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Ces groupes sont dangereux, c'est l'URSS de 1985 qui le dit !

Publié le

par Juliette Geenens

Une drôle de liste refait surface sur les réseaux sociaux depuis ce week-end : elle recense les groupes et artistes interdits sur le territoire soviétique pendant la guerre froide.

Derrière ces belles moustaches se cache de la violence gratuite dangereuse pour les citoyens de l'URSS. (© CC/ Wikipédia)

Vous rappelez quand Julio Iglesias était vu comme un néofasciste par l'URSS ? Non et c'est normal.

Samedi dernier, le site musical américain Consequence of Sound partageait, sur sa page Facebook, une liste étrange sur laquelle figurent plusieurs groupes de musique bannis par le gouvernement soviétique en 1985. Une liste qui fait doucement sourire aujourd'hui, mais qui nous rappelle aussi le pouvoir de la censure, à une époque qui ne remonte à pas si longtemps que cela.

Cet index n'est pas très récent puisqu'il est issu, selon un article de Spin daté de 2014, d'un livre intitulé Everything Was Forever, Until It Was No More : the Last Soviet Generation ("Tout était pour toujours, jusqu'à que ce ne soit plus : la dernière génération soviétique"), publié en 2005 et écrit par Alexeï Yurchack, professeur russe d'anthropologie socioculturelle à l'université Berkeley en Californie. Dans les pages de cet essai, l'auteur répertorie les groupes et artistes qui n'ont pas eu le droit de jouer, ni d'être diffusés sur les terres soviétiques durant la guerre froide. Et on en compte beaucoup.

Du bon vieux rock à la pop des années 1980, en passant par des tubes qui nous semblent totalement inoffensifs aujourd'hui, le Soviet suprême, en 1985, se montrait vraiment – vraiment – strict avec la musique. Cette liste était destinée aux autorités soviétiques afin de "contrôler ce qui se passait dans les discothèques", souligne Spin. 

De la musique satanique, violente et pornographe

Les raisons pour lesquelles les artistes étaient interdits dans l'Union soviétique paraissent quelque peu exagérées. De ce côté du rideau de fer, les membres de Black Sabbath étaient des obscurantistes religieux (Ozzy Osbourne en serait ravi), Iron Maiden et Madness (qui a composé "Our House", oui) étaient condamnés pour faire l'apologie de la violence et on reprochait à Tina Turner de parler de sexe. S'ajoutent à cela l'érotisme de Donna Summer et le punk des Sex Pistols, alors considérés comme gravement délictueux. 

Franchement, qui aurait cru que Village People, à l'origine du tube "YMCA", pouvait être banni pour violence ? Surtout avec un tel clip ? 

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