Nicki Minaj / Facebook

Avec son nouvel album, Nicki Minaj prouve qu’elle est la "Queen" du rap game

Quatre ans qu’on l’attendait.

Nicki Minaj est enfin de retour avec Queen, un nouvel album sans artifices, ponctué de collaborations réussies, artistes comme beatmakers. Dotée d’une confiance en soi indéboulonnable, Nicki n’a pas hésité à s’autoproclamer reine. Un autosacre qui, au même titre que l’album King de T.I. en 2006, n’a rien de factice, au contraire.

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Si elle a choisi d’intituler son quatrième album de la sorte, c’est avant tout pour remettre les pendules à l’heure. C’est aussi le signe que Queen symbolise une forme de consécration pour Nicki Minaj. Ce projet, bien que long (19 titres), est loin d’être répétitif. Si elle varie les flows et les messages qu’elle diffuse à travers ses différents morceaux, c’est aussi parce que, comme elle l’affirmait dans une interview pour la radio Beats 1, il s’agit du "meilleur album" qu’elle ait jamais créé.

Passant d’un "Ganja Burn", rythmé par des guitares aux sonorités d’Afrique de l’Ouest, à un bon gros banger trap, comme "Hard White" ou "Rich Sex" avec Lil Wayne, en passant par un vibrant hommage à Biggie dans "Barbie Dreams" et une véritable masterpiece, "Majesty", avec Eminem et Labrinth, Nicki développe son art. Et histoire de pimenter cet aspect musical déjà très satisfaisant, elle a imprégné chaque morceau de sa vision, celle d’une trentenaire devenue icône, avec tout ce que ça implique.

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De son statut — désormais incontesté — de Queen du rap game à sa cohabitation avec la plupart des acteurs de ce même rap game, principalement constitué d’hommes, elle n’écarte aucun sujet dans ses paroles. Allant même jusqu’à clasher (en mode bon enfant) Drake, Meek Mill, 50 Cent, Young Thug, DJ Khaled, Desiigner, Lil Uzi Vert, YG, The Game, 6ix9ine et Odell Beckham Jr. dans son morceau "Barbie Dreams".

Et si ces collègues masculins en ont pris pour leur grade, les quelques artistes féminines avec qui elle est en concurrence ont littéralement été rhabillées pour l’hiver dans "LLC". Le titre a même nécessité une réécriture complète du texte, motivée par le passage de Jay-Z dans le studio d’enregistrement, qui n’a visiblement pas apprécié les paroles du 3e couplet.

En cause, sans doute, ses propos à l’encontre d’une autre Queen (B). Et même après réécriture, on ressent toujours cette rivalité entre Nicki et Mrs Carter. Cardi B ou Rihanna sont également visées, notamment dans le début du 1er couplet : "It’s two girls gettin' more money, and they don’t rap, they sing songs."

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Cette inspiration, en termes de flow et de mise en forme du message, est en partie due à une grosse détox des réseaux sociaux pendant la création de son album. Dans une interview accordée à Beats 1 en avril dernier, Nicki Minaj assurait avoir coupé les ponts avec tous les réseaux sociaux :

"Je voulais m’assurer que j’étais en train d’écrire quelque chose qui me parlait, qui inspirerait et captiverait mon audience. Mais surtout, je voulais juste m’amuser de nouveau, je voulais aller en studio et m’amuser sans me préoccuper du reste… Je ne voulais rien voir […] J’ai supprimé toutes les formes de réseaux sociaux de mon téléphone, ce fût la décision la plus géniale que j'ai jamais prise."

Avec ce nouvel album, Nicki Minaj prend donc une bonne longueur d’avance dans le rap game féminin et pose les bases de son accession au trône du rap. Pour ceux qui en veulent plus, elle a annoncé une prochaine tournée dans le monde entier, et un documentaire devrait également sortir sur la création de Queen, l’un des deux meilleurs albums de l’année.

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Par Henri Margueritte, publié le 14/08/2018

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