Jazzy Bazz est enfin de retour avec son nouveau single "El Presidente"

Le rappeur parisien prêche tel un gourou dans ce clip psyché, ponctué par des paroles et un flow toujours aussi maîtrisés.

Deux ans après la sortie de son dernier album, P-Town, Jazzy Bazz revient avec un nouveau single intitulé "El Presidente". Enregistré sur le micro interne de son ordinateur, ce morceau est le fruit de la spontanéité de l’artiste parisien, soucieux de ne jamais trop espacer ses séances d’écriture et d’enregistrement. Une spontanéité qui n’a pas eu raison de la qualité du morceau.

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Dans "El Presidente", Jazzy Bazz pose un texte plutôt introspectif dans lequel il évoque son parcours et son rapport à la musique, lui qui "essaye de se comporter de manière à apporter du positif". Ses premiers mots vont à "ses frères" du label Grande Ville et du groupe L’Entourage, dont il fait toujours partie. Et s’il évoque également ses doutes, Jazzy Bazz livre un morceau plus ego trip qu’autre chose.

Dans ce clip très cinématographique réalisé par Dijor Smith, le rappeur parisien se met en scène dans un décor religieux voire mystique, prêchant son texte tel un gourou kickeur devant un public masqué. Pour nous éclairer davantage, Jazzy Bazz a répondu à quelques questions. L’occasion pour lui de nous livrer les coulisses de ce premier single, annonciateur d’une "nouvelle phase de production".

Konbini | Dans "El Presidente", tu dis : "Deux pieds sur la route du 3.14, bon même quand j’y crois pas fort." Est-ce que tu as douté de toi pendant ces deux dernières années où tu n’as rien sorti ?

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Jazzy Bazz | Je doute tout le temps. Je pense qu’on a toujours une part de doute en soi. Et comme c’est un son ego trip, j’ai trouvé cette phrase marrante parce que ça apporte une part de réalité du genre "tu n’es pas toujours convaincu mais on n’en reste pas moins mauvais".

J’ai connu pas mal de périodes de page blanche où je ne sortais aucun son. Ces périodes m’aident à douter. J’aime bien prendre du recul sur les morceaux, c’est pour ça aussi que je ne sors pas des morceaux à une cadence folle. Je pense que le doute permet de livrer le meilleur taf possible.

Tu peux nous expliquer les différentes étapes de la création de ce morceau ?

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Je pense que la spontanéité est très importante quand tu fais du son. "El Presidente" s’est fait de manière très spontanée. Monomite [son beatmaker, ndlr] a produit l’instru sur le siège passager de ma voiture pendant que je conduisais. Il me l’a envoyée et quand je suis rentré chez moi, j’ai directement enregistré le morceau sur le micro interne de mon ordi.

En fait, on a gardé cette version-là. Ce qu’on entend dans le morceau, c’est le micro intégré d’un ordinateur ! J’ai essayé de le refaire en studio avec les bons micros, et tous mes potes m’ont dit que la meilleure version était la première que j’avais enregistrée. Alors on l’a gardée.

Quel message as-tu voulu faire passer avec cette mise en scène ?

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On voulait aller loin dans l’ego trip. Dijor Smith, qui a réalisé le clip, voulait faire cet effet où je m’envole [entre 2:00 et 3:00 dans le clip, ndlr]. En fait, il avait réalisé le clip de "1, 2, 3" d’Alpha Wann dans lequel il utilisait aussi cet effet de décollage. Je lui avais dit qu’il fallait qu’on exploite ça à fond.

Ensuite, une fois qu’on avait validé cette idée, il fallait qu’on trouve un sens à cette envolée. Vu que le son est un ego trip, on s’est dit que je m’envolerais un peu comme un être mystique. À noter qu’on a voulu essayer de ne pas faire de référence à une religion ou à une secte en particulier.

Jazzy Bazz sera à l’Olympia les 29 et 30 juin prochains pour le concert du 20e anniversaire d’Opéra Puccino, le mythique album d’Oxmo Puccino. Il reprendra sur scène le remix de "24 heures à vivre" aux côtés de Pit Bacardi, Demi Portion et Rémy. Il sera ensuite en tournée solo dans toute la France cet automne, et à la Gaîté Lyrique le 14 décembre prochain.

Par Henri Margueritte, publié le 20/06/2018

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