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Clip : déchaînée, Shay sort le banger de ce début d'année, "Cocorico"

On en a profité pour poser quelques questions à la rappeuse belge sur ses accomplissements, l’argent, la féminité dans le rap et son prochain album.

Après avoir réglé ses comptes dans son premier single, "Jolie", Shay dévoile un second clip des plus intéressants avec "Cocorico". Un banger entêtant au possible, dans lequel la rappeuse belge n’hésite pas à aborder un thème sociétal récurrent : l’argent. Un sujet que l’artiste évoque avec une justesse notable. On en a profité pour lui poser quelques questions sur ses projets à venir, sa féminité et sa vision de la société.

Konbini | Comment est née cette idée de clip et de morceau liés à des questions sociétales ?

Shay | L’idée m’est venue naturellement : je parle d’argent depuis que j’ai commencé la musique. Pour moi, c’est normal. Dans un monde où très peu de choses n’ont pas de prix, je n’ai jamais compris pourquoi parler d’argent pouvait être tabou.

L’argent, c’est ton vœu numéro 1 pour cette nouvelle année ?

Je ne dirais pas "vœu numéro 1". Mon objectif premier dans la vie, c’est d’accomplir des choses dans ce monde et d’être heureuse. Maintenant, comme tout le monde, j’aimerais que ce pour quoi je me bats tous les jours me rapporte. Et pas qu’un peu. Mais faire beaucoup d’oseille n’est qu’une conséquence de la réussite, le vrai but, et donc mon souhait, c’est juste de réussir.

Selon toi, l’argent fait le bonheur ?

Parfois oui, parfois non. Je dirais qu’il peut acheter pas mal de choses pour y accéder. Mais pas tout.

"Métro-boulot-dodo" : c’est pour t’échapper de cette vie que tu as décidé de faire de la musique ?

Non, j’ai fait de la musique parce que c’est une passion.

"Ce n’est pas assez, 1 200 c’est comme si t’as pas" : il y a beaucoup de gens qui (sur)vivent avec moins de 2 000 euros par mois. Pour toi aussi, "se lever pour 1 200 c’est insultant" ?

Bien sûr. Après, tout dépend de l’endroit où tu vis avec ce montant, c’est sûr. Mais si on parle de pays comme la France, quand tu vois le prix des logements, de l’essence et du reste, tu te demandes juste comment on peut se permettre de se faire plaisir avec un salaire pareil.

Tu dis : "Ce n’est pas assez pour m’aider à quitter le binks. Ce n’est pas assez pour m’aider à y rester." Que révèle ce paradoxe ?

Que finalement ce qu’on nous propose ne nous permet pas de faire évoluer notre condition sociale, ni d’être satisfaits. Il nous faut plus de bif, plus d’opportunités.

Quel conseil donnerais-tu pour se faire un max d’argent et être libre de vivre sa propre vie ?

Il faut apprendre à se connaître, savoir ce qu’on aime vraiment et en faire son métier. Quand tu es bon dans quelque chose, ça finit toujours par payer.

À la fin du clip, tu reviens à la réalité. Est-ce également un parallèle avec le monde de la musique ?

On peut le voir comme ça, oui.

T’assumes toujours autant ta féminité dans ce nouveau clip. C’est important pour toi de t’émanciper en tant que femme dans le hip-hop ?

En tout cas, c’est important d’être moi-même et de ne pas jouer un rôle. Je suis féminine dans la vie de tous les jours, et c’est inenvisageable pour moi de me déguiser en homme parce que je fais du rap. Le rap n’appartient pas aux hommes. Et quand bien même ce serait le cas, j’en ai décidé autrement !

Tu nous sors encore un banger bien entêtant : il y en aura beaucoup sur ton album ?

Il n’y en aura pas tellement, quand j’y pense. L’album est bien plus introspectif que les extraits qui sont sortis jusque-là. Après, il y en a d’autres, mais sous des formes différentes. "Cocorico" est vraiment un titre unique.

À quoi peut-on s’attendre ?

À être surpris.

Par Guillaume Narduzzi, publié le 11/01/2019

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