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La réaction à chaud de Teki Latex après la fermeture du Social Club

Publié le

par Arthur Cios

Teki Latex a posté sur sa page Facebook un long post analysant la fermeture du club parisien, le Social Club, entre pragmatisme et nostalgie.

On ne présente plus ce bon vieux Teki Latex, connu pour son travail avec TTC puis avec le label Sound Pellegrino et plus récemment en tant que curateur des Boiler Room France. Celui qui squatte les platines des meilleurs clubs du monde a notamment passer pas mal de temps au feu Social Club, boîte parisienne qui va fermer ses portes dans quelques jours.

Ce dernier a profité d'un trajet direction Londres, où un Boiler Room a lieu ce soir, pour rédiger un texte spontané et intelligent faisant suite à l'annonce, en quatre points. Du changement de DA à la malhonnêteté de certains bookeurs/artistes en revenant sur ce qui faisait l'authenticité du club, alternant grosses têtes d'affiches et artistes plus pointus, pas nécessairement du milieu house/techno :

"1) Ca fait deux ans qu'on n'y allait plus, en ce qui me concerne le Social Club a cessé d'exister au moment où les gens à qui appartenait/ qui géraient le club ont commencé à s'embrouiller entre eux, laissant place à une programmation soit dégueue soit inexistante.

2) Les clubs changent de nom et alors ? On faisait des soirées au Triptyque dans les mêmes murs avant que ça ne s'appelle Social Club, on était là avant et on sera là après. Pour le "Cats & Dogs" apparemment, qui sera dans les mêmes murs.

3) Le Social était un club qui avait une image très (trop) forte associée à un certain type de musique et qui polarisait les gens. Vexés de se faire refouler à l'entrée ou refuser leurs line ups, certains types se sont construits en tant que promoteurs contre le Social et ont pris leur revanche quand le vent à tourné en faveur de la techno soi-disant "puriste" en reproduisant le même schéma à l'envers lorsqu'ils ont tenu les rennes de certains clubs.

Du coup au bout d'un moment par peur de ne plus être bookés ailleurs, beaucoup d'artistes et de labels ont voulu se dissocier du Social pour se refaire une crédibilité techno. De nombreux DJs qui pleurent aujourd'hui même la fermeture du club tentaient à un moment à tout prix à se défaire de leur image Social Club, associée aux bangers cyniques, au succès et à une forme de clubbing futile, donc peut être qu'il était temps de faire le deuil de cet endroit, même si...

4) le Social Club était un des rares lieux à paris où le public était vraiment métissé, varié, curieux et où certains artistes underground hors house ou techno 4/4 avaient le droit de cité. A la "grande époque" du Social en dehors des grosses soirées qui tabassaient il y avait aussi de la place pour des trucs plus pointus, notamment dans la configuration "Petit Social" la semaine.

Par exemple où peut-on aller aujourd'hui à Paris pour voir jouer des artistes anglais ou européens de "club music" hors house/tech de taille moyenne qui ont sorti quelques maxis excitants sur des labels underground ? Pas dans les petits clubs qui n'ont pas les moyens de les faire venir pour la plupart, ni dans les gros clubs qui ne prendront pas le risque de les faire jouer devant 300 personnes. Avant ces gens jouaient le jeudi ou le vendredi au Social. On parle de Paris comme une ville excitante pour danser aujourd'hui mais ça ne profite pas à tout le monde. Ce que je retiens de cette fermeture c'est bien le côté monochrome de la nuit parisienne en 2016".

A lire : On a posé quelques questions à Teki Latex, nouveau curateur des Boiler Room en France

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