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Rolling Papers a 10 ans : voici 3 choses que vous ne saviez pas sur l’album de Wiz Khalifa

Publié le

par Joséphine de Rubercy

Wiz Khalifa Rolling Papers

À l’occasion de cet anniversaire, le rappeur a publié une nouvelle édition du projet avec un refrain inédit de Nipsey Hussle.

Le 29 mars 2011, Wiz Khalifa sortait Rolling Papers et se voyait propulsé au rang de star. Cet album iconique comprend notamment les titres "No Sleep", "Roll Up", "When I’m Gone", "On My Level", et bien sûr, le fameux "Black and Yellow", single à succès certifié six fois platine. On retrouve des collaborations avec Too $hort, Chevy Woods et Curren$y. Rolling Papers, qui reste le seul album double platine de Wiz, fête ses 10 ans cette semaine.

À cette occasion, l’artiste de Pittsburgh a sorti une nouvelle édition de luxe avec un remix de "Hopes & Dreams" avec Nipsey Hussle, dont le couplet avait à l’époque été coupé de l’album original en raison de problèmes de droits, ainsi qu’un "G-Mix" du célèbre "Black and Yellow". Et nous, on profite de cet anniversaire pour vous dévoiler 3 choses que ne saviez (peut-être) pas sur Rolling Papers, le premier album pop rap de la carrière de Wiz Khalifa.

Son premier album pop rap, impulsé par des producteurs norvégiens

À l’époque, Wiz Khalifa surfe sur le succès de sa mixtape Kush & Orange Juice, sortie en avril 2010, qui lui a permis de se faire un nom sur la scène hip-hop. Sortie chez Taylor Gang Records et Rostrum Records, elle est ensuite mise en ligne gratuitement sur le compte Twitter du rappeur. Alors qu'il a sorti ses deux albums précédents, Show and Prove et Deal or No Deal,  en indépendant, la récente ascension de Wiz attire l’attention de l’industrie musicale et lui vaut d’être au centre d’une guerre des enchères entre différents labels.

Il signe finalement chez Atlantic Records et commence à travailler avec le duo de producteurs norvégiens Stargate, connu pour avoir travaillé sur de célèbres morceaux R’n’B tels que "Unfaithful" de Rihanna ou "So Sick" de Ne-Yo. Cette collaboration marque le début d’un tournant dans sa carrière, un point de départ vers une nouvelle direction artistique. Wiz Khalifa passe du statut de "rappeur de fumette" avec un style 100 % trap énervée à celui de rappeur mainstream et célèbre au style pop rap. Porté par le single "Black and Yellow", produit par Stargate donc, Rolling Papers incarne cette nouvelle formule aux sonorités pop et R'n'B de l’époque. Les instrus ne ressemblent pas aux prods qu’on lui connaissait avant, et le traitement du son est différent. Cette recette inédite est alors critiquée par les aficionados du rappeur, mais elle fonctionne. Pour Wiz, c’est l’explosion de sa carrière et le début d’un succès planétaire.

"Black and Yellow", ou la célébration de la petite ville de Pittsburgh

"Black and Yellow", c’est le morceau de Rolling Papers, voire de la carrière de Wiz Khalifa. Celui qui l’a porté vers la gloire et que tout le monde a chanté (ou hurlé) pendant l’année 2010. Mais aussi celui qui a élevé la ville pennsylvanienne de Pittsburgh au rang mondial. À l’origine, Khalifa a écrit "Black and Yellow" avec l’intention d’en faire l’hymne des Steelers de Pittsburgh (équipe de football américain), dont les couleurs sont le noir et l’or. Ce sont aussi celles des Penguins (hockey), des Pirates (baseball) et du drapeau de la ville.

Le single, sorti en septembre 2010, a rapidement été adopté par les supporters et les habitants. Si bien que, lors de la finale du Superbowl qui opposait les Steelers et les Packers, le 6 février 2011, le rappeur s’est retrouvé à interpréter "Black and Yellow" avant le match, à l’unisson avec les fans en liesse. La semaine du tournoi, le morceau a atteint la tête des charts. Une émulation incroyable s’est créée autour du son, de l’équipe des Steelers, et donc… autour de la ville de Pittsburgh. En parallèle, d’autres artistes de cette ville commencent à faire parler d’eux et amplifient l’enthousiasme qui gravite autour d’elle. C’est notamment le cas d’un certain… Mac Miller.

En plus d’un changement artistique, une autre façon de faire un album

Adieu les mixtapes à l’ancienne, et bonjour le studio. Avec ce disque, Wiz Khalifa change sa façon de faire. Le rappeur passe beaucoup plus de temps à travailler en studio. Tellement, qu’il ne prend plus le temps d’écrire ses textes comme il le faisait avant : sur papier et en entier. "J’ai arrêté d’écrire physiquement, déclare-t-il, je fais ça sur mon BlackBerry ou mon iPhone. J’écris des notes, mais je n’écris plus de couplets entiers, c’est comme si j’avais dit au revoir au papier. À part les papiers à rouler." Papiers à rouler, rolling papers en anglais, soit le titre de l’album. Ce titre est effectivement un hommage au papier à rouler, et donc à la weed qu’il aime tant, mais aussi un adieu à une façon de créer et de travailler un album. Le papier pour lui ne représentera maintenant que celui qu’il fume, et plus celui de l’époque révolue des paroles écrites à la main. Car en 2010, tout se fait désormais en live au studio.

L’autre chose qui change avec Rolling Papers, c’est l'état d’esprit de Wiz. Sur ce premier gros album, il peut se permettre des collaborations avec des artistes plus imposants. En plus d'artistes moyennement connus comme Chevy Woods et Curren$y, notre rappeur aurait pu avoir n’importe qui parmi les grands (même Drake lui a proposé un partenariat), mais il n’en a choisi qu’un seul : Too $hort. Et c’est assez significatif. Too $hort, c’est un peu le parrain de tout ce que Khalifa aime : cette cohorte de rappeurs hédonistes des années 1980 qui embrassent la philosophie du carpe diem. Parmi tous les vétérans de cette époque, c’est avec lui que l’artiste fait un featuring sur "On My Level", comme une belle passation de pouvoir.

Depuis, Wiz Khalifa continue d’inviter et de travailler avec des rappeurs émérites qu’il adore et à qui il veut rendre hommage. Par exemple, quelques semaines après la sortie de Rolling Papers, il bosse sur le film Mac and Devin Go to High School avec Snoop Dogg et signe Juicy J. Ils sont d’ailleurs tous les deux présents sur le remix de "Black and Yellow" dans la nouvelle édition de l’album. En 2021, c’est la marque de la constance dont Khalifa fait preuve dans sa volonté d’honorer ses aînés. Et ça, ce n’est pas le cas de tous les rappeurs. Merci Wiz.

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