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Rage Against the Machine se remet en mouvement, motherfucker

Publié le

par Thibault Prévost

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Rage Against the Machine a lancé un nouveau site, Prophets of Rage, qui affiche un simple compte à rebours. Avant un improbable retour le 1er juin ?

"Fuck ya, I won't do what you tell me" : si vous avez grandi en Occident dans les années 1990 et 2000, ce hurlement est irrémédiablement associé à la touffe de dreadlocks épileptiques, la chemise rouge sang et le poing dressé comme un phare de Zack de la Rocha, le MC colérique de Rage Against the Machine, le groupe le plus politisé de la fin du siècle dernier, à cheval entre anticapitalisme, défense des droits civiques et altermondialisme. Dissous à l'aube du troisième millénaire, le quatuor laissera dans son sillage rageur quatre albums incandescents, une flopée de happenings et quelques hymnes contestataires indissociables de toute bonne crise d'adolescence qui se respecte. Quinze ans après sa dissolution et huit ans après son éphémère reformation, Rage Against the Machine semble à nouveau remuer.

Selon NME, le groupe serait derrière la mise en ligne d'un site, Prophets of Rage, qui affiche un simple compte à rebours prenant fin le 1er juin. L'horloge est accompagnée du hashtag #TakeThePowerBack, titre d'une chanson du premier album du groupe. "Prophets of Rage" est également le titre d'une chanson de Public Enemy, dont RATM a en son temps partagé les idées, les textes et même la scène. Chuck D, MC de Public Enemy, s'est quant à lui mis à partager des clips du groupe sur Twitter, et de mystérieux posters rouge et noir arborant le nom de domaine "Prophets of Rage" ont fleuri sur les murs de Los Angeles, d'où Rage Against the Machine est originaire. Pour les fans du groupe, l'espoir de voir Public Enemy et RATM tourner ensemble est désormais permis.

Depuis sa reformation en 2007 et sa dernière date en 2011, Rage Against the Machine ne s'est jamais officiellement séparé. L'année dernière, dans une interview à NME, le bassiste Tim Commerford expliquait que les musiciens formaient "toujours un groupe", et qu'ils "pourraient à nouveau jouer ensemble". Et si l'idée d'entendre à nouveau résonner les tonitruants Know Your Enemy, Freedom ou Bulls on Parade sur scène fait saliver, la simple hypothèse du retour en studio d'un groupe aussi lourdement armé musicalement, textuellement et politiquement dans le contexte social américain actuel – voire, dans le pire des cas, sur fond d'élection de Trump – est absolument jubilatoire.

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