(Crédit image : Louis Lepron)

Roméo Elvis signe un retour fracassant avec un nouvel EP surprise

Un EP explosif.

Après une année 2019 particulière, faite de sorties médiatiques plus ou moins contrôlées et d’un premier album inconstant, Roméo Elvis est de retour. En cette période de confinement, l’artiste belge a décidé de nous faire visiter sa Maison le temps de quatre morceaux et un interlude, et de revenir à la formule qui a fait son succès. Il y partage ses humeurs, ses avis, ses observations, sans aucun filtre (ni featuring d’ailleurs). 

Cet EP marque également le retour à un format que le rappeur maîtrise à la perfection. Enregistré juste avant le confinement et finalisé pendant, le projet atteste la volonté de Roméo Elvis de faire la musique qu’il aime, plus instinctive et moins réfléchie et calculée que ce qu’il proposait au moment de la sortie de Chocolat l’année dernière. 

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Les prod', signées Todiefor, VYNK, Le Motel, Phasm et le collectif La Miellerie, se révèlent intéressantes et incisives. En témoigne celle de "Défoncé", première track de l’EP, sur laquelle celui qui est régulièrement confondu avec Lomepal (et s’en amuse sur les réseaux sociaux) nous fait voyager avec lui le temps d’une balade nocturne. "Chaud" est un titre dans lequel l’artiste revient sur son ascension rapide, et se révèle assez propice pour "turn up". Dommage qu’il n’y ait pas de festival cet été pour voir ce que cela donne sur scène.

Cet "Interlude", calé au milieu de la tracklist, traduit le souhait de se recentrer uniquement sur la musique, et explique à lui tout seul le concept de l’EP à la façon d’une notice. "Gonzo" est probablement le morceau qui prouve le mieux ce retour axé sur le rap. Avec son instrumentale mystérieuse, et toujours quelques tacles adressés à la classe politique et certains éditorialistes (coucou Zemmour), la piste permet de rentrer dans la tête de Roméo Elvis. Le morceau est celui qui lui est venu "le plus instinctivement", comme il nous le confesse lui-même. Mais aussi celui qui se rapproche le plus de la recette qui lui a permis d’émerger avec ses deux projets Morale

L’outro "Vinci" montre un artiste plein d’idées, qui a parfois du mal à canaliser cette inspiration débordante. On y découvre le rappeur avec une voix plus "cartoonesque", et une fin de projet qui devrait vous rappeler Vivement dimanche prochain. En résulte un EP, court certes (c’est le principe), mais en accord avec l’univers développé par l’artiste depuis le début de sa carrière. Cohérent, nerveux, et teinté de la personnalité haute en couleur du bonhomme. L’EP idéal pour patienter avant l’arrivée d’un nouvel album, prévu avant la fin de l’année.

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Par Guillaume Narduzzi, publié le 24/04/2020