En écoute : Mick Jenkins à cœur ouvert dans son nouvel album "Pieces of a Man"

Le genre d’album qui ne s’oublie pas.

Mick Jenkins / Facebook

Deux ans après la sortie de son tout premier album studio The Healing Component, Mick Jenkins revient dans un nouveau projet, s’inscrivant dans la lignée de ce à quoi il nous avait habitués, un rap conscient et cosy, posé sur des prods toujours aussi qualitatives, entre rap, jazz, soul, R’n’B et trap.

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Un univers musical chaleureux et envoûtant qui lui colle à la peau depuis ses débuts, et qu’il étoffe dans ce nouvel album avec des producteurs de renom comme Black Milk (qui a travaillé avec Black Thought, RZA, J Dilla, Lloyd Banks, Royce da 5'9"), Kaytranada avec qui il avait déjà collaboré à quelques reprises, BADBADNOTGOOD ou encore ses concitoyens beatmakers Nez & Rio, qui sont notamment derrière le tube "Man of the Year" de Schoolboy Q.

La tête penchée sur son reflet brisé. Si Mick Jenkins a décidé d’une telle mise en scène pour la pochette de son deuxième album qui sort ce vendredi 26 octobre, c’est parce qu’il est absolument autobiographique. Comme pour dresser le kaléidoscope de ses différents états d’âme. Des sentiments très personnels qu’il a tout de même choisi de partager avec ses auditeurs, comme il l’explique dans "Heron Flow", l’intro de ce petit bijou d’album.

"On est là pour vous donner de quoi nourrir vos pensées"

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Ces mêmes paroles ne peuvent que résonner avec ce qu’il confiait à Zan Lowe en août dernier dans l’émission Beats 1 quand il évoquait son évolution artistique. "La direction que je prenais dans ma musique est clairement plus personnelle et davantage portée sur l’aspect émotionnel de l’homme."

Mission accomplie pour le rappeur basé à Chicago qui nous embarque dans une introspection en seize titres. Une introspection qui oscille entre ego trip assumé dans "Grace & Mercy", sensualité et intimisme dans "Soft Porn" ou "Consensual Seduction" avec la chanteuse britannique Corinne Bailey Rae, une petite pause sandwich dans "Percy Interlude", ou encore une ode à l’enfonçage de porte et la persévérance dans "Padded Locks" avec Ghostface Killah.

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Vous l’aurez compris, cet album de Mick Jenkins est une véritable petite pépite, atemporelle, apaisante à souhait et divinement bien produite. Alors si vous ne l’avez pas encore écouté, ou même si vous ne connaissiez pas ce jeune rappeur de Chicago, penchez-vous sur lui comme il se penche sur ce miroir brisé, car l’intensité qu’il a mise à décrire ses pensées est proportionnelle à la qualité de cet album. Écoutez plutôt.

Par Henri Margueritte, publié le 26/10/2018

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