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Quatre artistes se cotisent pour sauver la maison natale de Nina Simone

Publié le

par Chayma Mehenna

©Netherlands National Archive/Wikipedia

La maison dans laquelle Nina Simone a grandi était à vendre : quatre artistes ont donc rassemblé leurs économies pour préserver la mémoire de cette artiste militante. 

Nina Simone en 1965. (© Archives nationales néerlandaises/Wikipedia/CC)

Eunice Kathleen Waymon est née le 21 février 1933. Sa mère a accouché dans la maison familiale, située au 30 East Livingston Street d'une petite ville nommée Tyron, en Caroline du Nord. Sixième enfant d'une famille très nombreuse, elle y a longtemps vécu. Faute de moyens (ils n'avaient même pas l'eau courante), Eunice a commencé par travailler dans une boîte de nuit miteuse, où elle a adopté le nom de scène "Nina Simone", pour éviter que sa mère ne l'apprenne. Nul besoin de présenter ce nom, vu l'ampleur de l'héritage musical incontestable qu'elle a laissé derrière elle.

À sa mort en 2003, la maison a été laissée à l'abandon, avant d'être rachetée deux ans plus tard par un fan. D'après le New York Times, le proprio de ce lieu de mémoire, Kevin McIntyre, a dû la remettre sur le marché l'année dernière, à la suite de difficultés financières. Il s'était attaché à restaurer ce lieu comme il le pouvait, malgré le peu de moyens à sa disposition.

Face à la possibilité qu’un promoteur ne rase la bâtisse, quatre artistes ont rassemblé leurs économies afin de la racheter et de la préserver, pour 95 000 dollars (soit 90 000 euros). Ils s'appellent Adam Pendleton, Rashid Johnson, Ellen Gallagher et Julie Mehretu. Ces artistes Afro-Américains refusent de voir le berceau d’une telle légende de la musique disparaître. Leur achat est autant un geste artistique que politique, Nina Simone restant une figure tutélaire du mouvement des droits civiques.

Nina Simone ne l'a jamais caché à personne : elle a souvent été victime de racisme et ce dès sa plus jeune enfance. Arborant un turban de soie, elle chantait sur scène des compositions délicates exposant ses souffrances, ses malheurs et ses espoirs, marquant comme elle le pouvait les esprits. Ce qu'elle exprimait n'a jamais fait consensus et a notamment dérangé de nombreux habitants de sa ville natale. C'est sans doute la raison pour laquelle un projet de statue à son effigie a fini par échouer. Ce que beaucoup considéreraient comme étant un taudis est donc un symbole de liberté et de combat, qu'il serait bien dommage de laisser partir.

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