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L'État de New York s'attaque aux "ticket bots" qui rendent les concerts complets

Publié le

par Thibault Prévost

Rihanna sings during The Concert for Valor in Washington, D.C. Nov. 11, 2014. DoD News photo by EJ Hersom

L'État de New York a adopté, le 20 juin, un projet de loi qui transforme en délit l'usage des "ticket bots", ces programmes informatiques qui achètent des billets pour spéculer sur leur revente.

(© EJ Hersom/Wikimedia Commons)

À Paris, Londres ou New York, choper des billets pour un concert, un spectacle, une pièce de théâtre voire une exposition un peu attendue par le grand public relève souvent de l'exploit herculéen. Les billets pour la manifestation, souvent siphonnés en quelques minutes sur le site officiel de la salle, se retrouvent ensuite sur des plateformes de revente alternatives... au double, voire plus, de leur prix initial.

La technique, rodée, se base sur des "ticket bots", des programmes qui guettent les heures d'ouverture des billetteries en ligne et achètent autant de billets qu'ils le peuvent, et ce malgré les restrictions mises en place par les établissements. Une fois les billets achetés en masse, les revendeurs n'ont plus qu'à spéculer sur leur prix en fonction de la demande. Voilà, maintenant vous savez. Vous savez pourquoi vous ne verrez jamais AC/DC à Bercy sans prendre un prêt à la consommation.

Plus de la moitié des billets achetés par des "ticket bots"

Du côté de New York, même problème en pire, à en croire le rapport du procureur général de l'État, Eric Schneiderman, paru en janvier dernier : selon lui, 54 % des billets sont en moyenne achetés par des bots, un taux qui peut grimper à 70 %. L'enquête révèle également que certains courtiers sont parvenus, grâce à leurs programmes, à acheter 1 012 billets pour U2 en moins d'une minute au nom d'un seul client... alors que la billetterie limite chaque client à quatre places.

Face à ce constat, les autorités de l'État de New York ont décidé de sévir en adoptant, le 20 juin, un projet de loi visant à pénaliser la spéculation sur les tickets. Comme le détaille Le Monde, les nouvelles sanctions prévoient non seulement des amendes allant jusqu'à 1 000 dollars (soit 887 euros) ou la moitié des profits réalisés, mais aussi une peine allant jusqu'à un an d'emprisonnement.

Face à la difficulté de gérer ces pratiques, ce sont parfois les artistes eux-mêmes qui prennent les devants, à l'image d'Adele ou de LCD Soundystem, qui préfèrent encourager leur public à attendre de nouvelles dates, ou encore les Rolling Stones et les Grateful Dead, qui ont mis en place un système de loterie aléatoire pour leurs shows. À voir les marges considérables que font les courtiers sur la revente de billets, la nécessité d'agir est urgente.

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