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Bethany Cosentino, de Best Coast, dénonce le sexisme dans l'industrie musicale

Publié le

par Juliette Geenens

La chanteuse du groupe américain Best Coast raconte son expérience en tant que femme dans le monde de la musique sur le site Lennyletter.com. 

Bethany Cosentino de Best Coast doit se justifier d'être une femme avec une guitare car c'est, soi-disant, un instrument "de bonhomme".

Pendant longtemps Bethany Cosentino, chanteuse et guitariste de Best Coast, a gardé le silence. Peut-être parce que ses conditions de travail lui semblaient normales, peut-être pensait-elle que c'était ainsi que cela devait se passer, qu'il fallait accepter le système tel qu'il était établi. Mais quand elle a découvert les tweets d'Amber Coffman, membre de Dirty Projectors, au sujet de Heathcliff Berru, un attaché de presse très influent dans le milieu, elle a très vite changé d'avis.

Lundi 1er février, la chanteuse Amber Coffman a révélé sur Twitter avoir été sexuellement harcelée par un attaché de presse du nom de Heathcliff Berru.

"Je vient juste de me rappeler d'une histoire à propos d'un attaché de presse très populaire qui s'est frotté à mes fesses et qui m'a mâché les cheveux dans un bar, il y a quelques années."

"C'était quelqu'un que je connaissais à peine, que je venais juste de rencontrer. Il a fait ça devant quatre de mes amis mecs. Ça me met toujours autant en colère."

"C'était Heathcliff Berru, de Life or Death PR et de MGMT."

Devant ces révélations, Bethany Cosentino a décidé de sortir de son silence et de partager, elle aussi, son expérience de femme dans le monde de la musique. Chanteuse du groupe d'indie-pop américain Best Coast, créé en 2009, elle avoue s'être retrouvée dans des situations qu'elle estime anormales voire improbables. Son genre semble poser problème dans cette industrie ,notamment au niveau de ses relations professionnelles. Lena Dunham et Jenni Korner, créatrices d'une newsletter hebdomadaire nommée Lenny, lui ont offert une tribune dans laquelle, enfin, l'artiste décrit ce que cela fait d'être une femme musicienne dans un univers dominé par la gent masculine.

Entre les questions de journalistes qui frisent le ridicule ("Qu'est-ce que cela fait d'être une rockstar femme qui joue de la guitare ? On ne voit pas beaucoup de femmes avec des guitares"), les commentaires sexistes ("un critique qui faisait l'éloge d'un concert de Best Coast, qui spécifiait à quel point le groupe était génial et à quel point j'étais sexy, me reprochait de ne pas sourire assez") et les critiques qui n'auraient jamais été adressées à un artiste masculin ("Est-ce que quelqu'un à déjà traité les Beatles de bébé pleurnichards pour avoir chanté des paroles comme 'Ce garçon veut te reconquérir' ?'"), Bethany Cosentino a fait un premier pas pour briser le tabou de la condition féminine dans l'industrie musicale.

En France, le monde de la musique n'est pas plus clément avec les femmes : Ondine Benetier, rédactrice pour la Blogothèque, a écrit un long papier, publié par Slate, dans lequel elle témoigne et partage des histoires qu'elle a recueillies auprès des femmes travaillant dans le milieu de la musique, qu'elles soient journalistes, ingénieures du son, productrices, attachées de presse, artistes... Elle y souligne que "la culture du sexisme dans cette industrie n’a pas beaucoup évolué depuis qu'elle a cessé d’être un repaire de vieux roadies et managers pour lesquels les filles ne sont que de simples faire-valoir passe-Kronenbourg."

La lettre de Bethany Cosentino, en anglais, est disponible dans son intégralité ici. Le témoignage d'Ondine Benetier est à lire ici.

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