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"On ne croise pas les doigts, on serre les fesses" : le Hellfest allume Roselyne Bachelot

Publié le

par Joséphine de Rubercy

©DR/Wikimédia

Dans une lettre coup de poing, les organisateurs du festival demandent des réponses à la ministre de la Culture.

"Nous voulons savoir si 60 000 personnes par jour pourront venir headbanger debout, en plein air et sans distanciation sociale, en écoutant du bon vieux rock’n’roll !" Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Culture Roselyne Bachelot ce lundi 18 janvier, les organisateurs du Hellfest ont clairement demandé une mise au point au gouvernement : est-ce que oui ou non leur célèbre festival de metal pourra avoir lieu cette année ?

Pour rappel, le 8 janvier dernier, Roselyne Bachelot assurait au micro de Franceinfo : "Je veux donner un message d’espoir : les festivals d’été, on doit pouvoir y arriver", avant d’ajouter : "Croisons les doigts" et "je suis confiante". Eh bien, apparemment, les festivals ne le sont pas, eux. "Madame la Ministre, excusez notre ton quelque peu familier mais de notre côté on ne croise pas les doigts, on serre les fesses !", clament dans cette lettre les organisateurs du Hellfest. Sur les trois pages du document, les auteurs ne cachent effectivement pas leur agacement : "Non, nous n’avons pas le temps et il est urgent que vous en preniez conscience."

Las de cette attente interminable, le Hellfest mais aussi tous les grands évènements musicaux de France insistent donc pour avoir une réponse rapide de la part du gouvernement alors que l’échéance approche : faut-il se plonger rapidement dans les préparatifs de l’édition 2021, qui se font normalement sur un an, et assurer la tenue de l’événement, ou bien faut-il l’annuler dès maintenant, faute de réelle amélioration de la crise sanitaire ?

Alors qu’elle avait été tout simplement annulée l’année dernière, l’édition 2021 doit se tenir du 18 au 20 juin prochain. "Afin d’être prêts pour accueillir ce grand raout musical et nos fidèles festivaliers amateurs de gros son et de houblon, nous avons choisi de prendre le risque de nous remettre au travail à 100 % depuis le 4 janvier dernier, nous privant ainsi de toutes les aides existantes que votre gouvernement a mises en place", écrit l’équipe de production du festival. Mais remettre une telle machine en route a un coût. "Il va donc falloir que nous acceptions l’idée que chaque mois qui passe à partir de maintenant nous coûte plus de 250 000 euros", ajoutent-ils.

Pour convaincre la ministre de leur permettre d’assurer l’évènement, les organisateurs avancent plusieurs arguments dans cette lettre. Ils évoquent la tenue du festival en plein air et en été, ce qui représente "des atouts certains pour limiter la propagation du virus", et proposent que chaque festivalier se fasse tester préventivement 48 à 72 heures avant.

Et l’argument économique : "Nos festivals sont d’inestimables moteurs d’activités pour les territoires qui les accueillent", affirme la production. "L’hôtellerie, la restauration, les bars, et autres commerces qui rayonnent autour de nous sont autant de secteurs qui souffrent énormément de cette crise et qui attendent beaucoup de la tenue de nos événements", concluent-ils.

À Paris et à Marseille, des concerts tests devraient voir le jour dans les mois à venir, sans distanciation sociale mais avec port du masque et test des participants à l’entrée et à la sortie de l’évènement. Une expérimentation qui, si elle réussit, pourrait redonner espoir aux organisateurs et festivaliers en attendant une réponse claire du gouvernement.

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