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Qualifié de "rappeur islamiste", Médine porte plainte contre une députée LREM

Publié le

par Joséphine de Rubercy

Facebook / Médine

Dans un entretien avec Mediapart, le rappeur a annoncé avoir porté plainte pour diffamation contre la députée LREM Aurore Bergé.

Ce mardi 23 février, le rappeur Médine a annoncé dans un entretien avec Mediapart avoir porté plainte pour diffamation contre la députée de la République en Marche Aurore Bergé. "Elle me colle une idéologie qui n’est, bien sûr, pas la mienne. C’est la fois de trop. J’attends une condamnation et des excuses publiques", explique-t-il au site d’information.

Le 18 février dernier, l’élue des Yvelines invitée sur le plateau de LCI avait accusé l’artiste d’être un "rappeur islamiste" et d’avoir "appelé au meurtre" en disant notamment "qu’il fallait tuer des laïcards" dans son titre "Don’t Laïk" paru en 2015. En évoquant le débat sur l’islamo-gauchisme dans les universités françaises lancé par la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, la députée Aurore Bergé a tenu ces propos :

"Quand à l’ENS, vous avez ce rappeur islamiste Médine qui est invité, celui qui disait qu’il fallait 'tuer les laïcards' dans notre pays, est-ce que c’est légitime qu’une école aussi prestigieuse donne la parole à celui qui appelle au meurtre ?"

Médine avait participé à un séminaire de l’ENS (École normale supérieure) en 2017.

Le rappeur a donc tenu à se défendre car selon lui "c’est [son] honneur qui est mis en jeu". Concernant sa chanson "Don’t Laïk", il affirme que madame Bergé, également présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée nationale se "trompe de citation" et tient à clarifier les choses auprès de Mediapart :

"La citation précise est : 'Crucifions les laïcards comme à Golgotha.' C’est une phrase à ne pas sortir de son contexte. Si on le fait, elle change de sens. Le morceau est une succession d’absurdités, d’oxymores. Cela correspond à un type d’écriture qui exacerbe les choses. La finalité étant d’exorciser la laïcité et lui redonner ses lettres de noblesse. Quand on veut exorciser quelque chose, c’est pour le déposséder de ses démons."

"C’est mon honneur qui est mis en jeu"

Dans un moment où la France est plongée au cœur de la polémique sur "l’islamo-gauchisme" et de la loi contre les séparatismes, le rappeur du Havre estime qu’être "musulman, avec une barbe et issu de l’immigration" aujourd’hui fait de lui "une sorte d’épouvantail que certains politiques, en manque de buzz et ayant besoin de visibilité, utilisent régulièrement pour relancer le débat sur la présence musulmane en France".

"J’assiste au revirement médiatique de cette frange du gouvernement qui est en train de se radicaliser en adoptant un discours plus à droite, voire à l’extrême droite" ajoute-t-il. Avant de préciser : "Je vais demander la totale : dommages et intérêts. C’est mon honneur qui est mis en jeu."

En intentant cette action en justice, Médine souhaite "rentrer dans quelque chose de serein où l’on parlera des faits et où l’on arrêtera de spéculer ou de rajouter du bruit en inventant des propos [qu'il n'a] jamais tenus". Il espère surtout "montrer à celles et ceux qui subissent des brimades ou des fausses accusations, comme celles portées à  [son] encontre, que l’on peut agir et dire 'Stop, c’est terminé'".

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