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Le gouvernement saisit la justice pour des clips "antisémites" de Freeze Corleone

Publié le

par Konbini

Le rappeur Freeze Corleone dans le clip de « Baton rouge » (Capture d’écran YouTube)

"J'arrive déterminé comme Adolf dans les années 30."

Le gouvernement a annoncé jeudi avoir saisi la justice au sujet de plusieurs clips jugés "antisémites" et "négationnistes" du rappeur français Freeze Corleone, qui ont provoqué l’indignation de la majorité LREM.

Le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) Frédéric Potier a indiqué avoir fait un signalement auprès du procureur de Paris après avoir recensé neuf passages qui constitueraient une incitation à la haine raciale, selon une saisine consultée par l’AFP et faite en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale.

Le ministère de l’Intérieur a également affirmé à l’AFP qu’un signalement en vertu de ce même article serait fait dans l’après-midi.

"J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30"

Dans des extraits de ses clips diffusés sur les réseaux sociaux et compilés notamment par la Licra, cette figure montante du rap français déclare entre autres : "J’arrive déterminé comme Adolf dans les années 30", "tous les jours RAF [rien à foutre, ndlr] de la Shoah" dans le morceau "Baton rouge" ou bien encore "comme des banquiers suisses, tout pour la famille pour que mes enfants vivent comme des rentiers juifs" dans "Lyonzon".

Plus tôt dans la journée, une cinquantaine de députés LREM avaient appelé à des sanctions, se disant "profondément choqués des propos absolument détestables antisémites et négationnistes tenus par Freeze Corleone".

"Ce dernier fait ouvertement l’apologie du nazisme et l’éloge du terroriste Mollah Omar [à travers le titre "S/O Congo Part.2", ndlr]", écrivent les députés, parmi lesquels la députée des Yvelines, Aurore Bergé, l’ex-ministre de la Transition écologique, François de Rugy, et la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet.

Dans un tweet, le chef de file des députés LREM Christophe Castaner a lui aussi indiqué avoir saisi le procureur face à un clip "intolérable". Ces élus demandent au ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti "d’agir pour que l’auteur de ce clip abject soit puni". "Notre République ne peut accepter que la pseudo-expression artistique puisse servir de prétexte aux appels à la haine ou à l’apologie du terrorisme", ont aussi commenté les députés. "Ne laissons plus rien passer", ajoutent-ils.

Dans un tweet publié dans la nuit de mercredi à jeudi, le ministre de l’Intérieur s’était indigné de propos "inqualifiables". "J’appelle Facebook et Twitter à ne pas diffuser ces immondices", avait écrit Gérald Darmanin. La Licra estime, elle aussi, que "l’impunité doit cesser" et demande à l’ensemble des acteurs dont les grandes plateformes de diffusion de musique en ligne de "prendre leurs responsabilités".

À droite, le député des Alpes-Maritimes (LR) Éric Ciotti dénonce un "vrai prêcheur de haine" et appelle également les plateformes numériques à le radier et à interdire ses chansons de diffusion. Le Dilcrah a également souligné avoir signalé ces propos "aux fins d’enregistrement, à la plateforme Pharos de l’Office central lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication".

Konbini avec AFP

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