NEW YORK, NY – SEPTEMBER 13: Rapper Nicki Minaj attends the Marc Jacobs Fashion Show during New York Fashion Week at Park Avenue Armory on September 13, 2017 in New York City. (Photo by Ben Gabbe/Getty Images)

Nicki Minaj s’exprime sur le sexisme dans le hip-hop

La rappeuse dénonce le sexisme ambiant de l’industrie musicale ainsi que le comportement de certains rappeurs, notamment Kendrick Lamar.

© Ben Gabbe/Getty Images

À l’heure où le "Bodak Yellow" de Cardi B est dans tous les esprits et que les carrières de jeunes artistes comme Princess Nokia, Little Simz ou Young M.A décollent, il devient légitime de penser que le rap, discipline plutôt masculine, s’ouvre aux femmes. La réalité est tout autre selon Nicki Minaj. La rappeuse, qui est la seule à connaître le succès commercial depuis de nombreuses années, forte de clips mémorables et de feats prestigieux, s’est confiée sur le sexisme dans le monde du hip-hop.

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C’est sur ses réseaux sociaux que la rappeuse américaine a choisi de s’exprimer hier soir. Dans une série de tweets agacés, Nicki Minaj dénonce les différences de traitement qui perdurent entre les hommes et les femmes. Elle commence ainsi par rappeler que dans n’importe quel domaine, les femmes doivent travailler deux fois plus pour gagner la moitié du respect dont jouissent les hommes. Plus spécifiquement, elle explique que malgré les featurings prestigieux qu’on lui connaît, les grands du rap ont en quelque sorte toujours été forcés de travailler avec elle.

Elle profite aussi de l’occasion pour déterrer un tweet posté par Kendrick Lamar en 2010. Pourtant considéré comme un rappeur bienveillant à l’égard des femmes, Kung Fu Kenny expliquait dans ce dernier qu’encore plus d’hommes détestaient Nicki Minaj que de femmes. À ce tweet, elle répond que pour gagner le respect des hommes, il aurait fallu qu’elle porte des baggys, sous-entendant que la haine des hommes à son égard s’expliquerait finalement plus par l’image de la femme qu’elle représente que par sa musique en elle-même.

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Avant elle, et bien qu’il ne s’agisse pas d’une rappeuse, la chanteuse R’n’B SZA, signée sur le label Top Dawg Entertainment, soit celui de Kendrick Lamar et Schoolboy Q, s’était aussi exprimée sur le sujet.

Alors que son premier album solo devait sortir en 2016, elle jugeait que la sortie avait été repoussée au profit des parutions des projets des artistes masculins du label – notamment ceux de Schoolboy Q, d’Ab-Soul et d’Isaiah Rashad.

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Sur Twitter, elle déclarait : "Finalement, j’arrête, @Iamstillpunch peut sortir mon album si jamais il en a envie." Du côté des hommes, le rappeur Rick Ross avait quant à lui expliqué en interview qu’il ne signait aucune femme, car il avait peur de ne pas pouvoir conserver de liens purement professionnels avec ces dernières.

En France, le bilan n’est pas plus brillant. Même si certaines rappeuses ont gagné le respect des amateurs de rap comme Keny Arkana, Casey ou plus récemment Sianna, Diam’s reste la seule femme du rap game français à avoir rencontré un véritable succès populaire.

Un problème mis notamment en lumière par le site Greenroom qui a révélé les témoignages de rappeuses que l’industrie ignore souvent. Ces dernières expliquent alors à quel point la construction d’une carrière dans le rap constitue pour une femme un véritable parcours d’obstacles et nécessite une détermination sans faille, qui bien souvent ne suffit pas.

Par Sophie Laroche, publié le 26/10/2017

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