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Le procédé effrayant du chanteur français Spleen pour abuser sexuellement de ses victimes

Publié le

par Joséphine de Rubercy

Au moins 20 femmes accusent Spleen, ancien candidat de The Voice, d'agressions sexuelles.

Toujours la même mécanique glaçante pour parvenir à ses fins… C’est ce que révèle une enquête du magazine Neon, publiée ce vendredi 27 novembre, sur les agressions sexuelles et viols qu’auraient subis plusieurs femmes de la part du chanteur français Spleen, candidat de The Voice en 2014.

Deux plaintes ont déjà été déposées à son encontre. L’une en octobre 2018 pour agression sexuelle, harcèlement sexuel et captation d’images impudiques, l’autre en novembre 2020 pour viol. Au total, ce sont plus de vingt femmes qui l’accusent. Dans les témoignages recueillis par Neon, ces victimes racontent quasiment toutes le même procédé utilisé par l’artiste entre 2009 et 2016. Un même stratagème effrayant.

Une "démarche artistique"

D’après les victimes, Spleen sait jouer de son aura, de sa renommée de chanteur, de producteur et de sa fibre artistique. Les femmes qui ont accepté de témoigner décrivent d’abord comment Spleen s’y serait pris pour les faire venir jusque chez lui. Projet de film, séance photo, collaboration musicale… Si elles ont accepté de le rencontrer, c’est dans le cadre d’une démarche artistique, appuient-elles. Le chanteur trouverait, selon elles, systématiquement une excuse pour qu’elles viennent dans son appartement : un studio fermé, un retard, par exemple. "Son discours est bien rodé", raconte l’une d’entre elles.

Une fois chez lui, les victimes affirment avoir dû signer un document fourni par l’artiste, une "autorisation de droit à l’image". D’après elles, vient ensuite l’étape de la séance photo. Les jeunes femmes assises sur une chaise, Spleen les photographierait et les filmerait, tout en leur posant des questions personnelles, voire intimes, pour "dresser leur portrait". Cela peut durer des heures, selon certaines femmes.

"Je vais faire un geste", leur annoncerait-il ensuite. C’est là, d’après les témoignages, qu’il les embrasse, les touche ou les caresse pour certaines. Pourtant, plusieurs femmes auraient exprimé leur refus, avec des mots ou des gestes. Dans un état de sidération, la plupart des victimes disent être restées stoïques, pétrifiées. Qu’il soit consenti ou forcé, l’acte sexuel aurait été à chaque fois filmé par une caméra.

L’emprise psychologique et émotionnelle

Les victimes évoquent l’emprise que Spleen avait sur elles. Rose aurait été victime du chanteur en 2016. Elle confie aux journalistes de Neon comment l’artiste aurait effectué une sorte de lavage de cerveau sur elle :

"Je mettais juste le buste en arrière en faisant 'non' de la tête. Il a recommencé cinq fois, six fois, avec des regards méprisants, en m’attaquant sur mon manque de liberté, en disant que j’étais frigide ou homosexuelle. J’ai fini par le laisser faire, mais sans être active et avec une moue ostensiblement dégoûtée."

Une autre femme raconte comment Spleen arriverait à se servir des informations personnelles des victimes lors de ses supposées agressions :

"Il me demande de poser nue. Je refuse, mais il insiste en me disant que je ne suis pas vraiment libre et libérée, que je ne serai jamais une artiste en agissant ainsi. Il appuie là où ça fait mal, en se basant sur ce dont j’ai eu le malheur de parler lors de son interview."

Stella, quant à elle, relate le besoin d’emprise qu’aurait le chanteur :

"C’est un manipulateur. Le viol, ce n’est pas uniquement immobiliser la personne et la baiser. C’est tout un procédé qui fait qu’à un moment, on ne sait plus comment on s’appelle et là, tu as le mec qui est sur toi et qui abuse de cet état de confusion. Quand tu te retrouves recroquevillée, en train de dire non, en train de chialer et que le mec essaie quand même de te baiser et qu’il y arrive, oui, on appelle ça du viol."

Tout cela serait tellement mis en scène, témoignent-elles, qu’elles auraient fini par croire que c’était de leur faute.

Les menaces et le harcèlement

Les scènes de viol auraient toutes été filmées par Spleen. Quand les victimes présumées ont voulu le dénoncer, il aurait menacé de divulguer les images et les vidéos des actes. Des amis de certaines femmes auraient même reçu des photos et l’artiste aurait continué de faire pression sur plusieurs d’entre elles en les harcelant : "Il me suivait jusque chez moi", témoigne l’une d’elles.

Spleen a démenti, via ses avocats, l’ensemble des accusations formulées contre lui par les témoins qui s’expriment dans l’enquête de Neon.

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