The Chronic de Dr. Dre est désormais archivé dans la bibliothèque du Congrès à Washington

Pour l'occasion, retour sur l'histoire de cet album culte.

Dévoilé en l’an de grâce 1992, The Chronic, le premier album studio de l’illustre Dr. Dre, définissait les codes du hip-hop californien et de la G-funk. Pitchfork rapporte que ce monument musical, dont la portée reste aujourd’hui intacte, est désormais archivé dans la bibliothèque du Congrès à Washington. 

The Chronic, une œuvre d’utilité publique 

La bibliothèque du Congrès, créée par le président John Adams, est l’institution culturelle la plus ancienne des États-Unis. En tant qu’organe de recherche du Congrès américain, son but est de préserver la connaissance du pays. Plus grande bibliothèque du monde, elle compte des millions de livres, enregistrements et photographies qui ont fait l’Histoire. 

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Le Registre national des enregistrements, qui gère la collection des enregistrements préservés dans la bibliothèque, a donc décidé de placer The Chronic parmi ses archives. L’institution a en outre affirmé sa volonté de "refléter des moments historiques, capturés par les voix et les sons de l’époque".

Un projet important pour Dr. Dre

Dr. Dre dévoile The Chronic en 1992, sous son propre label, Death Row Records. Un premier album qu’il sort suite à son départ de son ancien groupe NWA et de son ancien label Ruthless Records. 

Fondé en 1991 par Suge Knight et Dr. Dre lui-même, Death Row Records devait bientôt révolutionner le monde du hip-hop, et produire des légendes telles que Snopp Dogg, Tupac ou encore Nate Dogg. Afin de marquer le lancement de son nouveau label, Dre devait taper fort. 

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Un album qui a modelé le rap californien

Avec The Chronic, Dr. Dre s’impose en tant que maestro précurseur du rap West Coast. Premièrement, le rappeur et homme d’affaires instaure un nouveau style, le G-funk. Des sonorités chaudes typiquement californiennes, mêlées aux rythmiques agressives du gangsta rap : Dre impose sa signature. 

Deuxièmement : Snoop Dogg. Présent sur la majorité des titres de l’album, celui qu’on surnommera le Doggfather s’illustre avec virtuosité tout au long du projet. Sa performance avait en outre été remarquée depuis la sortie du single "Nuthin' but a G'Thang". 

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Le flow paresseux de Snoop Dogg, ainsi que ses gestes nonchalants, contrastent avec la combativité habituelle du gangsta rap de l’époque, et cette originalité séduit. "Nuthin' but a G'Thang" connaît un succès fulgurant en 1993. La carrière d’Uncle Snoop amorce un vif décollage. 

Le reflet d’une époque 

Outre la musicalité, Dr. Dre aborde également des faits de société importants de l’époque. Par exemple, dans "The Day the Niggaz Took Over", le rappeur évoque la mort de Rodney King, un Afro-Américain décédé des suites des blessures d’un passage à tabac par des policiers : "Me not out for peace and me not Rodney King."

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C’est un véritable monument qu’a érigé Dr. Dre, en révolutionnant la manière de penser le hip-hop et la perception que le public avait du gangsta rap. Comme le rappelle Snoop Dogg dans "Fuck wit Dre Day" : "Death Row is in the motherfuckin' house."

The Chronic, un album qui a donc modelé l’histoire de la musique, et qui est autant ancré dans son époque par ses enjeux qu’intemporel par sa portée. Une œuvre qui mérite donc d’être préservée.

Par Hong-Kyung Kang, publié le 26/03/2020