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Prince et le cinéma, quand la musique crève l'écran

Publié le

par Juliette Geenens

Musicien de génie, Prince s'est aussi fait place dans le septième art, en tant qu'acteur, réalisateur et compositeur de bande-originale. Ses chansons ont bien sûr également été utilisées dans de très nombreux films au fil des ans.

Prince dans le clip de "Batdance", titre phare de la BO du Batman de Tim Burton (1989).

Les hommages se multiplient après la mort, le 21 avril 2016, du chanteur-compositeur américain Prince. Trente-neuf albums studio, des millions de disques vendus, des tournées spectaculaires et une multitude de prix : la carrière de l'artiste est immense. Mais si l'on évoque sa musique, impossible de rendre correctement hommage au personnage sans évoquer le cinéma, qu'il chérissait tant. Retour en image et en chanson sur la relation qu'entretenait Prince avec le septième art.

Prince à l'écran et derrière la caméra

Purple Rain, film dirigé par Albert Magnoli, dont la bande-originale fit de lui une superstar, s'inscrit comme un épisode incontournable de la carrière de Prince. Sorti en 1984, Purple Rain est œuvre complète de bout en bout, qui suit l'évolution d'un jeune musicien tentant de devenir un artiste accompli. Prince joue The Kid, le rôle principal de cette histoire, qui n'est autre que la sienne, certes plus romancée.

Prince aux côtés de l'actrice Apollonia Kotero dans <em>Purple Rain</em>. (© 1984 - Warner Bros.)

Mais Purple Rain est loin d'être le seul long métrage auquel l'artiste américain a prêté son image. Dans Under the Cherry Moon (1986), coréalisé par Michael Ballhaus (non crédité au générique) et Prince himself, il joue le rôle d'un pianiste opportuniste, installé en en France, sur la Côte d'Azur, qui charme de riches femmes pour s'approprier leur argent. Un rôle qui ne pouvait pas mieux lui convenir, quant on sait que Prince s'affichait régulièrement avec de célèbres et jolies femmes, dont la mannequin Carmen Electra.

Dans le casting, figurent le comédien et danseur Jerome Benton mais surtout Kristin Scott Thomas, qui incarne une future riche héritière, qui ne laisse pas le personnage de Prince insensible. La BO d'Under the Cherry Moon prend la forme de l'album Parade, un immense succès, avec notamment les tubes incontournables qu'ont été "Girls & Boys" et, bien entendu, "Kiss".

Quelques années plus tard, en 1990, il réalise et joue dans Graffiti Bridge, présenté par IMBD, comme "le sequel non officiel de Purple Rain.Il endosse, de nouveau, le rôle du Kid, qui doit faire face, comme dans Purple Rain, à son rival de toujours, incarné par Morris Day, une vieille connaissance du musicien, ancien membre de son premier groupe. Graffiti Bridge, sans être un échec, n'est encensé ni par la critique ni par le grand public.

Le concert de la mythique tournée européenne Sign "☮" the Times, enregistré en 1987, n'est certes pas un film à proprement parler, mais reste un classique immense à ce jour. Sa diffusion en salle ne remporte par le succès escompté mais la critique est unanime : Prince, lors de cette série de concerts, est au sommet de sa gloire et de son talent.

Non content de réaliser et de jouer dans ses films, Prince, grand perfectionniste qu'il était, a également composé pour ses créations cinématographiques. S'il avait composé l'album Purple Rain exprès pour le film, il a aussi nourri ses deux autres longs métrages de ses morceaux, dont il avait parfois déjà un bon nombre en stock. Pour Under the Cherry Moon en 1986il utilise plusieurs  titres de l'album Parade, sorti la même année, dont "Girls & Boys", qui illumine le film. Pour Graffiti Bridge, un opus du même nom est paru en 1990, mais il n'atteindra pas les sommets de Purple Rain. 

La musique de Prince dans le cinéma

La bande-originale de l’incroyable Batman (1989) de Tim Burton offre à Prince l'une des grandes fulgurances de sa carrière. Au départ, le réalisateur avait demandé au musicien d’utiliser deux morceaux, "1999" et "Baby I’m a Star". Prince a tout simplement préféré composer un album entier en six semaines pour accompagner le long métrage, utilisant notamment des samples de phrases tirées du film.

Une des scènes les plus cultes du film de Burton restera liée à la musique de Prince : l’arrivée du Joker et de sa bande dans le musée de Gotham pour saccager les œuvres, dansant sur fond de "Partyman".

Mais si nous ne devions retenir qu’une chose de cet album, n°1 des charts six semaines durant, ce serait probablement le clip de "Batdance", où Prince est accompagné de cinq Batman et cinq Joker pour une chorégraphie parfaite.

Il se réessaye à l’exercice en 1996 pour le film Girl 6 de Spike Lee. Cette fois, le chanteur et le cinéaste utilisent principalement des morceaux déjà enregistrés et commercialisés, à l’exception de deux morceaux resté inédits jusqu’alors et de "Girl 6" composé pour l’occasion.

Enfin, plus anecdotique, l’artiste américain a aussi écrit une chanson, "The Song of the Heart", pour le film Happy Feet. Encore une fois, il avait été approché pour l’utilisation d’un morceau, ce qu’il a refusé, mais l’histoire raconte qu’impressionné par le long métrage, Prince aurait offert ledit morceau, qui a fini par obtenir le Golden Globe de la meilleure chanson originale en 2007.

On retrouve aussi ses titres dans des films, comme Get Rich or Die Tryin' ou le Dernier Samaritain, principalement sous la forme de reprises. De Romeo + Juliet à Scream 2 en passant par Rush Hour 3, on retiendra cette scène culte de Pretty Woman où Julia Roberts chante "Kiss".

Article coécrit avec Arthur Cios

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