AccueilMusique

Des musiciens du monde entier ont manifesté devant les bureaux de Spotify

Publié le

par Hong-Kyung Kang

(©Twitter/ »UMAW_ »

Dans 31 villes, ils ont protesté contre le business model de la plateforme et son système de financement.

Si le streaming se porte bien, il semblerait que ce ne soit malheureusement pas à l'avantage de tous les artistes. Des acteurs de l'industrie musicale des quatre coins du globe se sont réunis, ce lundi 15 mars, pour manifester devant les bureaux de Spotify de 31 villes, aux États-Unis, en Europe, en Asie ou en Australie, afin de demander à l'entreprise plus de transparence quant à son business model, ainsi qu'un système de financement plus équitable pour les artistes.

Contre un modèle économique qui exploite les artistes

Justice at Spotify, le mouvement de protestation contre les méthodes du géant du streaming suédois, a été lancé par l'Union of Musicians and Allied Workers (UMAW) en octobre dernier, afin de protester contre les méthodes de rémunération de l'entreprise laissant les musiciens sur le carreau. Une pétition avait alors été lancée et a rassemblé près de 28 000 signatures depuis.

Comme le rapporte Pitchfork, l'artiste et membre de la UMAW Mary Regalado reproche à la plateforme de streaming de faire du profit sans apporter de soutien aux personnes qui produisent la musique :

"Spotify a longtemps maltraité les travailleurs de l'industrie musicale, mais la pandémie a rendu cette exploitation plus absolue. L'entreprise a triplé de valeur durant la pandémie, mais n'a pas versé un centime de plus aux artistes. Les musiciens du monde entier sont au chômage en ce moment, tandis que les plateformes géantes dominent l'industrie en engrangeant des milliards. La production musicale représente du travail, et nous demandons à être payés équitablement pour ce travail."

D'autres artistes ont également haussé la voix pour réclamer du changement, à l'instar de Tim Burgess du groupe Charlatans, qui a déclaré au Guardian, le mois dernier, que le fonctionnement actuel de Spotify était nocif pour l'avenir de la musique :

"Si une génération entière de musiciens fonce dans le mur, personne n'est gagnant. Et laissez-moi vous dire, lorsque nous réparerons le système, il y aura une équipe entière désireuse de jouer pour fêter ça."

En outre, les demandes de la UMAW ne pourront être entendues qu'avec la coopération des grands labels, qui détiennent les droits des morceaux qui forment le catalogue de Spotify. Pour cause, la plateforme de streaming suit en ce moment le système "market centric" : les bénéfices engendrés par toutes les écoutes des auditeurs sont rassemblés dans un pot commun, dont la majeure partie est versée aux artistes les plus streamés.

La solution serait donc d'établir un système "user centric", dans lequel chaque artiste serait rémunéré à hauteur du nombre d'écoutes qu'il génère. Un tel fonctionnement a en outre été mis en place par SoundCloud. Contacté par Pitchfork, Spotify a refusé de s'exprimer.

À voir aussi sur konbini :