AccueilMusique

Pop Smoke : 8 choses que vous ne saviez pas sur la légende regrettée de la drill

Publié le

par Aurélien Chapuis

Plus d’un an après sa mort, Pop Smoke est toujours dans le top 10 du Billboard, cassant tous les records. Retour sur une légende.

Le rappeur Pop Smoke aura été une étoile filante dans le rap mondial, fauché en pleine ascension par un fait divers presque futile. Pourtant, sa musique a totalement porté le public pendant une année entière et, depuis son décès, il n’a pas bougé des hauts de classement. Comme sa carrière fut très courte, on en sait peu sur ce rappeur de Brooklyn, âgé de 20 ans seulement lors de son meurtre. Voici huit choses à savoir sur Pop Smoke.

Son nom lui a été donné par sa grand-mère

Pop Smoke est né en 1999 à Brooklyn, New York, d’une mère jamaïcaine et d’un père panaméen. Sa grand-mère paternelle lui donne le surnom de "Papa" qui va lui rester dans ses jeunes années. Tout le monde finit par l’appeler comme ça. Mais comme que ça ne fait pas très rue, il le diminue en "Pop".

Ado, le rappeur se fait aussi appeler "Smoke Oh Guap", c’est même le nom qu’il choisit pour son compte Instagram. Finalement, ses amis de la rue font la contraction entre le "Pop" de sa grand-mère et le "Smoke" qu’il s’est choisi : Pop Smoke.

Il jouait du tambour africain à l’église

Les premiers contacts de Pop Smoke avec la musique se font à l’église de son quartier. Le jeune "Papa" accompagne alors la cérémonie en jouant de la conga ou du djembe. Il dira plus tard que c’est cet apprentissage de la percussion qui lui fait apprécier particulièrement les productions drill très rythmées de 808Melo.

L’église reste son sanctuaire familial, même si le rappeur avoue s’y rendre armé dès son plus jeune âge. Comme souvent pour les rappeurs, tout commence et finit à l’église.

Il a arrêté sa carrière de basketteur à cause d’un souffle au cœur

Pop Smoke disait qu’il n’y a que trois choses à faire pour s’en sortir à Brooklyn : le basket, la vente de drogue et le rap. Plus jeune, le rappeur est plus attiré par le sport que par la musique. Il devient un meneur et arrière respecté sur les playgrounds de Canarsie, son quartier dans Brooklyn.

Adolescent, il va même déménager dans la banlieue de Philadelphie pour rentrer dans l’académie Rocktop, une école de préparation pour devenir joueur de basket universitaire avec une bourse, voire un avenir professionnel en NBA. Malheureusement, à 15 ans, Pop Smoke est diagnostiqué avec un souffle au cœur, ce qui lui enlève toute possibilité de participer à une compétition. Il abandonne le basket et tombe dans la rue. Le basket, c’est fait.

Il s’est fait virer de l’école en 3e parce qu’il avait ramené un pistolet

Le parcours scolaire de Pop Smoke est assez chaotique. Il a changé neuf fois d’établissement, uniquement dans son quartier de Canarsie, pendant sa jeunesse. Au collège, on le trouve avec une arme à feu, un pistolet, dans sa classe de 3e. Il sera viré et commencera des allers-retours en maison d’arrêt.

C’est à cette époque qu’il devient un véritable carnassier de la rue, roulant en voiture luxueuse, à seulement 16 ans. La vente de drogue... c’est fait.

Il commence le rap totalement par hasard

À l’automne 2018, Pop Smoke accompagne son ami Jay Gwuapo dans un studio de Brooklyn. Jay Gwuapo commence tout juste sa carrière et compte enregistrer quelques nouveaux morceaux. Intrigué, Pop Smoke veut voir comment ça marche. Défoncé après la prise de quelques drogues, Jay Gwuapo s’endort sur le canapé du studio. Pop Smoke décide alors de rentrer en cabine, juste pour voir s’il peut rapper, s’il sait rapper instinctivement.

Il choisit une instrumentale sur YouTube qui vient d’être utilisée par un autre rappeur de Brooklyn, Sheff G pour son “Panic Part 3”. Il rentre dans la cabine d’enregistrement sans écrire un mot. Quelques minutes plus tard, ce test devient “MPR”, le premier freestyle de Pop Smoke, qui fait directement sensation dans son quartier. Le rap, c’est fait.

Il a été chercher son producteur en Angleterre

Le son si particulier de Pop Smoke vient de l’alliage entre sa voix très grave et les instrumentaux drill qu’il choisit. Pop Smoke a adoré le rythme de son freestyle “MPR”, il veut absolument ce style lugubre et hardcore pour la suite. Il décide de contacter le producteur du titre, 808Melo, qui commence à se faire un nom à Londres, notamment avec le titre controversé de Headie One et RV “Know Better”.

Pop Smoke fait venir 808Melo à New York pour travailler sur un premier EP. Ensemble, ils vont créer ce mélange si particulier entre New York et Londres, avec des hits comme “Welcome To The Party” puis le fulgurant “Dior”. Pop Smoke devient rapidement une star, quelques mois seulement après son premier freestyle. Et le monde assiste à la naissance d’une nouvelle puissance transatlantique.

Il est plus proche de son modèle qu’on ne le pense

Quand il parle de ses références, Pop Smoke évoque très souvent les rappeurs énervés de New York à la voix très large comme DMX ou M.O.P. Mais sa référence ultime reste 50 Cent et son groupe G-Unit. Les deux rappeurs s’étaient d’ailleurs rapprochés un peu avant la mort du rappeur de Brooklyn.

50 Cent racontait qu’il trouvait Pop Smoke irrespectueux lors de leur première rencontre car il restait fixé sur son téléphone, silencieux. Fifty découvre ensuite que le jeune rappeur écrivait en fait tout ce qu’il disait. À sa mort, 50 Cent a déclaré qu’il souhaitait produire l’album de Pop Smoke, le fameux Shoot for the Stars, Aim for the Moon qui cassera tous les records.

Eh bien, Pop Smoke et 50 Cent sont plus proches qu’on ne le pense. En effet, ils ont tous les deux le même nom de famille, Jackson, et pourraient potentiellement être des cousins très éloignés, descendants de la même tribu antillaise, les Arawaks. Les générations de stars du rap new-yorkais prennent toujours leurs sources dans les petites îles des Caraïbes et des Antilles. Il faut croire que tout vient du reggae.

Il est mort à cause d’une étiquette sur un sac

Le 19 février 2020, Pop Smoke est tué par balles dans une résidence de Beverly Hills. Il a tout juste 20 ans. Alors que la police croit au départ à un règlement de comptes entre gangs (Pop Smoke est affilié aux Crips), les suspects sont en fait de jeunes braqueurs qui auraient raté leur larcin.

En effet, dans la journée du 19 février, le rappeur de Brooklyn a posté sur ses réseaux des photos de sacs de vêtements qu’il a reçus. Sur certains de ces sacs, on voit distinctement l’adresse de la résidence de Beverly Hills. D’après l’enquête, les jeunes braqueurs, âgés de 15 à 21 ans, ont juste voulu voler ces vêtements de luxe et, dans la panique, l’un d’entre eux a tiré plusieurs fois sur le torse du rappeur. Pop Smoke est mort comme il a vécu. Rapidement et à l’instinct.