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Jäde est un de nos coups de cœur de cette année : "J’ai l’impression d’être une chanteuse, mais dans le rap"

Publié le

par Timothée Van Poecke

Avec la sortie de son projet Météo, on a eu envie de vous présenter cette artiste polyvalente et talentueuse.

Jäde est un de nos coups de cœur de cette année : "J’ai l’impression d’être une chanteuse, mais dans le rap"

Jäde a sorti Météo le 15 avril 2022, un projet qui nous a marqués et qui nous a donné envie de mettre en avant son travail. On l’a invitée dans nos studios pour parler de sa musique et de son évolution, car c’est l’un de nos coups de cœur de cette année.

On s’est entretenu pendant un moment avec Jäde et, plutôt que de garder ce long entretien pour nous, on a décidé de vous faire en profiter.

Konbini | Dans le morceau "Bonne nuit", que tu as sorti sur SoundCloud il y a plus de deux ans maintenant, tu dis : "Encore un soir où je ne ferai pas du R’n’B." On est d’accord pour dire que tu es plus qu’une chanteuse R’n’B ?

Jäde| C’est dur de classer ma musique en général. Même moi, parfois, je ne sais pas trop. Généralement, je dis R’n’B parce que c’est plus simple, mais il y a beaucoup d’influences dans ma musique. Il y a du rap, de la trap, de la pop et de la chanson qui se rapproche de la variété française.

L’influence rap, on la ressent aussi sur tes featurings…

J’ai invité beaucoup de rappeurs sur mes précédents projets et aussi sur Météo, parce que j’adore le rap. J’ai l’impression d’être une chanteuse, mais dans le rap. Les prods trap sur lesquelles je pose ma voix, mes featurings, les producteurs avec qui je travaille en studio… Je ne suis pas une rappeuse, je suis une chanteuse avec un univers très rap.

Le morceau "Parfaite" avec DonMonique, tu ne le considères pas comme un morceau de rap ?

D’accord, je suis une rappeuse finalement, je ne sais plus trop [rires]. Je plaisante, mais c’est quelque chose que je ne calcule pas trop. Je ne me dis pas "je suis une rappeuse" ou "je suis une chanteuse de R’n’B", je fais juste le son comme j’ai envie de le faire. Parfois, le flow est un peu accéléré et on peut classer ça comme du rap.

J’ai commencé par le chant et, dans pratiquement tous mes morceaux, je chante, mais c’est de plus en plus compliqué de se mettre dans une case. Surtout pour la musique que je fais aujourd’hui. J’aime bien tester plein de choses, plein de styles différents, donc ce n’est pas facile de mettre une seule étiquette.

Tu parles beaucoup d’amour et de sexe dans tes morceaux, de manière assez crue parfois. Vous n’êtes pas beaucoup d’artistes féminines en France à en parler de cette manière-là…

J’ai beaucoup parlé de sexe, même dans mes précédents projets. Sur Météo, je l’ai fait de façon un peu moins explicite, même si on comprend toujours très bien de quoi ça parle, c’est plus imagé. Je pense à la chanson "Balançoire" ou "#MenAreTrash", où je dis les choses sans filtre, mais sans être trop frontale ou vulgaire. Je parle de ça parce que je raconte ma vie dans mes morceaux et que ce sont des choses qui font partie de l’amour.

Tu disais avoir envie de rencontrer des gens dans la musique. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que tu as fait beaucoup de connaissances. Tu ressens encore cette envie que tu avais avant de t’installer à Paris ?

Je ne sais pas si c’est rencontrer des gens que je voulais, ou rencontrer les bonnes personnes. Je viens de Lyon, et quand je suis arrivée à Paris en 2016-2017, j’ai rencontré des producteurs, d’autres artistes. Lyon, c’est une grande ville, mais je n’ai pas fait de rencontres artistiques ou qui m’ont aidée à me dire "Je ne suis pas la seule à vouloir faire ça", ou de gens aussi motivés que moi avec qui on va avancer. C’est ce qui m’a boostée quand je suis arrivée à Paris. Ces rencontres avec des producteurs, des rappeurs, des artistes.

Si tu devais retenir une rencontre que tu as faite, ce serait laquelle ?

C’est difficile comme question, mais j’ai envie de dire Alpha Wann. On s’est vus plusieurs fois en studio et sa façon de voir et de faire de la musique, c’est-à-dire tout pour l’art et toujours essayer de faire le meilleur morceau possible, ça m’a marquée. Il n’y a pas de prise de tête à se dire "on va faire ça pour les streams" ou ce genre de raisonnements. Là, c’est juste "fais le meilleur texte".

Je voulais parler de ta collaboration avec Oxmo Puccino. Ce n’est pas la connexion la plus évidente sur le papier, comment l’as-tu intégré au projet ?

Quand j’étais en train de bosser sur Météo, je cherchais un poète pour écrire le texte de mon introduction. Au départ, je me suis dit que je ne connaissais pas de poète, mais en fait si, Oxmo. Je lui ai proposé et on a fini par carrément faire un morceau ensemble. C’est ce qui aurait pu arriver de mieux finalement, parce qu’il est sur le premier et le dernier titre du projet. Ça donne de la cohérence à la mixtape.

Si tu devais garder un morceau de Météo, ce serait lequel ?

Je pense que je garderais "J’boss". J’ai l’impression que c’est un morceau qui parle à tout le monde. Aux femmes comme aux hommes. Je dis ça dans le sens où je parle beaucoup d’amour généralement, et que cette chanson-là est plus fédératrice. C’est une musique assez motivante.

Qu’est-ce que tu nous réserves pour la suite ?

Ne vous inquiétez pas pour la suite, ça va être sale [rires]. En vrai, je n’ai encore rien préparé, je n’ai pas encore pensé à la suite. Mais je sais qu’on va faire bien, on va faire mieux même. C’est le plan.

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