"On The Run II" : Beyoncé et Jay Z victorieux au Stade de France

Quatre ans après leur premier concert commun à Paris dans le cadre de la tournée "On The Run", les Carter étaient de retour au Stade de France les 14 et 15 juillet derniers avec "On The Run II". Un passage ultra-millimétré, qui avait parfois des airs de "Déjà Vu", mais qui a su célébrer avec émoi la puissance du couple américain.

Dimanche 15 juillet, 20 heures 30 : Beyoncé et Jay Z s’avancent, main dans la main, sur la scène du Stade de France. Elle porte une robe flamboyante, spécialement pensée pour l’occasion par la maison Balmain, avec laquelle elle vient d’officialiser une collection de vêtements ; il est enveloppé dans un élégant costume blanc immaculé, qui évoque à certains égards celui arboré dans le clip de "APES**T", single phare issu de leur premier album commun Everything is Love, dévoilé par surprise le 16 juin dernier.

Les deux artistes, qui s’apprêtent à ouvrir le bal de leur deuxième date parisienne, restent un moment silencieux, mais l’effet est immédiat : face à leur entrée, des dizaines de milliers de spectateurs, dont certains ont célébré la consécration des Bleus dans l’enceinte du stade séquano-dionysien, où la finale France-Croatie a été diffusée quelques heures plus tôt, élèvent leur voix à l’unisson, immédiatement stimulés par cette vision d’amour et de puissance retrouvés.

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La réunification du couple Carter

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Car ce concert, plus qu’une simple célébration des carrières de Beyoncé Knowles et de Sean Carter, est un moyen pour ces derniers d’affirmer leur toute-puissance en tant que couple, uni et solidaire, à la vie comme à la scène, en dépit des différentes épreuves conjugales évoquées dans Lemonade (2016), le sixième disque de la chanteuse, et 4:44 (2017), le dernier album en date du rappeur. Suspendu au-dessus de la scène, un écran géant rythme d’ailleurs ce spectacle musical grandiloquent d’une succession de vidéos constituée de clips et de films familiaux, racontant (de façon romancée) la passion amoureuse des débuts, les disputes et les déceptions, mais surtout la repentance et la réconciliation.

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Une rétrospective des carrières de Beyoncé et Jay Z

Pour accompagner ce récit, mari et femme donnent vie aux morceaux les plus marquants de leur carrière, affirmant aussi bien leur connexion artistique en tant que duo que leurs singularités respectives en solo. Complices et complémentaires durant leurs instants de collaboration ("Bonnie and Clyde 03", "Drunk in Love", "Upgrade U"), ils s’accordent en parallèle de nombreux moments en individuel, affirmant tantôt leur puissance en tant que performers ("Diva", "Clique"), tantôt leur facette vulnérable ("Resentment", "Song Cry") ou engagée ("The Story of O.J.", "Flawless"). Une compilation de titres cohérente et bien ficelée, qui pourrait cependant, pour les spectateurs déjà présents à la première tournée "On The Run" en 2014, avoir comme une impression de "Deja Vu".

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Queen B sous le feu des projecteurs

Comparé à son aînée, "On The Run II" réussit toutefois à se renouveler par la richesse d’une scénographie multipliant jeux de lumières, tapis roulant, promenades au cœur du public et passerelles mouvantes surélevées qui permettent à Beyoncé d’afficher sous tous les angles possibles ses grandes qualités de danseuse. Tout au long du show, l’ex-Destiny’s Child, escortée d’une dizaine de danseuses, assurera avec le professionnalisme et la précision qu’on lui connaît des chorégraphies aussi millimétrées que percutantes, faisant souvent de l’ombre à son rappeur de mari. Sur certains titres entièrement interprétés par ce dernier, les yeux des spectateurs se retrouvent ainsi entièrement rivés sur Queen B, dont les pas de danse, ensorcelants, hypnotisent systématiquement.

Un concert placé sous les deux étoiles de la France

En parallèle de ce spectacle ultra-carré, qui parcourra une partie de l’Europe et des États-Unis jusqu’au 4 octobre prochain, les Carter, désireux de célébrer la victoire des Français fraîchement sacrés champions du monde de football, n’ont pas hésité à revêtir la tenue officielle de l’équipe de France. Aux trois quarts du concert, à l’issue du percutant "Niggas in Paris", le natif de Brooklyn, qui avait jusqu’ici enchaîné les tenues de plusieurs créateurs de mode, décide de faire tomber la veste pour exposer avec fierté le maillot bleu marine, désormais auréolé de deux étoiles. Un maillot siglé en son dos du nom "Carter", que sa femme portera quelques minutes plus tard en chantant l’iconique "Crazy in Love".

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Une conclusion solennelle

Après deux heures et vingt minutes de show, Beyoncé et Jay Z se retrouvent à nouveau main dans la main, tous deux enveloppés dans une tenue noire qui confère à l’instant quelque chose de presque solennel. Éclairé par des milliers de flashs, les deux artistes, qui forment ensemble le couple le plus puissant de l’industrie musicale américaine, entonnent "Forever Young" avant de lancer "APES**T" (qu’ils n’interpréteront cependant qu’en partie), surplombés par l’image de "La Joconde" qui semble alors veiller sur eux. Un titre fort et symbolique, qui rappelle l’attachement du couple à la capitale française, et lui permet une dernière fois, s’il le fallait, de marquer avec brio l’esprit de son public français.

À lire -> Avec Everything is Love, Jay Z et Beyoncé écrivent le chapitre final de leur trilogie amoureuse

Par Naomi Clément, publié le 16/07/2018

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