AccueilMusique

La Suisse a (enfin) fait entrer la techno au patrimoine immatériel de l’Unesco

Publié le

par Emmanuelle Fournier-Lorentz

Grâce au canton de Zurich, la techno est officiellement un objet culturel d’une "valeur exceptionnelle".

La Street Parade de Zurich, en 2016. (Via Facebook)

Bien que moins populaire qu’en Allemagne, la techno a trouvé en Suisse un paradis où mélomanes et adeptes de la fête la célèbrent. C’est d’ailleurs officiel : le canton de Zurich a fait inscrire la techno au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, nous apprend Trax Mag. Amis noctambules, quand vous rentrerez de soirée à 13 heures du matin, hagards et pas très frais, vous pourrez désormais bafouiller que vous avez fait vivre un patrimoine culturel "inestimable".

Si la nouvelle peut paraître surprenante – notamment du fait que le patrimoine culturel suisse est surtout connu pour le yodel et le savoir-faire horloger – elle a réjoui de nombreux fans de techno. "C’est une preuve d’ouverture des grandes institutions et de leur écoute de la société actuelle", lance Denis, 32 ans, DJ résident d’un club zurichois.

Cependant, pour les résidents helvètes, ce n’est pas un scoop : la Suisse adore la techno. Des clubs comme le Folklor de Lausanne, le Motel Campo de Genève ou le Supermarket de Zürich accueillent systématiquement des artistes pointus du genre, qu’on voit en temps normal au Berghain, à Berlin. Chaque année, la Street Parade de Zurich réunit plus d’un million de visiteurs. Côté musiciens, les Bernois de Round Table Knights et le Zurichois EDX connaissent à l’international un rayonnement important.

La techno stimule "un sentiment d’identité"

La techno est donc aujourd’hui considérée en Suisse comme un patrimoine d’une "valeur exceptionnelle", contribuant à la "cohésion sociale, stimulant un sentiment d’identité […] qui aide les individus à se sentir membre d’une ou plusieurs communautés de la société au sens large", comme le souligne Madeleine Herzog, à la tête de la Faschelle Kultur de Zürich.

Néanmoins, cette entrée au patrimoine de l’Unesco ne fait pas l’unanimité. Fulvio Balmer Rebullida, 30 ans, interrogé par Konbini au sujet de cette annonce, ne comprend pas ce choix, qu’il ne considère pas être une priorité : "C’est quoi cette blague ? À la rigueur, le LSD pourquoi pas, puisqu’on l’a inventé. Le jour où on aura quelque chose comme le droit d’asile inscrit dans notre patrimoine immatériel, on aura alors peut-être vraiment sauvé quelque chose."

À voir aussi sur konbini :