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En écoute : de Kendrick Lamar à Rihanna, Sly5thave sublime le hip-hop américain

Publié le

par Louis Lepron

Il vient du Texas, s’appelle Sly5thave et propose des covers peu ordinaires, de Drake à Frank Ocean en passant par Kendrick Lamar.

C’est au hasard d’une playlist Spotify que je suis tombé sur le morceau. Dans un shuffle déconstruit qui passait à la fois du War on Drugs comme du Jonwayne, est arrivé un certain Sly5thave. De concert, une flûte traversière, un violon et un saxophone – non ce n’est pas le début d’une blague – prennent les devants lorsque le titre se lance.

La suite des accords fait résonner un air bien connu de ma mémoire. On dirait un morceau en prise avec les années 1920, une bande-son mondaine qui aurait pu coller à Gatsby le magnifique. Il n’en est rien, il s’agit de ce bon vieux Drake, et de son tube de 2013 "Hold On, We’re Going Home". Pas de couplet ni de refrain, seulement une track instrumentale.

Derrière Sly5thave se cache Sylvester Onyejiaka, un jeune homme originaire du Texas fasciné dès son plus jeune âge par la musique. Dans son enfance, il fréquente des églises pour jouer de la batterie après les prières ou se coller au piano qui traîne dans le coin. À 11 ans, il reçoit son premier saxophone dont il apprend à joue en autodidacte, avant d’intégrer un groupe.

Le début d’une obsession pour les notes qui va l’emmener à l’université du Texas où il va élargir ses goûts musicaux et collaborer avec d’autres formations exigeantes. Il sera notamment crédité sur Lab 2009, de One O’Clock Lab Band, un disque nommé aux Grammy Awards. La suite ne fera que confirmer son talent : Sylvester Onyejiaka va jouer aux côtés de grands musiciens, comme James Carter ou Charles Perry et fera une tournée avec Prince et son groupe, The New Power Generation.

Désormais à Brooklyn, il est Sly5thave, ou "Sly 5th Avenue". En 2015, il collabore avec ClubCasa Chamber Orchestra, un ensemble basé à New York, reprenant des grands titres récents de la pop et du hip-hop américains, que ce soit Kendrick Lamar ("Bitch Don’t Kill My Vibe") ou Bruno Mars ("Uptown Funk"), jouant même… lors d’une Boiler Room en août 2015.

Plus récemment, le compositeur a sorti en solo un EP de reprises dans la même veine, toujours aux côtés du ClubCasa Chamber Orchestra. On y retrouve des titres de Drake, Rihanna, Lil Wayne et Lauryn Hill ou encore Frank Ocean. "Pour It Up", "Super Rich Kids" et "Hold On, We’re Going Home" sont comme transférés dans des sphères intemporelles, élevées du rang de tubes à ceux de standards, débarrassés de leurs arrangements contemporains et électroniques.

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