"Je danse le MIA", le tube d’IAM aura bientôt son film

De Kool & The Gang à JuL, un retour vers le futur français écrit par Michaël Youn.

Le magazine pour professionnels, Le Film français, annonce dans son dernier numéro la conception avancée d’un long-métrage tiré du célèbre "Je danse le MIA" d’IAM. Construit comme un Retour vers le futur, le film va suivre un jeune Marseillais des années 1980, porté à l’écran par Rayane Bensetti, propulsé dans le présent de la cité phocéenne. Le but est de créer à la fois un pont et de montrer l’antagonisme entre la culture du disco-funk à la Cameo, Shalamar ou The Whispers, très détaillée dans le titre d’IAM, et celle du rap actuel produit à Marseille, ambiance JuL ou Naps.

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Grand classique de la comédie, ce mécanisme à la Visiteurs donne un film écrit par Michaël Youn et Matt Alexander. Ce dernier, déjà auteur de comédies françaises comme Le Boulet, Double Zéro ou Les Gorilles, sera aussi à la réalisation du film, sa toute première. Et Fabien Fragione supervisera le tout avec son frère Philippe alias Akhenaton. Le projet est produit par la toute nouvelle structure Marvelous Productions avec à sa tête Romain Le Grand et Vivien Aslanian, deux anciens pontes de Pathé, déjà impliqués sur Les Beaux Gosses de Riad Sattouf ou Les Tuches d’Olivier Baroux. Le sujet, les références et les personnes impliquées donnent le tournis. Tout est donc possible pour ce film aussi prometteur que glissant.

"Je danse le MIA" est un des premiers tubes du rap français qui a marqué une génération, stigmatisant même le groupe dans une posture parodique pour le grand public. Rempli de détails vestimentaires amusants, d’inventions lexicales et de saynètes de leur vie, ce morceau d’IAM a donné naissance à un clip tout aussi iconique, réalisé par Michel Gondry. Le réalisateur de Eternal Sunshine of The Spotless Mind propose dans cette vidéo une mise en abyme réussie de toutes les références et visions citées dans les paroles d’Akhenaton, avec un effet de zoom avant et arrière emblématique, permettant d’asseoir le succès du titre.

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Au milieu de deux époques, entre les années 1980 et 1990, "Je danse le MIA" était déjà un ovni musical. Avec son sample du "Give Me The Night" de George Benson, le morceau est impossible à classer, entre hommage à la danse disco-funk en club et rap caustique pour la tourner en dérision. Ce ton inédit lui permettra d’être le deuxième titre le plus vendu en France en 1994, derrière 7 seconds de Neneh Cherry et Youssou N’Dour. Un succès fulgurant qui poussera le groupe à répondre aux critiques qui les jugeaient alors déjà trop "commerciaux" sur le brûlant "Reste Underground". Au final, "Je danse le MIA" placera le groupe parmi les premières légendes du rap français, augmentant les ventes de son foisonnant double album Ombre est Lumière et préparant la rampe de lancement pour son futur classique, L’École du micro d’argent.

Avec un matériel aussi inclassable, le film prévu peut être la surprise de l’année comme la cascade finale d’un nanar catastrophique. La seule chose certaine, c’est qu’on va aller le voir, même pour un résultat de pacotille. Chemise ouverte, chaîne en or qui brille.

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Par Aurélien Chapuis, publié le 28/01/2019