©space150

Ce morceau de Travis Scott créé par intelligence artificielle est plus vrai que nature

L'agence digitale space150 s'est amusée à créer un morceau inspiré du rappeur américain grâce à un deepfake.

Travis Scott a été tellement influent au cours des dernières années qu’il est même devenu une source d’inspiration pour les robots. Ou, en tout cas, pour les personnes qui les dirigent. Comme le rapporte Adweek, l’agence numérique space150 s’est lancée dans un amusant challenge : faire un deepfake d’une chanson de Travis Scott. Tant au niveau de l’imagerie que du son et des paroles.

Pour cela, les membres participant à ce projet ont passé deux semaines à "nourrir" l’intelligence artificielle de morceaux, textes et clips du rappeur texan. En résulte un titre intitulé "Jack Park Canny Dope Man" signé TravisBott, nom de l’alter ego numérique de l’artiste de 27 ans.

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Comme vous pouvez le constater dans la vidéo ci-dessous, le résultat est assez saisissant. Au niveau sonore tout d’abord, puisque le morceau se rapproche grandement de ce que peut offrir Travis Scott à ses fans. Que ce soit les mélodies ou les voix auto-tunées, tout y est. On peut noter que le morceau a été complété avec de "vrais" ad-libs de Travis Scott, comme les désormais légendaires "it’s lit" ou "straight up".

Afin d’arriver à ce résultat, l’agence a utilisé des "programmes de réseau de neurones" pour générer les mélodies et les arrangements de l’instrumentale, et ainsi se rapprocher le plus possible de la signature sonore de Travis Scott. Seul hic, les paroles ne veulent pas dire grand-chose. On peut d’ailleurs imaginer que l’intelligence artificielle a fait une sorte de grosse synthèse des mots et expressions les plus utilisés par l’artiste, mais on vous conseille fortement de vous pencher sur le texte de cette chanson, qui possède même sa propre page sur Genius.

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Le clip est lui aussi digne d’un support visuel de rap américain. On y voit le fameux TravisBott sortir d’une voiture de sport qu’on peut aisément imaginer assez onéreuse, rejoindre une femme assise sur une moto, puis s’ambiancer avec tous les gens présents (avec même un semblant de chorégraphie), pour finalement prendre le volant de son bolide.

Ned Lampert, le directeur créatif du projet, a expliqué l’intérêt de cette initiative. "Nous étions en quelque sorte fascinés. […] Nous avons choisi Travis Scott tout simplement parce qu’il est un artiste unique et qu’il a un son facilement reconnaissable avec toute une esthétique, à la fois audible et visuelle." Ned Lampert raconte par ailleurs que le bot a initialement généré des paroles sur la nourriture alors qu’il apprenait encore à imiter le style du rappeur de Houston. "Il y avait une phrase du genre : 'Je ne veux pas baiser ta nourriture de fête'", se remémore-t-il.

Si le résultat est encore perfectible, il laisse entrevoir le potentiel immense et la rapidité de l’avancement technologique dans ce secteur. Comme le rapporte cet article de Genius, la musicienne canadienne Grimes – qui vient d’ailleurs de signer son retour aujourd’hui avec "Delete Forever" – avait évoqué en fin d’année dernière la percée de l’IA dans les domaines artistiques. "Une fois qu’il y aura une véritable intelligence artificielle, elle sera tellement mieux que nous pour faire de l’art. […] Elle pourra totalement maîtriser les sciences et l’art. Cela pourrait arriver dans les dix prochaines années, mais plus probablement dans vingt ou trente ans", avait-elle déclaré lors de son passage au podcast Mindscape.

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En effet, bien que TravisBott montre que l’apprentissage automatique n’a pas encore dépassé les capacités humaines, la musique générée par l’IA continue de s’améliorer à un rythme effréné. À moins que celui que l’on surnomme La Flame ne soit en fait qu’un robot depuis le début ?

Par Guillaume Narduzzi, publié le 13/02/2020

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