l’on doit à Cristobal Diaz, Vald s’aventure dans la nuit de la jeunesse dorée parisienne et fait la rencontre de celle qui deviendra par la suite la mère de ses enfants. Très contemporain (Tinder ou Uber ?), cet épisode aborde les relations amoureuses avec un angle pragmatique, sûrement plus proche de la réalité que ce que l’on peut voir habituellement sur le grand écran. Et ce même s’il faut se coltiner des séquences qui seront totalement inutiles par la suite (la grand-mère légume, l’ex relou…).

Quelques années plus tard, Vald et Eulalie Elsker forment un couple parfait. En apparence seulement, puisqu’ils attendent un deuxième enfant et veulent absolument un garçon. Un désir qui vire à l’obsession, et qui va venir plomber les ailes des deux tourtereaux. Réalisé par Lucas "Kub" Fabiani, ce deuxième volet permet à Vald de briller grâce à son charisme, sa nonchalance et son humour naturel. Quitte à parfois en faire un peu trop notamment lors du repas de famille qui vire au one-man-show. Eulalie Elsker est, elle, parfaite dans le rôle de la jeune mère désabusée. Le plan où, après avoir eu un rapport sexuel dans l’unique but de concevoir, Vald joue à son jeu vidéo sur son ordi tandis qu’Eulalie Elsker regarde sa série de son côté s’avère vraiment pertinent et révélateur des vicissitudes du couple liées aux évolutions technologiques. C’est sûrement là que réside la principale qualité de JE T’AIM3.

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Le troisième et ultime volet a lui été confié à Leïla Sy. Plus conceptuel que les précédents, il se révèle également plus brouillon et confus. Pourtant, entre jalousie, haine et frustration, il a le mérite d’aborder des sujets sérieux et graves. Le rire a laissé place aux pleurs, et le visionnage s’en ressent. La fin est poignante et abrupte - on aurait sûrement aimé en voir davantage. On pourra également nourrir quelques regrets sur certains aspects du projet, comme la performance hasardeuse de Hiba Abouk ou les seconds rôles assez anecdotiques. Pourtant, le casting était plutôt intéressant et ambitieux : JoeyStarr, Tunisiano, Rabah Nait Oufella (vu notamment dans Grave aux côtés de Garance Marillier), Pierre Lottin (le fils des Tuche) ou encore Yaniss Lespert (Fais pas ci, fais pas ça).

Le projet est parfois perfectible, mais là n’est pas l’essentiel. Le pari est clairement réussi : la grosse cinquantaine de minutes de film vaut le coup d’œil. Avec sa narration singulière, ce court-métrage en trois actes apporte une vraie fraîcheur doublée d’une bonne dose d’originalité. Une jolie prouesse, quand on sait que JE T’AIM3 financé grâce au crowdfunding a été tourné en seulement trois semaines, avec un réalisateur différent pour chaque volet. On navigue entre séquences comiques, où Vald excelle, et des moments suspendus, voir carrément prenants. Mentions également pour la belle maîtrise de l’esthétisme et les excellents choix de musique, qui mettent en valeur un ensemble déjà très consciencieux.

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Par Guillaume Narduzzi, publié le 25/02/2019

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