AccueilMusique

Stem, l'application qui aide les artistes à traquer leurs royalties

Publié le

par Thibault Prévost

La start-up Stem, qui vient de lever 4,5 millions de dollars, propose d'aider les artistes à estimer et collecter leurs royalties sur Internet. Pas facile.

C'est un fait, les grands distributeurs de musique sur Internet ont les poches blindées d'oursins. En mars dernier, l'Adami, association française de gestion des droits des artistes, montrait en infographie le déséquilibre du taux de change entre les clics et la caillasse : au cours actuel, un billet de cent s'échange contre un million d'écoutes. Une situation de plus en plus difficile pour les artistes, qui ont désormais le choix entre des majors inaccessibles, des labels indé brinquebalants et des plateformes Web esclavagistes, quand certaines de ces dernières n'oublient tout simplement pas de les payer. À tous ceux qui parviennent à vendre leur musique, Stem propose un coup de main pour récupérer l'oseille.

La start-up, fondée l'année dernière à Los Angeles, offre un service très particulier : tenir les comptes des créateurs de contenu en ligne, estimer leurs recettes, les aider à diffuser leurs productions et, pour finir, aller frapper à la porte des diffuseurs pour récupérer l'argent. Stem est donc à la fois un agent, un comptable et une agence de recouvrement : un service complet pour lequel l'entreprise s'octroie 5 % des revenus de ses clients. Pour le moment, la niche semble porteuse, puisque la start-up vient de lever 4,5 millions de dollars. Pourtant, elle est loin d'être la première sur le marché.

YouTube paie peu, Facebook pas du tout

Depuis 2001, une alternative aux circuits de production traditionnels existe déjà : Kobalt. Née dans une ère pré-Facebook, l'entreprise, qui a levé 60 millions de dollars en 2015 auprès de Google et d'autres partenaires, travaillerait, entre autres, avec Paul McCartney, Boys Noize, Danger Mouse ou De La Soul. En mars dernier, la major Sony elle-même a lancé une application similaire pour aider les artistes (du moins, les siens)  à gérer leurs royalties. Plus ironique, Facebook  s'était également lancé dans le secteur en 2011 en nouant un partenariat entre son application de recensement de groupes BandPage et SoundExchange, une organisation gouvernementale américaine de distribution de royalties.

Ironique car, comme l'explique le site Re/code, Facebook a encore du mal avec le concept de rémunération de contenu, qui ne se limite pas à la production musicale. Alors que le réseau social se place de plus en plus clairement sur le marché de la diffusion de vidéos avec l'objectif de concurrencer YouTube (qui a encore énervé les syndicats d'artistes américains ce mois-ci), son architecture même pose de gros problèmes en termes de copyrights : elle permet à quiconque de reposter du contenu via son profil – le "freebooting" –, ce qui viole allègrement les droits d'auteur.

Voilà un nouvel obstacle dressé entre les artistes et leurs recettes que Stem, Kobalt ou les autres auront toutes les peines du monde à surpasser sans un coup de main de Mark Zuckerberg.

À voir aussi sur konbini :