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Spotify obtient un brevet pour venir fouiller dans nos cerveaux

Publié le

par Joséphine de Rubercy

La plateforme pourra écouter nos voix et détecter nos émotions pour faire des recommandations musicales personnalisées.

Une application sur smartphone qui écoute les bruits de fond et surveille nos paroles grâce à une intelligence artificielle. On se croirait au début d’un épisode de Black Mirror. Pourtant, cette histoire est bel et bien réelle. Spotify vient d’obtenir un brevet lui permettant d’écouter nos voix et de collecter nos données pour nous proposer ensuite des musiques adaptées à nos goûts et notre personnalité.

La société avait déposé ce brevet en 2018 et il a été approuvé le 12 janvier 2021. Selon Music Business Worldwide, la plateforme musicale pourrait être donc constamment en train d’écouter ce qu’on dit, mais aussi les bruits de fond, et récupérerait ainsi des informations sur l’âge, le sexe, l’état émotionnel, la langue et l’accent de ses utilisateurs.

Cette technologie s’appuierait sur des données telles que l’intonation, le stress ou le rythme de parole pour déterminer si une personne se sent heureuse, en colère, triste… Elle surveillera aussi constamment les sons provenant de l’environnement dans lequel la personne est : où elle est (à l’intérieur, dans la rue, dans les transports, en voiture…) et avec qui elle est (seule, en groupe, à une fête…).

Si, par exemple, Spotify capte des bruits de klaxon et sent que vous êtes stressé, la plateforme comprendra que vous êtes en chemin pour le boulot et ne vous proposera pas le même genre de musique que si elle vous entend rire avec d’autres gens. Spotify s’est justifié ainsi dans le brevet :

"Ce qu’il faut, c’est une approche différente pour recueillir les goûts d’un utilisateur, il faut plus particulièrement une approche fondée sur la technologie, plus efficace, afin que les besoins d’une activité humaine comme exiger qu’un utilisateur fournisse lui-même des informations sur son âge ou son genre, disparaissent partiellement."

Pour le moment, il est difficile de savoir si la technologie existe déjà ou si le brevet est spéculatif, comme on peut le lire dans le média Pitchfork. Reste donc à voir si nos recommandations musicales vont changer dans les jours à venir. Un peu flippant, tout ça…

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