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Rosie Lowe, la mélancolie pop

Publié le

par Constance Bloch

"Who's That Girl?", c'est le nouveau morceau dévoilé cette semaine par la mystérieuse Rosie Lowe. Un titre qui soulève également la question suivante : qui est donc cette jeune femme à la voix si envoûtante ? À l'aube de la sortie de son premier album, zoom sur l'une des artistes les plus prometteuses de 2015.

Crédits image : DIY Mag

Comme une bombe à retardement, cela fait un petit moment déjà que le talent de Rosie Lowe s'apprête à exploser au grand jour. Depuis presque deux ans, la jeune femme délivre des chansons au compte-gouttes. Ses titres sont toujours ultra-maîtrisés et teintés d'un je-ne-sais-quoi de très raffiné. Une élégance mélodique qui mêle de la soul, du R&B et de la pop, portée par une voix cristalline et profonde, qui vient nous prendre par la main et nous entrainer dans un monde à la mélancolie caressante.

Rosie Lowe est née et a grandi à Devon, dans le sud de l'Angleterre. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle est tombée dedans quand elle était petite. Benjamine d'une fratrie de six enfants, son père est un saxophoniste de jazz, et sa mère une artiste. "Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours chanté. J'ai étudié la musique tout au long de ma scolarité, et j'ai toujours écrit", raconte la jeune femme au magazine Idol.

Tout naturellement, elle a été bercée par les mélodies jouées par son père. Même si sa mère écoutait beaucoup de R&B, c'est par le jazz qu'elle était passionnée. "Quand j'avais 7 ou 8 ans, j'étais obsédée par Ella Fitzgerald et Billie Holiday", se souvient Rosie Lowe. "J'avais l'habitude de retranscrire des solo de saxo."

À la croisée des genres

La musique – et les Spice Girls, qu'elle adorait – a donc accompagné la croissance de la jeune Anglaise qui a toujours voulu devenir chanteuse et n'a "jamais eu de plan B". Multi-instrumentaliste (elle en joue sept), elle écrit et compose elle-même ses morceaux, qui en disent long sur elle-même, comme elle le confie à The Whine House Mag :

Une des plus grandes parties de moi-même, c'est que j'écris la musique, et que ça vient de mes entrailles. C'est comme ça que j'aime chanter, quand je la ressens, quand ça résonne.

Outre des morceaux remplis de sensibilité et d'émotion, la jeune femme a construit un univers visuel très sophistiqué. Ses clips sont léchés et s'inscrivent dans une esthétique très cinématographique (comme le sublime "How'd You Like It"). Beaucoup de jeux de lumières et de matières viennent épouser le visage et les formes de Rosie Lowe. Mais si elle apparaît toujours dans ses vidéos, c'est toujours avec sobriété.

La jeune femme aime mélanger les genres et les influences dans la musique, mais pas que. En effet, elle joue avec son corps et sa voix de façon à brouiller les pistes. Elle explique :

C'est très important pour moi que la musique arrive en premier. Je suis très intéressée par l'androgynie car la musique n'a jamais eu de genre pour moi. J'ai toujours écouté de la musique en me détachant de l'image, donc c'est important pour moi que les gens ne se focalisent pas sur le fait que je sois une femme ou un homme, mais sur la musique en elle-même [...] Je joue beaucoup avec ma voix pour faire ressortir mon côté masculin, pour brouiller les lignes du genre.

"Il y a vraiment une génération de femmes de pouvoir"

Ses idoles sont des femmes fortes. "J'adore Jessie Ware et FKA twigs, elles ont toutes les deux tellement d'intégrité et de contrôle sur leur image. Il y a vraiment une génération de femmes de pouvoir", raconte-t-elle. Et si elle aime aussi beaucoup Beyoncé, elle regrette que cette dernière sexualise trop son corps :

Je suis une très grande fan de Beyoncé, mais je trouve très triste le fait que ses clips soient si sexualisés. De mon point de vue, si tu les regardes et que tu te sens mal à l'aise, c'est que ça va trop loin. Tu ne devrais pas faire en sorte que ton public féminin se sente mal par rapport à leur corps en sexualisant trop le tien.

Rosie Lowe a une idée très précise de là où elle veut aller, et de comment y arriver. Souvent comparée à Lorde ou encore Banks, la jeune femme a pourtant quelque chose de bien différent.

À 24 ans et après son premier excellent EP Right Thing sorti fin 2013, elle s'apprête à délivrer un premier album avec le label de Paul Epworth, qui compte des artistes comme Adèle ou Florence & The Machine. Et si l'on se base sur les premiers extraits, on peut présager des grandes choses pour Rosie Lowe.