Qui est Kim Petras, la pop star la plus queer du moment ?

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais il sera bientôt impossible de parler de musique pop sans la mentionner. Présentations.

De nos jours, il n’est pas rare d’entendre les termes galvaudés de "pop acidulée" et "d’influences 80’s" pour qualifier la scène actuelle. Mais dans le cas de Kim Petras, jeune chanteuse allemande de 25 ans expatriée aux États-Unis, tels sont les mots qui correspondent le mieux pour décrire sa musique.

Publicité

Au-delà des clins d’œil à la musique de l’époque, Kim se plaît à recréer l’ambiance qui y régnait, à grand renfort de refrains pop scandés avec entrain. Sur "I Don’t Want It At All", le titre qui l’a fait connaître grâce notamment à une mise en avant sur Spotify, elle incarne avec aisance la Material Girl de Madonna. Avec "Heart To Break", c’est à Cyndi Lauper qu’on ne peut s’empêcher de penser. Et le refrain de son dernier single "Can’t Do Better" retentit comme un titre d’arena rock digne des Scorpions.

Signée sur le label du superproducteur Dr Luke (qui a travaillé pour Britney, Katy Perry ou encore Rihanna), Kim Petras est la réponse américaine au label anglais PC Music, connu pour sa musique pop décalée à base de voix féminines hautement trafiquées, avalanche de sons électroniques et esthétique vaporwave.

Publicité

Ses clips proposent des visuels colorés et do it yourself, et misent tout sur la nostalgie des années 2000 qui sévit en ce moment; elle invite même l’ex-reine des people Paris Hilton à faire une apparition dans l’un d’eux.

Signée sur le label du superproducteur Dr Luke (qui a travaillé pour Britney, Katy Perry ou encore Rihanna), Kim Petras est la réponse américaine au label anglais PC Music, connu pour sa musique pop décalée à base de voix féminines hautement trafiquées, avalanche de sons électroniques et esthétique vaporwave.

Publicité

Ses clips proposent des visuels colorés et do it yourself, et misent tout sur la nostalgie des années 2000 qui sévit en ce moment; elle invite même l’ex-reine des people Paris Hilton à faire une apparition dans l’un d’eux.

"Mon identité n’est pas un outil"

Née en Allemagne mais résidant aux États-Unis, Kim Petras est déjà bien connue dans son pays d’origine. À 13 ans, elle apparaît dans une émission de télévision pour expliquer être née dans le mauvais corps, et avoir commencé un traitement hormonal dès l’âge de 12 ans. Kim complète sa transition de genre à l’âge de 16 ans, et devient ainsi la plus jeune personne trans au monde.

Publicité

Mais Kim Petras ne se voit pas pour autant être une porte-parole de sa communauté. Au Huffington Post, la chanteuse explique détester l’idée d’utiliser son identité comme un argument de vente :

"Je n’ai jamais écrit une chanson sur le fait d’être transgenre. Ça m’a fait devenir la personne que je suis, et c’est une grande part de moi, mais je pense que la musique doit parler de ce que tu ressens et de tes fantaisies."

C’est la raison pour laquelle avant la diffusion de ses clips, sa tête ne figurait pas sur ses pochettes, remplacée par une caricature en néon. Kim évoque tout de même librement de son propre parcours lorsqu’il le faut. Sur l’un de ses tweets publié pendant le mois des fiertés LGBTQ+, elle explique :

"Être trans, c’était 'soit je serai une fille, soit je me suicide.' Pour moi et pour tant d’autres enfants trans dans le monde, il ne s’agit pas d’une blague. Ce n’est pas une phase ni un choix."

Dans ses chansons, le personnage qu’elle s’est créé parle essentiellement d’amour et d’argent. Un univers lumineux et léger que Kim s’est créé en guise d’échappatoire, après une jeunesse plan-plan passée dans une commune rurale près de Cologne.

Et la réalité rejoint bientôt la fiction, puisque Kim Petras se fait petit à petit repérer par la scène mainstream. Charli XCX, icône gay de la nouvelle génération, l’invite à partager un titre sur son dernier EP. Les sites LGBTQ+ l’incluent à leurs playlists. Le magazine Billboard lui consacre un article dans son numéro spécial "Pride". Et les vêtements de créateurs qu’elle porte dans le clip de "Faded" (feat. le rappeur Lil Aaron), de Balenciaga à Margiela, devraient lui attirer les honneurs du monde de la mode.

Des propos controversés

Que serait une pop star sans polémique ? Sur ce plan, Kim Petras attaque fort dès le début de sa carrière. En cause, son mentor et producteur de ses titres, Dr Luke. En 2014, Kesha, petite protégée de Luke, accuse celui-ci de l’avoir violée. Luke dément, Kesha demande justice et reçoit le soutien de ses pairs, comme Lady Gaga et Taylor Swift.

Interrogée par le magazine NME sur sa collaboration avec Dr Luke après la survenue de l’affaire, Kim se justifie ainsi : "Je suis une grande fan de lui. Travailler avec lui a été une bonne expérience. Et je veux que mes fans sachent que je ne travaillerais jamais avec quelqu’un que je sais être un violeur."

Des propos qui mettent le feu aux poudres, certain·e·s y voyant là un discrédit jeté sur les accusations de Kesha. Lorsque Troye Sivan choisit Kim pour assurer les premières parties de sa tournée, ses fans montent au créneau et désapprouvent sa décision. Troye se justifie par la suite sur Twitter :

"Les gens font des erreurs, les gens disent des choses qu’ils ne devraient pas. J’ai toujours dit que ce qui compte le plus, c’est la façon dont tu grandis et apprends de tes erreurs. […] Je veux traiter Kim de la façon dont j’aimerais être traité lorsque je ferai une connerie dans ma carrière."

Femme actuelle

Même si Kim a clarifié sa position par la suite ("Je suis désolée. Ce n’est pas parce que tout s’est bien passé avec moi que c’est le cas de Kesha"), il s’agit de dissocier la musique de ses propos. Celles et ceux qui auront tout de même choisi de boycotter la musique de Kim Petras devront, pour rester entièrement cohérents.

Il faudra donc s’interdire d’écouter d’autres tubes comme "Circus" de Britney Spears, "Roar" de Katy Perry, ou "Wrecking Ball" de Miley Cyrus, ces trois titres ayant (parmi tant d’autres) été eux-aussi produits par Dr Luke.

Avec ou sans Dr Luke, la suite de la carrière de la chanteuse s’annonce excitante. Peut-être même le dépassera-t-elle un jour : son but est de devenir l’une des plus grandes songwriter au monde, envie qui lui est venue en écoutant la pop imparable de Britney Spears et des Spice Girls durant sa jeunesse.

Inspirée par le passé mais ancrée dans le présent, Kim Petras a décidément tout de la pop star de son époque.

Par Thomas Rietzmann, publié le 29/06/2018

Copié

Pour vous :