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Les 10 morceaux sud-africains qui ont fait 2018

Publié le

par Brice Miclet

Cette année encore, l'Afrique du Sud a brillé par sa musique. 

Gqom, soul, kwaito, rap, R’n’B… L’Afrique du Sud est toujours parvenue à se construire une identité musicale très forte. Et à s’exporter. Derrière les poids lourds comme Black Coffee, ou les artistes étant parvenus à se faire un nom en Europe comme Petite Noir, BCUC, Spoek Mathambo, DJ Lag, Dookoom ou Batuk, il y a une armée de talents. En voici 10 qui, ensemble, représentent la pluralité d’une scène riche au possible, et qui incarnent le son de 2018.

DJ Maphorisa & DJ Raybel – "iWalk Ye Phara"

Il fait partie de ceux qui ont façonné le titre "One Dance" de Drake, dans l’ombre. DJ Maphorisa a travaillé pour de nombreux poids lourds africains ou américains tels que Black Coffee, Wizkid ou encore Major Lazer. Cette année, il a sorti ce tube aux synthés assourdissants en s’acoquinant à DJ Raybel, K.O. et Moonchild Sanelly : "iWalk Ye Phara". À Cape Town, et dans d’autres villes sud-africaines, il y a ce que l’on appelle le pay day. Tous les mois, la jeunesse descend des townships vers la ville, ou vers les quartiers chics de Camps Bay situés près des plages, à bord de mini-vans qui sont habituellement les principaux transports en commun des populations périphériques (comme celui que l’on voit à 1:40 dans le clip), transformés pour l’occasion en sound systems improvisés. "iWalk Ye Phara" y passe en boucle en ce moment.

Anatii – "Ntloni"

Depuis 2016, Anatii est en train de monter dans le milieu rap sud-af. Issu de la petite ville de Bisho, à l’est du pays, il a une cote dingue qui lui a permis de sortir trois albums en trois ans, dont le dernier, IYEZA, qui contient ce titre entêtant, "Ntloni".

 

AKA – "Fela In Versace"

Mais l’un des véritables poids lourds du rap sud-africain actuel, c’est sans conteste AKA. Une star qui enchaîne les récompenses et les numéros 1 depuis 2012. Son quatrième album sorti cette année, Touch My Blood, est inégal, mais contient un hit qui fait fureur : "Fela In Versace". La référence à Fela Kuti, grand musicien militant panafricaniste nigérian, est associée dans le refrain à celle de Nelson Mandela, que l’on ne présente plus. Un titre comme une ode à la modernité sud-af, tout drapeau dehors, avec tout ce que le pays contient de contrastes, concentrés dans le clip.

 

Dladla Mshunqisi – "Amalukuluku"

Retour au pay day et aux mini-vans transformés en sonos de rue. Quand la nuit commence à tomber, on entend très souvent retentir ce titre de Dladla Mshunqisi, "Amalukuluku". Du gqom dans ce qu’il a de plus simple, répétitif, intense, avec plein de sifflets en fond sonore. La vraie bande-son de la jeunesse noire sud-africaine.

Nakhane – "Clairvoyant"

Comment définir Nakhane ? Une soul massive, très rythmée, bourrée de synthés et chantée dans des écarts de tons savants, le tout avec une esthétique tout à fait singulière. L’un des musiciens les plus captivants du pays qui, avec le titre "Clairvoyant", prouve une nouvelle fois l’étendue de son grand, très grand talent. L’une des sensations de cette année 2018, qui commence tranquillement à s’exporter en Angleterre.

 

J Molley – "Seven Bottles"

Bien moins connu, mais pas moins talentueux, le rookie J Molley est en train de se faire un nom au sein de la scène R'n'B. On sent dans son titre "Seven Bottles" l’influence du kwaito, notamment au niveau des nappes de synthé. Planant, autotuné, mélodieux et sombre… Petit gars à suivre.

 

Sho Madjozi – "Huku"

À la base, Sho Madjozi est poétesse. Après avoir glissé rapidement vers le spoken word, puis le rap, elle en est arrivé à des sonorités bien plus house. C'est le cas de son hit "Huku" qui passe en général en début de soirée dans les restos chics, ceux qui se transforment vite en club à partir de 22h30. Une vraie star en Afrique du Sud.

 

Black Motion – "I Rise"

Huit minutes intense de percussions, de house, de basse ronde, de larsens, de voix désincarnées, et d’accords de synthés pop. "I Rise" est un superbe titre de Black Motion, qui réunit les deux producteurs Smol et DJ Murder, dont l’album Moya Wa Taola, est l’une des plus belles réussites électroniques de l’année en Afrique du Sud. Ils ont tout raflé aux South African Music Awards, et ça n’est pas très étonnant.

 

Emtee – "Abantu"

L’African trap music est en train d’exploser en Afrique du Sud, et dans d’autres pays du continent. Parmi la liste infinie de rappeurs talentueux, on retrouve Emtee. La particularité de l’ATM : l’autotune y est bien souvent banni, comme sur son titre "Abantu".

Manu Worldstar – "Na Lingi"

La diaspora congolaise est très présente en Afrique du Sud. Rien d’étonnant à ce que certains des artistes les plus en vue du moment en soient originaires. C’est le cas de Manu WorldStar qui, avec son titre "Na Lingi", est en train de conquérir les charts sud-africains, certes, mais aussi ceux du Botswana, et même de la Grande-Bretagne, où son R'n'B pop prend tranquillement racine.

 

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