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Dans les labels britanniques, les femmes sont bien moins payées que les hommes

Publié le

par Jérémie Léger

Les chiffres ont parlé : les branches britanniques de Warner, Universal et Sony sont loin de faire figure d’exemple concernant l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

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La nouvelle réglementation du Royaume-Uni exige que toutes les entreprises de plus de 250 employés rendent publiques leurs statistiques sur le fameux "gender gap" – comprenez l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les branches britanniques des grands labels musicaux que sont Universal, Sony et Warner sont loin de faire partie des meilleurs élèves.

Le résultat est catastrophique, même. Comme l’indiquent Music Business Worldwide et Music Week, les femmes gagnent en moyenne 49 % de moins que les hommes chez Warner, 29,8 % de moins chez Universal et 22,7 % de moins chez Sony.

À titre de comparaison, Music Business Worldwide note que l’écart signalé chez la BBC est de 10,7 %. Et comme le souligne le groupe : "Nous voulons résoudre rapidement ce problème et redresser la barre."

Morna Cook, la directrice des ressources humaines d’Universal Music UK, se défend également : "L’écart est dû au fait que nous avons moins de femmes que d’hommes à des postes supérieurs, ce à quoi nous nous attaquons."

Quid des primes ?

Le problème se pose aussi dans la différence des primes qui sont accordées. Si Universal accorde des primes à pourcentage égal à ses cadres supérieur·e·s masculins et féminins (74 %), les femmes reçoivent cependant moitié moins que les hommes. Même constat chez Sony qui a accordé une prime à 74,3 % des cadres masculins et 75,3 % des cadres féminins, mais là encore, les femmes ont obtenu 45 % de moins que les hommes, en moyenne. La maison de disques a également fait savoir que 45 % de ses employé·e·s étaient des femmes.

Mais le bonnet d’âne revient sans conteste à Warner. Déjà bon dernier en prenant uniquement l’écart de salaire entre les genres, le major est également celui dont l’écart d’attribution des primes est le plus marqué. Tenez-vous bien, 74 % des femmes cadres ont reçu des primes, contre 82 % des hommes. Le pire étant que les femmes touchent 82 % moins que leurs homologues masculins.

Une situation difficilement défendable. Masha Osherova, la vice-présidente directrice des ressources humaines de Warner Music Group, a tout de même assuré que l’entreprise allait s’attaquer de front au problème :

"Nos chiffres actuels sur l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes affichent une obligation claire et un besoin d’accélérer le changement au sein de notre entreprise."

Warner, Sony, Universal, tous doivent donc faire de gros progrès pour jouer un rôle décisif dans la lutte contre l’inégalité des sexes, qui s’étend, rappelons-le, bien plus loin que les salaires. Nos voisins britanniques sont dans la ligne de mire aujourd’hui, mais la France est-elle une meilleure élève dans le domaine ? Rien n’est moins sûr, puisque l’on attend toujours les chiffres.

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