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Le grand retour du vinyle : au Royaume-Uni, ses recettes ont dépassé celles du téléchargement

Publié le

par Louis Josse

NWA: Straight Outta Compton © Universal Pictures

Le vinyle se refait une place au soleil : la semaine passée, les recettes liées à la vente de ces derniers ont dépassé celles du téléchargement légal. Une sacrée surprise. 

N.W.A. - Straight Outta Compton. (© Universal Pictures)

Les chiffres, révélés par Entertainment Retailers Association (ERA), ne traduisent pas un écart énorme : 2,4 millions de livres sterling pour le vinyle la semaine dernière au Royaume-Uni, contre 2,1 millions pour le téléchargement. Mais le seul fait que la musique dématérialisée ait été dépassée par son ancêtre constitue une première, d'autant que le vinyle a vu ses ventes multipliées par deux depuis l'année dernière, pendant que le téléchargement faisait le chemin inverse.

À quoi doit-on une telle résurgence ? La solide installation du streaming, via des plateformes à l'image de Spotify, a considérablement changé le paysage de la consommation musicale, faisant reculer le téléchargement. D'autre part, comme le suggère Kim Bayley, directeur général de l'ERA, l'approche de Noël tend à gonfler considérablement les ventes de vinyles, comme cadeau musical mais aussi... décoratif. Un sondage récent relayé par la BBC montrait ainsi que près de 48 % des acquéreurs ne comptaient pas écouter leur vinyle fraîchement acheté. Libre à eux.

Reste que ce revirement dans la consommation de musique "tangible" en étonne plus d'un : passé tout près de l'extinction au milieu des années 2000, puis réservé à une niche d'amateurs et connaisseurs, le vinyle connaît une renaissance d'ordinaire propre à un nouveau format. Le microsillon tel qu'on le connaît est pourtant plus proche du siècle d'existence que de ses débuts.

"C'est une nouvelle preuve de la capacité qu'ont les fans de musique à tous nous surprendre, a confié Kim Bayley. [...] Nous avons une nouvelle génération qui achète des vinyles, beaucoup d'adolescents et de personnes ayant moins de 25 ans qui veulent écouter leurs artistes favoris en vinyle, et avoir quelque chose de plus tangible, de plus 'collectionnable'. [...] C'est très difficile de démontrer son soutien à un artiste lorsque l'on ne possède pas quelque chose de physique."

Pour autant, le vinyle n'en est pas encore à inonder le marché musical. Son coût largement supérieur (en moyenne 15 euros de plus) peut être prohibitif : les téléchargements sont toujours deux fois et demie plus nombreux, mais rapportent tout simplement moins. Et il semble bien que l'attrait pour le support physique ne soit pas prêt d'être remplacé dans le cœur des fans.

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