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Spotify estime avoir "surpayé" les artistes et les éditeurs en 2018

La plateforme exige un remboursement de la part des ayants droit, après avoir versé plus d'argent que la loi ne l'exige.

Actuellement en plein conflit avec Apple, la plateforme de streaming musical Spotify n’est pas près d’améliorer ses relations avec les artistes et leur entourage. Car si la firme suédoise n’était jusqu’à présent pas vraiment réputée pour sa générosité, cette nouvelle affaire ne va certainement pas redorer son image. Comme l’affirme le site Digital Music News ainsi que d’autres médias américains, Spotify estime avoir "surpayé" les ayants droit en 2018.

Une erreur rendue possible par l’entrée en vigueur au début de l’année dernière d’une nouvelle loi : le "Copyright Royalty Board". Celle-ci tend à simplifier et assainir les relations et autres accords commerciaux entre les éditeurs musicaux et les services de streaming. Parmi les nouveautés de cette mesure, une nouvelle méthode de décompte des comptes familiaux et des comptes bénéficiant de la remise pour les étudiants – deux offres que l’on retrouve sur Spotify. Pour faire simple, il s’agit d’un moyen de pondérer les abonnements spéciaux par rapport aux abonnements normaux.

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Ainsi, un abonnement familial, qui est 1,5 fois plus cher qu’un abonnement classique, va compter comme 1,5 abonnement. Et ce peu importe le nombre d’utilisateurs (jusqu’à 6) sur un tel compte. Idem avec l’offre pour étudiant à moitié prix, qui représente désormais 0,5 abonnement. Or le géant suédois n’avait pas encore pris en compte cette nouvelle réglementation au moment de faire les factures l’année dernière, considérant chaque utilisateur payant comme un abonné au tarif classique. 

"Rends l’argent !"

Une erreur qui a donc augmenté les sommes que Spotify a dû verser. Aucun montant ou estimation de ce manque à gagner pour Spotify n’a filtré, mais l’entreprise compte bien récupérer son dû. En témoigne la démarche entamée par la plateforme de streaming, qui souhaite être remboursée. Et pour tenter de faire passer la pilule, Spotify propose aux ayants droit d’étaler les remboursements jusqu’à la fin de l’année 2019, en déduisant les montants qu’elle estime avoir versés en trop aux auteurs et éditeurs.

Une initiative qui, logiquement, ne passe pas vraiment auprès des éditeurs. Dans Variety, une source anonyme explique que "Spotify montre son vrai visage, celui d’une entreprise technologique froide n’ayant aucune considération pour les artistes". Pourtant, les éditeurs sont eux-mêmes régulièrement accusés de ne pas reverser assez d’argent aux auteurs, chanteurs et autres musiciens. Et ce nouveau rebondissement risque bien de faire pâtir une fois de plus les principaux concernés : les artistes.

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Une loi contestée par… Spotify

Le comble étant que Spotify conteste actuellement devant les tribunaux outre-Atlantique la mise en vigueur du "Copyright Royalty Board", tout comme d’autres grands groupes tels que Google ou Amazon, comme le souligne très justement Les Numériques.

Mais ce n’est pas la nouvelle méthode de décompte qui est contestée par les "géants du Web", mais plutôt l’augmentation prévue du taux de redevances aux ayants droit pour les services de streaming aux États-Unis. Ainsi, en accord avec cette nouvelle législation, celui-ci devrait augmenter de 44 % d’ici 2023. Une réglementation pas vraiment dans l’intérêt de Spotify, qui surveille plus que jamais ses comptes.

Par Guillaume Narduzzi, publié le 26/06/2019

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