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Miracle : malgré la crise du Covid, le marché musical français reste stable

Publié le

par Joséphine de Rubercy

©Getty : Mikhail Tereshchenko / Contributeur

Hier, le Snep a dévoilé son bilan du marché de la musique en France, constatant un chiffre d’affaires égal à celui de 2019.

Alors que l’industrie du cinéma français vit des moments difficiles depuis le début de la crise sanitaire, le marché de la musique, lui, a limité la casse. En 2020, le chiffre d’affaires de ce secteur reste stable (+0,1 %), a indiqué ce mardi 16 mars le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) lors son bilan annuel sur le marché de la musique en France. De 780 millions en 2019, il passe à 781 millions en 2020.

Le marché français de la musique résiste au Covid

À cause de l’impact de la pandémie, cette augmentation reste certes plus faible que celle des années précédentes : +3,9 % pour le chiffre d’affaires en 2017, +1,8 % en 2018, +5,4 % en 2019. Mais la musique enregistrée en France profite de "la solidité de son modèle économique" malgré "un contexte complètement bouleversé par la crise sanitaire" du Covid-19, s’est félicité Alexandre Lasch, directeur général du Snep, lors de la conférence de presse ce mardi.

Le chiffre d’affaires, comprenant les ventes physiques et numériques, la synchronisation (les musiques de films, séries, publicités) et les droits voisins (la musique diffusée dans les lieux publics et les commerces), a effectivement tenu bon face aux restrictions sanitaires imposées par le gouvernement depuis un an comme le report des sorties, la fermeture des points de vente, l’arrêt des concerts et des festivals...

Le streaming, toujours en tête, sauve la mise

Si l’on ne prend en compte que les ventes physiques et numériques, celles-ci ont généré 658 millions d’euros en 2020 et représentent un bond de 4,1 % par rapport à 2019. Mais "l’écart entre la progression du streaming et le recul des ventes physiques s’est creusé", analyse le Snep. Première source du chiffre d’affaires du marché musical français depuis trois ans, les ventes numériques (streaming payant et gratuit, téléchargement…) sont toujours en tête en 2020.

"En sept ans, les revenus générés par les exploitations numériques de la musique sont passés de 1/4 à près de 3/4 du chiffre d’affaires", relève le syndicat. Plus précisément, elle pesait 27 % des revenus en 2013 contre 72 % en 2020, soit 474 millions d’euros (+18 % en 2020), dont 453 millions viennent du streaming (+20 % en 2020). C’est d’ailleurs le streaming par abonnement payant qui croît le plus (+8 points par rapport à 2019) pour atteindre 53 % du chiffre d’affaires total du marché de la musique (soit 352 millions d’euros sur les 781 millions susmentionnés).

Les ventes physiques chutent, mais le vinyle a le vent en poupe

Face à l’explosion des ventes numériques, et notamment du streaming, les ventes physiques chutent. Même si elles restent importantes en France (184 millions d’euros), leur dégringolade, déjà entamée depuis 2005, s’accélère avec la crise du Covid (-20 % en 2020 contre -10 % en 2019). Notamment à cause de la fermeture d’un "réseau de distribution particulièrement solide et diversifié" de plus de 4 000 points de vente en France.

Le vinyle, quant à lui, semble garder le vent en poupe même face au Covid. Redevenu à la mode depuis plusieurs années, il représente aujourd’hui 28 % des ventes physiques, "une part qui a doublé en trois ans et génère des revenus supérieurs à ceux du streaming vidéo", précise le syndicat. Le format s’est vendu à 4,5 millions d’exemplaires en France en 2020, soit une hausse de 10 % en un an, générant 51,1 millions d’euros.

Si des grands classiques, notamment du rock (Queen, Bob Marley, Amy Winehouse, Nirvana), occupent la tête du classement des vinyles les plus vendus, ils sont suivis de près par les nouveautés de la pop et la musique urbaine comme Aimée de Julien Doré, When We All Fall Asleep, Where Do We Go? de Billie Eilish, Jeannine/Amina de Lomepal ou Brol/Brol la suite d’Angèle. Des références qui font sens quand on sait que, contre toute attente, ce sont les moins de 35 ans qui achètent le plus de vinyles (40 %), et non pas les plus de 55 ans (35 %).

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