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Le Hellfest porte plainte contre les sites de revente de billets

Alors que les 55 000 pass 3 jours de la prochaine édition du festival se sont écoulés en à peine une heure et demie, les organisateurs montent au créneau.

Mercredi dernier fut soit une immense joie, soit une terrible désillusion pour les fans de metal. Les pass 3 jours pour le Hellfest, toujours très convoités, étaient alors mis en vente. Mais voilà : en à peine une heure et 30 minutes, ils étaient sold-out. À titre de comparaison, il fallait encore trois mois en 2014 pour écouler autant de places. Un phénomène que l’on peut expliquer par la popularité croissante du plus important festival de France, mais pas que.

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Nombre de ces billets se sont en effet retrouvés sur des sites de reventes, où ils sont à nouveau disponibles, mais à des tarifs exorbitants. Le Hellfest étant déjà le festival le plus cher pour trois jours (215 euros), autant dire que l’addition est particulièrement salée quand on passe par ces plateformes (entre deux et trois fois le prix initial). Une pratique régulièrement pointée du doigt par les producteurs, artistes et organisateurs, mais qui reste largement impunie.

Dans une lettre ouverte postée sur le compte Facebook du festival, le fondateur de l’événement, Ben Barbaud, a tenu à éclairer la situation, et surtout démentir des rumeurs persistantes.

"Non ! La moitié de la billetterie, ni même un quart, un douzième ou je ne sais quoi n’a pas été 'raflé' par de mystérieux bots pilotés par les sites de revente de tickets dits de 'second marché' tels que Viagogo, StubHub ou autres. Le succès du festival attire désormais des acheteurs individuels peu scrupuleux, voyant en lui, une bonne occasion de se faire de l’argent sur votre/notre dos.

Ces revendeurs individuels placent ensuite ces billets sur différentes plateformes de revente dites de 'second marché'. Ces plateformes ne donnent évidemment aucune information quant à l’identité de ces revendeurs, ce qui rend le tracking de ces pass remis en vente extrêmement difficile."

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Peu habitué à s’exprimer publiquement, comme il le reconnaît lui-même, Ben Barbaud s’insurge contre ces pratiques qui pénalisent à la fois les organisateurs, mais aussi les festivaliers.

"Cependant, sachez que l’association vient en ce jour de déposer plainte contre ces sites, qui à défaut d’être considérés comme des revendeurs, sont au moins les complices de ces agissements en proposant aux revendeurs individuels d’être mis en relation avec de potentiels acheteurs.

Des frais de 'mise en relation' que nous appellerons des 'frais de fraude' sont même facturés plus de 100 euros par billet vendu ! Faisant passer les billets à plus de 500 euros l’unité… la belle arnaque ! […] Nous assumons le fait d’être 'victimes de notre succès' mais pas celui d’être associés à ces fraudeurs que sont Viagogo, StubHub et autres !"

Une action en justice qui est plus symbolique qu’autre chose, au vu de la difficulté de repérer les revendeurs trop avides. Espérons tout de même que cette démarche puisse faire avancer le débat. À noter que les plus téméraires pourront quand même tenter d’obtenir les derniers précieux sésames : le festival va mettre en vente des pass un jour dès le début de l’année prochaine.

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Par Guillaume Narduzzi, publié le 16/10/2018